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POITOU-CHARENTES

Histoire

Dès l’époque gallo-romaine, les pays des Pictaves et des Santones ont été rattachés à la même province que Bordeaux, et à partir du Xes., Aquitaine et Poitou ont été réunis sous un même duché, avant de devenir partie intégrante, au milieu du XIIes., du grand royaume Plantagenêt, comprenant Aquitaine, Poitou, Anjou et Angleterre. Leur histoire viticole présente ainsi bien des traits communs, quoique les époques de prospérité n’aient pas toujours coïncidé.

Aux temps gallo-romains, malgré l’éclat de Saintes et de Poitiers, nul indice d’une viticulture prospère dans la région, alors que Bordeaux possède déjà des vignobles réputés. C’est au Moyen Âge que le vignoble poitevin s’épanouit. Sa viticulture a un caractère hautement spéculatif: elle est suscitée par l’essor des villes de l’Europe du Nord et par le renouveau de la navigation maritime. Ce nouveau patriciat urbain veut consommer du vin. Des navires, plus gros et plus perfectionnés qu’auparavant, partent en quête de la boisson aristocratique. Les Poitevins répondent à cette demande. On plante en quantité dans les diocèses de Poitiers et de Saintes: vins de la Rochelle, de Ré et d’Oléron, vins de Niort, vins de Saint-Jean d’Angély, vins d’Angoulême…. Fondée par Guillaume X et protégée par les ducs d’Aquitaine, La Rochelle est l’un des principaux ports d’expédition, mais le moindre port de rivière profite de ce commerce. On appelle aussi vins du Poitou les produits nés dans les régions voisines de l’Aunis, de la Saintonge et de l’Angoumois – les provinces historiques situées sur le territoire actuel des deux Charentes.

Si la prise de La Rochelle par le roi de France, en 1224, ferme aux vins du Poitou le marché anglais qui achète désormais des clarets bordelais, la soif des autres régions de l’Europe du Nord permet aux vignobles de la région de survivre. La Hollande devient leur principal débouché, surtout après 1579, quand les Provinces-Unies prennent leur indépendance et s’affirment comme une puissance maritime et commerciale. Les Hollandais apprécient les vins blancs doux. Néanmoins, la production de la région devenue pléthorique voyage mal. Les négociants hollandais trouvent la solution : le brandwijn, ou eau-de-vie. Grâce à la distillation, ils remédient non seulement à la surproduction mais parviennent à valoriser des vins faibles. Une opération tellement intéressante que l’alambic se répand dans les campagnes de l’Aunis et de la Saintonge.

Cette eau-de-vie est devenue cognac, dont la notoriété s’est affirmée aux XVIIIes. et XIXes. La crise phylloxérique, si elle a suscité l’essor des alcools de grains, n’a pas ruiné durablement le vignoble charentais, qui bénéficiait d’un grand prestige, consacré par une AOC dès 1909. En revanche, le vignoble poitevin, resté très étendu mais dont la réputation avait pâli, a failli disparaître complètement du paysage viticole

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