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Les routes des vins
Routes des vins
Carnet d'adresses
La Touraine : de Villandry à Saint-Nicolas-de-Bourgueil
Ce parcours vous conduira des bords de la Loire à ceux de l'Indre et de la Vienne jusqu'aux confins du Saumurois et de l'Anjou. À chaque étape, des châteaux qui parlent du Moyen Age ou de la Renaissance, des souvenirs littéraires, de Rabelais à Balzac. La vigne est ici chez elle, même si elle abandonne parfois le terrain aux vergers et aux peupleraies, aux céréales ou à de vastes forêts. Si elle a rarement les pieds dans l'eau, préférant les terrasses graveleuses et les coteaux, elle n'est guère éloignée des fleuves. Elle se plaît aussi sur les sols de tuffeau. Ce tendre calcaire, percé jadis de carrières et d'habitations troglodytiques, a légué sa blancheur aux châteaux et aux maisons traditionnelles coiffées d'ardoises. Les anciennes galeries creusées dans la roche sont devenues des caves au fil des siècles.
Les petites propriétés viticoles sont ici légion, plus rares les coopératives. On produit des touraine blancs, rouges et rosés. Autour de Chinon, Bourgueil et Saint-Nicolas, le cabernet franc, appelé ici breton, est roi, même si l'on trouve quelques chinon blancs. Des vins à marier à une cuisine tourangelle riche en charcuteries, en volailles et en poissons de rivière, sans oublier le chèvre AOC de Sainte-Maure de Touraine.
Départ:
Villandry
A l'ouest de Tours, le château a été construit pour un secrétaire d'Etat de François 1er. Les jardins font sa célébrité. Ils ont été reconstitués au début du XXe s. à partir de documents d'époque - l'oeuvre de toute une vie de Joachim Carvallo, qui acquit Villandry en 1906. Ils composent une éblouissante marqueterie végétale. Trois terrasses qui mêlent arbustes, légumes, fleurs et herbes. Un potager à la française, neuf carrés d'aubergines, de radis, de salades, de poireaux, de choux, de buis, combinés en formes savantes. Deux jardins d'ornement assortis de canaux, de fontaines, de tonnelles, de jets d'eau. Enfin, un labyrinthe de charmilles, et un jardin des simples, plantes aromatiques, condimentaires, médicinales. Dans le château, une très belle collection de peintures espagnoles.
Contact utile : www.chateauvillandry.com1. Langeais
Rive droite de la Loire, trois puissantes tours signalent le château (www.chateau-de-langeais.com), bâti de 1465 à 1467 à la demande de Louis XI, aujourd'hui propriété de l'Institut de France (www.institut-de-france.fr). Une forteresse médiévale, avec son pont-levis à flèches en état de marche, son chemin de ronde, ses mâchicoulis, mais dont la façade intérieure annonce la Renaissance. C'est au château de Langeais que furent célébrées en 1491 les noces de Charles VIII et d'Anne de Bretagne, prélude du rattachement de cette province à la France. Restauré et entièrement remeublé à partir de 1886 par l'homme d'affaires et collectionnneur Jacques Siegfried, nouveau propriétaire du monument, l'intérieur restitue le décor de l'époque du mariage de Charles VIII. On peut donc admirer une éblouissante collection d'objets des XVe et XVIe s. : tapisseries, meubles, tableaux, sculptures, boiseries, étoffes.
Dominant la cour intérieure et les jardins, quelques pans de murs : les vestiges d'un château primitif, construit vers 994 par le puissant seigneur Foulque Nerra, comte d'Anjou.
Contact utile : www.langeais.fr2. Azay-le-Rideau
"Diamant taillé à facettes serti par l'Indre, monté sur pilotis", selon Balzac, le château (XVIe s.) marque le passage définitif de la forteresse au château-résidence, du Moyen-Age à la Renaissance. Enserré par deux bras de l'Indre, il inaugure l'ère des demeures de plaisance, qui allient le charme du château à la française avec ses hautes toitures, ses poivrières effilées, ses longues travées de fenêtres et de lucarnes, et la majesté des palais à l'italienne. Le corps de logis rectangulaire donne à voir une grosse tour (1845), des façades ornées de pilastres, des lucarnes, un chemin de ronde à machicoulis, et un escalier monumental, véritable chef d'oeuvre. A l'intérieur, on découvrira une salle des gardes, une salle à manger, la chambre de François Ier, une chambre rouge, une chambre verte. Des tapisseries du XVIe s. ornent la salle des fêtes. Des portraits et tableaux animent l'appartement où fut reçu Louis XIII, tout comme les salons, la bibliothèque et la salle à manger.
