Grandes années du vin - 1947 : un millésime historique

Publié le 01-02-2014
Nous entamons aujourd'hui une série d’articles qui mettront en lumière dix millésimes ayant marqué, chacun à leur manière, les 80 dernières années du monde viticole. Des millésimes souvent remarquables, que les vignerons et amateurs de vins n’oublieront pas de sitôt. Le plus ancien d’entre eux, 1947, fut une des années les plus chaudes du XXe siècle, s’inscrivant dans un cycle d’années sèches (1945, 1946, 1947 et 1949). On ne se préoccupait pas à l’époque de réchauffement climatique, mais plutôt de rationnement d’eau (en Gironde notamment). Le souvenir qui en reste aujourd'hui est pourtant celui d’un millésime de légende.

Rarement le ciel s’était montré plus favorable : du début avril à la fin octobre, la France ne connut que la chaleur, caniculaire à partir de juin. Rappelant celle qu’avait subie le pays deux ans plus tôt, la sécheresse fut particulièrement pénible pour la population qui dut faire face à des restrictions d’eau. Pour la vigne, elle constitua en revanche une véritable bénédiction.

Certes, dans un premier temps la situation ne parut pas extraordinaire. Une petite pluie de juin contraria la floraison, entraînant une diminution du volume de la récolte et une concentration des substances dans les baies. En été, les orages relancèrent la végétation qui commençait à souffrir cruellement de la sécheresse. Au bout du compte, le beau temps entrecoupé de quelques pluies au bon moment permit d’obtenir une maturité inégalée.

En Champagne, les vendanges commencèrent le 5 septembre. Il fallait remonter à 1893 pour avoir une date aussi précoce.

En Bourgogne, ce millésime fabuleux fut à l’origine de vins puissants. Depuis 1865, on n’avait pas récolté des raisins aussi riches en sucre.

Les bordeaux rouges comme les vins du Rhône furent de la même veine. Complets et charpentés, les premiers ont valu à l’année d’être souvent présentée comme l’un des millésimes du siècle. Beaucoup sont toujours à l’apogée et certains n’ont pas encore épuisé toutes leurs réserves.

Malheureusement, il est aujourd’hui très difficile de se procurer ce millésime. Qui ne rêve pourtant de savourer un grand sauternes de 1947 à la teinte jaune brunâtre et aux arômes de fruits confits ? Sans parler d’un Cheval Blanc du même millésime, aussi mythique aujourd’hui que les Yquem 1921, Mouton-Rothschild 1945, Latour 1961 ou Petrus 1982.

 

Commentaires sur Cheval Blanc 1947 :
- « Souvent comparé à un porto vintage, ce millésime de légende ne ressemble à aucun autre. Vin puissant, il est dominé par des arômes de fruits confits, de pâte de coing, de cacao, de moka, d’épices teintées de poivre. La finale est interminable, sans aucune sécheresse. » (www.chateau-cheval-blanc.com)
- « Le fantastique 47 : la perfection absolue en Bordelais au XXe siècle. » (L’Or du vin, éditions Hachette)

 

Pour en savoir plus : Coffret Le Guide Hachette des Vins 2011 + livret 30 ans de millésimes.

Par Christine Cuperly

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