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Les régions et les cépages du rosé

Publié le 17-05-2016
La France est le premier producteur de vin rosé. Il serait plus exact de parler de vins rosés, tant leur style diffère. Les variations de profils tiennent parfois à la méthode de vinification, comme la macération ou pressurage, que certaines appellations privilégient. Elles sont aussi liées aux cépages mis en œuvre, eux-mêmes fonction des climats qui leur conviennent. Focus sur les grandes aires du rosé et leurs principaux cépages .

Les rosés côté Nord-Est : rares et pâles

On parle ici du nord-est au sens large : Alsace, Lorraine, Champagne, Bourgogne, Beaujolais, Jura et Savoie. Dans ces vignobles, si l’on excepte la Champagne, où les cépages noirs, majoritaires, sont presque toujours vinifiés en blanc, l’encépagement privilégie les cépages blancs – même en Bourgogne (44 %). Pour les cépages noirs, la tradition privilégie les vins rouges (même si les rouges d’Alsace sont traditionnellement légers, offrant souvent le profil de clairets). Les rosés représentent le plus souvent moins de 5 % de la production, à peine plus à Sancerre et en Savoie. Vinifiés le plus souvent par pressurage (voir p. 8-9), ces vins sont souvent pâles, comme le gris de Toul, dont la notoriété dépasse les volumes…

  • Le pinot noir est sans doute le cépage de prédilection de ces contrées septentrionales. Ce cépage donne le meilleur de lui-même dans les régions fraîches. On le retrouve aussi bien en Alsace et en Lorraine qu’en Bourgogne, dans le Jura, dans la partie orientale de la Touraine et le Centre-Loire et jusqu’en Auvergne. Le pinot noir donne des rosés d’une grande délicatesse aromatique, qui ne manque pas de corps.
  • Le gamay se rencontre aussi dans ce quart nord-est de la France, de la Lorraine au Beaujolais. Il donne des rosés pimpants, fruités et légers.

 

Les rosés côté Sud-Est : triomphants et intenses

La Provence symbolise la santé insolente et le triomphe du rosé, couleur dans laquelle elle s’est spécialisée. Même si la région fournit des rouges ambitieux et des blancs remarquables, elle a misé sur les rosés, qui représentent plus de 80 % de sa production. Elle se classe première pour les rosés en AOC (près de 40 % de la production nationale) et fournit plus de 5 % de la production mondiale. Dans la vallée du Rhône, Tavel est un célèbre cru dédié au seul rosé ; les vins de cette couleur se concentrent surtout dans les appellations périphériques (ventoux, luberon, costières-de-nîmes…) Moins présents dans les AOC languedociennes (13 %), les rosés se « rattrapent » en Roussillon (40 % en AOC) et en vins IGP. En Corse, ils pèsent pour la moitié de la production (un peu plus en AOC, un peu moins en IGP). Les profils sont très variables : colorés, amples et corsés comme dans la vallée du Rhône et en Roussillon, corsés mais pâles de couleur en Provence.

Tous ces vignobles bénéficiant d’un climat méditerranéen ont adopté les mêmes cépages principaux, qui ne se plaisent que dans ces régions ensoleillées et ventées. On les assemble en AOC (où l’on trouve encore des variétés plus locales) et on les vinifie plutôt seuls en IGP.

  • Le grenache, venu d’Espagne, donne aux rosés rondeur, ampleur, puissance alcoolique, notes de fruits rouges, de pêche, d’abricot et d’épices. C’est souvent le cépage principal de la vallée du Rhône.
  • Le cinsault offre une légèreté qui le fait dédaigner en rouge et plébisciter en rosé. Sa sveltesse et la finesse de ses arômes font merveille dans cette couleur. En IGP, il est souvent vinifié seul.
  • La syrah offre de la structure, des arômes de fruits rouges ou noirs et d’épices.
  • Le mourvèdre, qui se plaît seulement sur les terres vraiment chaudes, donne des vins particulièrement structurés, aux arômes de fruits mûrs, de violette et d’épices.
  • Le carignan réussit sur les coteaux à petits rendements. Il trouve sa place en rosé car il apporte de la structure.

 

Les rosés côté Sud-Ouest : fruités et divers

Sans être absents des vignobles du quart Sud-Ouest de la France, les rosés se font moins remarquer, car la production brille ici par sa diversité. Ils figurent dans la large gamme du plus vaste et du plus célèbre des vignobles français, le Bordelais, où ses volumes augmentent (6 %).  A l’exception de Cahors et de Madiran, la plupart des appellations offrent aux producteurs la possibilité d’élaborer des rosés. Les rosés girondins, comme les rouges, proviennent d’assemblage. Les cépages sont ceux utilisés en rouge, que l’on retrouve dans le Bergeracois, les appellations du Lot et Garonne et jusque dans les Charentes. Traditionnellement, les vins du Sud-Ouest sont colorés, élaborés par saignée, même si le style pâle de la Provence se répand. En dehors de l’aire girondine, Fronton, près de Toulouse a trouvé un vaste public pour ses rosés.

  • Le merlot, principal cépage girondin, apporte sa souplesse, sa rondeur et des arômes de fruits rouges charnus, de prune et de figue.
  • Le cabernet-sauvignon donne paradoxalement peu de couleur mais beaucoup d’arômes de fruits noirs, notamment de cassis. Il apporte aussi de la structure.
  • Le cabernet franc apporte aux vins de la fraîcheur, des notes de framboise et de violette.
  • Le malbec donne des rosés colorés, notamment dans la région de Cahors (produit en IGP).

 

Les rosés côté Nord-Ouest : le royaume des cabernets

Par Nord-Ouest viticole on entend le Val de Loire, du pays nantais à la Touraine. La région se flatte d’être la deuxième en volume pour les vins rosés d’appellation, avec pour locomotive le cabernet-d’anjou. Venus du Sud-Ouest, le cabernet franc (surtout) et le cabernet-sauvignon se sont bien acclimatés. On retrouve aussi en rosé le malbec, qui prend le nom de côt, le gamay et encore le pineau d’Aunis et le grolleau noir ou gris, plus proprement ligériens.

Quant aux rosés du Centre (sancerre, reuilly, menetou-salon…), ils se rattachent au Val de Loire, mais leur profil les apparentent plutôt aux rosés de Bourgogne du fait d’un climat proche et de l’usage des pinots (noir et gris).

 

 

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Cépage blanc à la base d'eaux-de-vie de grande qualité (cognac, armagnac), mais qui a largement régressé pour céder la place à l'ugni blanc après la crise phylloxérique. Il donne des vins légers en alcool et d'une bonne vivacité dans l'appellation gros-plant-du-pays-nantais. Syn. : gros plant.