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Découvrir les régions et leurs appellations
LANGUEDOC
Histoire
"Faut-il individualiser le Languedoc (les trois départements du Gard, de l'Hérault, de l'Aude) au sein du vaste ensemble viticole de la région Languedoc-Roussillon, et aborder à part le Roussillon, qui correspond, au sud des Corbières, aux vignobles des Pyrénées-Orientales ? Les deux régions bénéficient du même climat méditerranéen, cultivent à peu près les mêmes cépages, élaborent des styles de vins proches, les vins doux naturels en particulier. Leur histoire viticole possède nombre de traits communs. Malgré les crises et une érosion des superficies viticoles, elles contribuent à elles deux, en volume, à plus de 40 % de la production viticole nationale. La différence est sans doute culturelle : [si l'on excepte les Fenouillèdes, province languedocienne avant la Révolution, et incluse dans les Pyrénées-Orientales], le Roussillon, est historiquement dans l'orbite de la Catalogne.
Entre la bordure méridionale du Massif central et les Corbières, le Languedoc viticole est formé d'une mosaïque de vignobles répartis dans trois départements côtiers: le Gard, l'Hérault et l'Aude. On y distingue quatre zones successives: la plus haute, formée de régions montagneuses, notamment de terrains anciens du Massif central; la deuxième, région des soubergues (coteaux pierreux) et des garrigues, la partie la plus ancienne du vignoble; la troisième, la plaine alluviale, assez bien abritée et présentant quelques coteaux peu élevés (200 m); et la quatrième, la zone littorale formée de plages basses et d'étangs où où le développement concerté du tourisme balnéaire dans les années 1960 n'a pas fait disparaître la viticulture.
La vigne est ici chez elle, léguée par les Grecs dès le VIIIes. av. J.-C., puis par les Romains, qui font la conquête des terres bordant le golfe du Lion dès le IIs. es. av. J.-C. Le vignoble se développe rapidement et concurrence même celui de la péninsule. Affecté par les incursions sarrazines plus que par les grandes invasions, il connaît un début de renaissance au IXes. grâce aux vignobles monastiques. La vigne occupe alors surtout les coteaux, les plaines étant vouées aux cultures vivrières.
Le commerce du vin s'étend aux XIVe et XVes. Aux XVIIe et XVIIIes., l'essor économique donne de la région donne une nouvelle impulsion à la viticulture. Création du port de Sète, ouverture du canal des Deux Mers, réfection de la voie romaine : ces nouvelles infrastructures encouragent les exportations. Avec le développement des manufactures de tissage de draps et de soieries, une certaine prospérité règne. Le vignoble commence alors à se répandre dans la plaine. Le frontignan est réputé jusqu'en Europe du Nord.
La création du chemin de fer, entre les années 1850 et 1880 assure l'ouverture de nouveaux marchés dont les besoins sont satisfaits par l'abondante production de vignobles reconstitués après la crise du phylloxéra. C'est la grande époque de la viticulture de masse, qui ne décline qu'à partir du milieu du XXe siècle. Institué en 1949, le statut VDQS, catégorie un peu moins contraignante que l'AOC, a permis à ses vignobles de progresser par paliers : un grand nombre sont devenus AOVDQS. Leur reconnaissance par étapes en AOC a jalonné leur amélioration qualitative. Grâce à ses bons terroirs situés sur les coteaux, au retour à des cépages traditionnels, le Languedoc viticole produit aujourd'hui des vins de qualité, comme en témoignent des sélections toujours plus nombreuses dans le Guide.
Infos pratiques sur Routard.com : Languedoc-Roussillon - Montpellier

