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Rencontre avec Claude Papin - Château Pierre-Bise ( savennières-roche-aux-moines)

Publié le 01-01-2014
Claude Papin et ses fils, Christophe et René, produisent des vins dans plusieurs appellations d'Anjou. Ils privilégient le cépage chenin. Connus pour leurs savennières tout en finesse, ils participent, avec un groupe de vignerons motivés, à la relance d'un anjou blanc haut de gamme.

Les Papins : vignerons des cailloux

Dans la douceur de l'Anjou, le village de Savennières. La Roche aux Moines se trouve sur un éperon rocheux, dans le prolongement de la célèbre Coulée de Serrant, l’un des cinq plus beaux terroirs français de blancs selon Curnonsky, le célèbre critique gastronomique.« Nous sommes des vignerons des cailloux », dit Claude Papin.

Le Château Pierre-Bise actuel est la somme d’un lent développement. En quarante ans, sa surface s’est agrandie peu à peu jusqu’à 55 hectares. Pierre Papin, le père, s’y était installé en 1959, sur les hauteurs. Et dans les années soixante, les vignerons voisins, par souci de meilleurs rendements, quittaient les coteaux pauvres pour descendre dans la plaine. Les Papins, eux, y voyaient autant d’opportunités de s’agrandir, préférant partir à la conquête des coteaux.

Puis Claude ayant épousé la fille des vignerons voisins, ils ont marié du même coup le Château Pierre-Bise et le domaine Chevalier-Lequeux. Et leurs deux fils Christophe et René les ont rejoints il y a une quinzaine d’années. « Je ne voyais pas le travail de mon père s’arrêter, pourtant j’avais peur d’être vigneron, le métier est dur », dit Claude. « Mais on aime la vigne et on aime le travail. La passion et le plaisir d’apprendre sont venus doucement. » Et il ajoute : « On donne le meilleur depuis quarante ans, car c’est notre vie. » 

Des climats en Anjou ? Le modèle bourguignon

« On essaie de construire ici en Anjou des climats à la bourguignonne ». Les Papin se passionnent pour l’outil de cartographie des paysages et des terroirs mis au point par l’équipe de l’INRA-Angers. Ils possèdent une connaissance fine de la typicité de chacune de leurs parcelles. Ainsi les Rouannières, à la crête du coteau, une émergence de basaltes fissurés, une terre mince de 20 à 30 centimètres d’argiles sur une roche mère très dure. Une belle ouverture de paysage, d'une vingtaine de kilomètres, plein sud, avec un microclimat plus chaud qu’alentour. Et sous les vents qui s’engouffrent dans l’estuaire de la Loire, dans la lumière légèrement voilée de l’Anjou. « On va demander le classement des Rouannières en cru », s’enthousiasme Claude Papin. « De plus c’est une véritable réserve floristique. On y compte une soixantaine de plantes méditerranéennes, et même des cigales ! »

Grandeur et ingratitudes du chenin

« C’est un cépage qui peut être grandissime ou ingrat. » Le chenin est à la mode, car les vignerons recherchent sa grande minéralité. Mais il se montre compliqué à travailler. Peu homogène à la floraison, avec des grains mûrs et d’autres pas, il faut l’attendre aux vendanges et souvent repasser quatre ou cinq fois. Ses grappes, parfois grosses, doivent être découpées au sécateur en juillet. Et il botrytise très vite, il faut être vigilant, « Ne pas dépasser le stade du Poil de lièvre », comme dit Claude.

À la Roche-aux-Moines tout l’art du vigneron sera de révéler la minéralité du chenin. Outre le terroir si propice, le climat y contribue. L’air doux et humide du fleuve restreint l’ouverture des stomates des feuilles, et le vent de l’océan ajoute de la vivacité. « C’est avant tout un vin de colonne vertébrale, lent à l’ouverture, dit Claude, il est viril, pas féminin. Il y a deux moments pour le boire : sur sa fraîcheur, ses quatre ou cinq premières années, ou au-delà de huit à dix ans quand il entame sa seconde vie. »

Les dégustateurs du Guide Hachette décrivent ainsi le 2010 de Pierre-Bise : « D’un beau jaune doré aux reflets verts, il délivre d’élégants arômes de fruits blancs (pêche) et de fleurs relevés d’une flatteuse pointe minérale. Riche, rond et fruité à souhait. D’une superbe longueur. À réserver dans deux ans à un délice de crevettes à la coriandre. »

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Cépage blanc à la base d'eaux-de-vie de grande qualité (cognac, armagnac), mais qui a largement régressé pour céder la place à l'ugni blanc après la crise phylloxérique. Il donne des vins légers en alcool et d'une bonne vivacité dans l'appellation gros-plant-du-pays-nantais. Syn. : gros plant.