Philippe Desmeure, élu vigneron de l'année du Guide Hachette 2018, Domaine des Remizières (Vallée du Rhône)

Publié le 13-09-2017
Installée à Mercurol, dans la vallée du Rhône septentrionale, la famille Desmeure a progressivement agrandi le Dom. des Remizières en parcelles... et en qualité pour s’affirmer aujourd’hui comme l’une des figures emblématiques de la région, d’une constance admirable dans la qualité. Conversation à terroirs rompus avec Philippe Desmeure.

 

Vous arrive-t-il de jeter un œil dans votre « rétroviseur ampélographique » afin de mesurer le chemin parcouru par votre famille vigneronne ?

Parfois, oui. Moins pour la satisfaction d’être arrivés où nous en sommes que pour revenir sur les enseignements du passé. En 1973, mon père, Alphonse, était encore l’un de ces modestes coopérateurs qui apportait quelques hectares de vendange à la coopérative. Jamais l’idée ne lui serait venue de livrer des raisins de mauvaise qualité. Perfectionniste, il nous a beaucoup appris. A moi d’abord et, plus ou moins directement, à mes enfants Emilie et Christophe, qui m’ont rejoint sur le domaine.

 

Un pieux héritage donc...

Tout est question d’éducation. Et de respect pour ceux qui goûtent nos vins. La confiance s’instaure à ce prix. Notre ligne de conduite est claire : nous remettre en question à chaque millésime. Cela passe par de répétitifs travaux dans la vigne, des sélections drastiques sur souches, des choix de porte-greffes et par le souci permanent de la santé de nos syrah, marsanne, roussanne et viognier, répartis sur près de 40 ha.

 

Vous devez donc sans cesse vous « promener » entre les règes ?

Il convient d’adopter une organisation sans faille tout en gardant nos objectifs. Si, par exemple, nous sommes si pointilleux sur l’état sanitaire de nos baies, c’est parce que cela permet des vinifications plus longues, condition nécessaire à l’obtention de vins qui durent. Nous vendangeons à la main les vignes enracinées sur les parcelles pentues ; elles sont petites, nombreuses et variées. La machine ? C’est pour les vignes du bas. Tout l’intérêt consiste à comprendre les terroirs. Nous n’avons pas d’argiles profondes mais de l’argilo-calcaire, ou du granit, ou des galets comme pour les crozes-hermitage. Au fond, chaque parcelle possède son « climat », nous devons nous y plier. Il faut apprivoiser et le millésime et les sols.

 

Une démarche très... « bourguignonne » ?

Mais c’est indispensable si l’on veut des vins droits et typés et non des vins banalisés, comme ceux qui fréquentent longtemps le bois !

 

La barrique, vous l’utilisez pourtant ?

Avec parcimonie... C’est le vin qui doit s’exprimer, et non le foudre ou la barrique.

 

Les récompenses du Guide Hachette ?

Pour nous qui sommes « tête baissée dans les vignes », elles concrétisent nos efforts. Elles confirment notre option : rester humble, ça nous apprend à vivre. On comprend beaucoup de choses certes, mais on ne sait pas tout.

Découvrez les vins Coups de Coeur du Domaine des Remizières sélectionnés par le Guide Hachette des Vins 2018 !

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un mot du vin

Oïdium

Maladie de la vigne provoquée par un petit champignon et qui se traduit par une teinte grise et un dessèchement des raisins ; se traite par le soufre.