Les amoureux de Balzac ne manqueront pas de faire un détour pour visiter, à 7 km à l'est, le château de Saché qui garde le souvenir de l'auteur de la Comédie humaine (www.musee-balzac.fr): l'écrivain y écrivit plusieurs de ses romans majeurs comme Le Père Goriot et Illusions perdues.
Contact utile : azay-le-rideau.monuments-nationaux.fr3. Rigny-Ussé
En quittant Azay-le-Rideau, on descend l'Indre jusqu'à la zone de confluence avec la Loire, où la rivière se divise en plusieurs bras, et on arrive à Ussé. Son église (XII-XIIIe s.) est remarquable par ses chapiteaux romans et ses fresques du XVe s. Et surtout, son château (XV-XVIIe s.) fait rêver. Mi-forteresse mi-résidence d'agrément avec ses tours, ses lucarnes, ses clochetons, ses cheminées et ses jardins attribués à Le Nôtre, l'édifice, dominé par la forêt, aurait inspiré à Charles Perrault le conte de La Belle au bois dormant. A voir : la cour d'honneur, le lanternon octogonal, le chemin de ronde, les caves, les écuries, la chapelle collégiale Renaissance (choeur, stalles, Vierge de faïence émaillée). A l'intérieur, on peut admirer un plafond en trompe-l'oeil, des meubles Renaissance, des tapisseries flamandes, une collection d'armes orientales...
4. Chinon
On prendra la direction du sud, vers la Vienne, pour gagner Chinon, une cité aussi célèbre par son histoire et son cadre que par son vin. "Chinon, Chinon, Petite ville grand renom, Assise sur pierre ancienne, Au haut le bois, au pied la Vienne", comme la décrit Rabelais, illustre Chinonais. Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre et puissant seigneur féodal, agrandit sa forteresse, bientôt prise par Philippe Auguste. En 1429, c'est à Chinon que Jeanne d'Arc rencontra pour la première fois le futur Charles VII alors qu'il tentait de résister aux troupes anglaises. La vieille ville a largement gardé la physionomie qu'elle avait à cette époque.
Au sommet du coteau qui surplombe la Vienne s'étirent les ruines imposantes du château-forteresse (Xe-XVe s.). Elles révèlent un panorama envoûtant sur la ville, la rivière et le vignoble. L'édifice comprend trois enceintes fortifiées successives : le fort Saint-Georges, le château du Milieu, le fort du Coudray. A voir : la tour des logis royaux (tapisseries des XVIe et XVIIe s.), la tour de l'Echauguette. Le musée Jeanne d'Arc, installé dans la tour de l'Horloge à l'entrée du château, montre la diversité des représentations de l'héroïne de la guerre de Cent Ans.
On flânera dans les rues du vieux Chinon, à la recherche des maisons à pans de bois médiévales du Grand Carroi ; de l'église Saint-Maurice (XI-XVIe s.) ; de la collégiale Saint-Mexme, fondée au Ve s. (X-XVe s.) ; de la chapelle troglodytique Sainte-Radegonde (VIe-XIIIe s.) aux précieuses peintures murales (XII-XIIIe s.). On visitera le musée des Arts et Traditions populaires, le musée d'Art et d'Histoire de Chinon (02 47 93 18 12), ou encore le Musée animé du Vin et de la Tonnellerie (02 47 93 25 63).
Autre but de promenade : les Caves painctes. C'est dans ces anciennes carrières que la confrérie bachique de Chinon, les Bons Entonneurs rabelaisiens, organise ses chapîtres.
Contacts utiles :
- www.ville-chinon.com
- tourisme.chinon.com5. Seuilly
Il faut traverser la Vienne pour découvrir la maison natale de Rabelais. Au passage, on n'oubliera pas de contempler Chinon vue de la rive gauche, puis on se rendra à Seuilly. C'est dans ce petit village qu'est située la Devinière, où naquit le père de Gargantua : une simple maison des champs rectangulaire (XVe s.) flanquée d'un escalier extérieur typique de la région, qui abrite un musée consacré à l'écrivain. L'abbaye de Seuilly, où Rabelais étudia et situa une partie de la Guerre Picrocholine, est aujourd'hui un lieu d'accueil et d'expositions. A l'extérieur, on peut admirer un pigeonnier du XVIIe s. et, dans une "cave demeurante" (habitation troglodytique), la reconstitution d'un logement de vigneron.
