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Rencontre avec Séverine Bonnie - Château Malartic-Lagravière (Pessac-Léognan)

Publié le 02-05-2015
Toutes voiles dehors, le Château Malartic Lagravière, grand cru classé des Graves, arbore un trois-mâts sur son étiquette. Sur la «croupe» de Malartic en pleine renaissance, la famille Bonnie tient bon la barre. Leurs vins ont obtenu en 15 ans plus de 40 mentions dans le Guide Hachette des Vins, autant pour les rouges que pour les blancs.

Malartic Lagravière : un trois-mâts pour emblème, en référence à des marins illustres

Hippolyte de Maurès de Malartic, dont la famille acquit le domaine de la Gravière autour de 1800, venait d’une très ancienne noblesse d’Armagnac. Il s’illustra au-delà des mers. Sous-lieutenant à quinze ans, il débarqua à vingt-cinq à Québec avec son régiment et guerroya contre l’Anglais avec Montcalm, assiégea et prit moult forts britanniques. Son cheval fut tué sous lui, un boulet de canon le frappa à la poitrine, il en réchappa… Le vaillant soldat a laissé le nom de Malartic à une ville du nord-ouest québécois. Il fut ensuite gouverneur de la Guadeloupe, puis de l’Ile de France (Maurice) où il mourut. Un obélisque le célèbre à Port-Louis.

En 1850, Mme Ricard racheta à ses héritiers les terres de la Gravière. Sa petite-fille Angèle lui succéda. Le domaine, dénommé alors Malartic-Lagravière, restera durant 140 ans dans cette famille, transmis et administré par des femmes. Un capitaine au long cours de mari légua le profil de son trois-mâts, le « Marie-Elisabeth » qui devint l’emblème de la propriété.

En 1947, la petite-fille d’Angèle épousa Jacques Marly, qui œuvra longtemps à la présidence de l’Union des Crus Classés des Graves. Le domaine passa en 1990 entre les mains des champenois de Laurent-Perrier, avant d'être racheté fin 1996 par les Bruxellois Alfred-Alexandre et Michèle Bonnie.

Une montée en puissance dans les années 2000

Depuis lors, le vieux château Malartic-Lagravière s’est métamorphosé. Alfred-Alexandre Bonnie a fait carrière dans le marketing et la publicité de grands groupes de lessiviers. Et il possède une marque connue : le détachant «L’eau écarlate». Grand amateur des rouges de Bordeaux, il découvrit les blancs de Graves à Malartic. Il a déployé là de lourds investissements. Dès 1998, un nouveau chai est bâti sur les plans de Bernard Mazières, l’architecte des caves modernes de Bordeaux, épousant le versant afin d’organiser un transport des raisins par gravité.

Pour les vinifications, Alfred Alexandre Bonnie a recruté l’œnologue vedette Michel Rolland et un maître de chai venu de Haut Brion, Philippe Garcia. Puis ses enfants sont venus le rejoindre : son fils Jean Jacques et son épouse Séverine en 2003, son aînée Véronique et son mari Bruno en 2006. Et les vignobles Malartic se sont agrandis, avec l’acquisition du Château voisin Gazin-Rocquencourt, puis en Argentine avec la Bodega DiamAndes au sein du Clos de los Siete, près de Mendoza.

Agriculture raisonnée, respect de la nature

Les vignes de Malartic-Lagravière, aux portes de Léognan, se situent sur une belle croupe de Graves, une haute terrasse entaillée par le ruisseau de l’Eau Blanche et ses affluents, bordée par les pins de la forêt des Landes. Les îlots graveleux de huit mètres d’épaisseur mêlent cailloux, sables gris et calcaires coquillés tapissant une couche d’argiles. Un des beaux terroirs de Pessac Léognan.

Dès leur arrivée les Bonnie ont opté pour les principes de l’agriculture raisonnée, traduits par une certification en 2008. Arrêt de tout désherbant chimique, au profit des labours, plantation de trois kilomètres de haies autour des parcelles. Et même installation de six ruches. «Elles nous permettent de prendre la température de l’environnement», explique Séverine Bonnie. «Si les abeilles sont bien, l’environnement est bon». La vinification obéit à la même philosophie : la plus délicate possible, la plus douce et harmonieuse. Et la plus attentive : des équipes la suivent par quarts, la nuit aussi. Les cuvaisons s’étendent sur 30 à 35 jours, la part du bois neuf varie selon les millésimes, environ 70% pour les rouges, l’assemblage par parcelles est réalisé à la fin de l’élevage. Un assemblage mi-merlot mi-cabernet-sauvignon, avec une pointe de cabernet franc et de petit verdot.
Entre tradition et modernité, le vaisseau amiral Malartic a hissé haut la voilure et fixé loin le cap.

 

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