Autour de la Denivière, un sentier pédestre de 17 km conduit aux places fortes ou s'affrontèrent Gargantua et Picrochole : outre l'abbaye, le château de Maulévrier et ceux de Coudray-Montpensier et de la Roche-Clermault.6. Savigny-en-Véron
Le Véron est cette pointe de terre située entre la Loire et la Vienne. C'est le bout du monde tourangeau, longtemps replié sur lui-même, où la Vienne s'abouche à la Loire : musique sourde et puissante des fleuves qui glissent dans la terre. Dans les zones inondables, autour de Savigny-en-Véron, l'homme a aménagé un paysage bocager, fait de prairies. La vigne d'AOC chinon, elle, couvre les coteaux calcaires et le plateau au-dessus de Chinon, de Savigny-en-Véron à Crouzilles, la rive gauche étant également plantée.
La maison des Vins se trouve à Beaumont-en-Véron. A Savigny-en-Véron, l'écomusée donne un aperçu des activités traditionnelles, qui mêlaient viticulture et élevage. On remarquera une borne milliaire romaine, plantée devant la mairie. En face de l'église, on prendra la direction du lieu-dit Orval, où se dresse un pigeonnier carré du XVIe s. On trouvera au nord-est de la Gibardière (D 118), après le hameau de Roguinet, le chemin qui mène au bout du Véron.
Vers l'ouest, un pont mène sur la rive gauche de la Vienne, où l'on découvre, à la lisière du Saumurois, le superbe village de Candes-Saint-Martin, étape d'un prochain itinéraire. Il faudra traverser la Loire pour découvrir le Bourgueillois et ses vins.7. Restigné
Ce village de vignerons offre quelques buts de visite. L'église romane Saint-Martin (XIe s.) révèle sur son côté sud un préau ou porche caractéristique, le caquetoire, sous lequel les bouchers installaient jadis leur étal et utilisé de nos jours lors de fêtes et manifestation locales. L'intérieur est remarquable : des têtes de loups et de crocodiles décorent la charpente ; des fresques représentant sous forme symbolique les quatre évangélistes ornent les murs de la chapelle nord. A voir encore, le choeur et ses vitraux ; la chapelle sud, dédiée à saint Vincent.
Place de l'église, un charmant kiosque à musique (fin du XIXe s.) recouvert d'un toit d'ardoise à six pans. Restigné possède également un musée du Vin et du matériel viticole (02 47 97 32 60).8. Bourgueil
"De beaux restes". Ainsi les habitants de Bourgueil qualifient-ils l'abbaye bénédictine Saint-Pierre, fondée en 990 et à l'origine du vignoble. Celle-ci fut l'un des plus puissants établissements religieux de la région. Ses bâtiments ne sont pas restés indemmes de plus de mille ans d'histoire.Ont subsisté des bâtiments du XVIIIe s. : la cuisine, le refectoire des religieux avec de splendides cheminées et boiseries d'époque. Les anciennes cellules des moines abritent aujourd'hui un musée des Arts et Traditions populaires (02 47 97 72 04).
Il reste encore un pavillon (XVIIe s), prolongé à l'est par un long bâtiment de celliers et de greniers (XIIIe s.).
Beaux restes également, les jardins en terrasse, jadis chantés par Ronsard, qui longent la petite rivière Changeon. Un vaste et bucolique espace rectangulaire planté de fleurs, de légumes et de fruits et reposant sur un puissant mur étayé par des contreforts. Le cousin de Ronsard, Charles de Pisseleu, baptisa "jardins suspendus" ces carrés de culture parce qu'ils s'étendent à la hauteur des fortifications. Un petit vignoble, le Clos de l'Abbaye (6,85 ha de cabernet franc), jouxte le monument.
La Maison des Vins de Bourgueil est installée, en face de l'église, dans une demeure du XVe s. où naquit le comédien Jean Carmet.En haut du vignoble, la Cave du pays de Bourgueil ménage un panorama sur les vignes de Bourgueil et Saint-Nicolas-de-Bourgueil. Creusé dans le tuffeau, ce dédale de galeries abrite un musée qui donne notamment à voir des pressoirs en bois des XVe et XVIe s.
Contacts utiles :
- www.ot-bourgueil.fr
- www.bourgueil.frArrivée:
Saint-Nicolas-de-Bourgueil
A la limite du département d'Indre-et-Loire et du Maine-et-Loire, ce joli village de vignerons, plus récent que Bourgueil, se niche entre la vallée de la Loire et le coteau forestier. Son vignoble prolonge celui de Bourgueil sur la haute terrasse qui domine la Loire. Il a donné son nom à une appellation de vins issus également de cabernet franc. La commune possède de belles demeures Renaissance, dont le logis du Port-Guyet où Ronsard courtisait Marie Dupin, "fleur angevine de quinze ans", qu'il célébra dans ses Amours.







