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Le réchauffement climatique, une chance pour les vignes anglaises

Publié le 15-12-2015
Alors que la COP21 vient de se terminer, on annonce que Taittinger, la célèbre maison de champagne, associée à des investisseurs britanniques, vient d’acheter 69 ha dans le Kent. Focus sur la production viticole de notre voisin d’Outre-Manche, où le vignoble progresse. Et où les vins effervescents ont le vent en poupe.

Vignoble anglais : un doublement des surfaces en vingt ans

Les chauvins pourraient être tentés d’associer dans un même opprobre le vin et la cuisine anglais. Ils auraient tort. D’abord, parce que Londres est devenue une des capitales de la gastronomie (THE capitale, selon son maire). Ensuite, parce que l’on fait du vin en Angleterre depuis l’époque gallo-romaine. Une production confidentielle, mais en pleine renaissance depuis vingt ans. Estimée à 196 ha en 1975, la superficie plantée atteignait près de 800 ha en 2005 pour couvrir en 2015 quelque  2000 ha. Pour limitée qu’elle soit, elle est en constante augmentation, alors que sur le continent, les surfaces diminuent. Et les domaines ont une vocation commerciale plus affirmée : après les gentlemen farmers et les agriculteurs, les financiers entrent dans la danse.  On recense aujourd’hui 470 domaines et 135 wineries (unités de vinification). Des marques connues, comme Chapel Down, Ridgeview, Nyetimber…  En 2014, année record, la production a atteint plus de 47 000 hl : plus de 6 millions de bouteilles. Des chiffres qui restent modestes, quand on sait que les Britanniques sont 64 millions ! Et que la même année, la France a produit 6 milliards de flacons… Mais on trouve des vins anglais dans des enseignes comme Marks & Spencer et ils s’exportent dans 14 pays.

Les cépages du vignoble anglais : chardonnay et pinot noir en tête

Les cépages ? A l’origine, beaucoup d’hybrides d’origine allemande, pour produire des vins blancs légers et fruités de style germanique. Le chardonnay occupe aujourd’hui le premier rang, talonné par le pinot noir. En troisième position, le bacchus, cépage issu d’un croisement et cultivé en Allemagne dans les vignobles où le riesling peine à mûrir.  Si le pinot noir est bien placé, les rouges et rosés (ces derniers en hausse) ne représentent que 12 % des vins anglais, en raison d’un ensoleillement modéré, peu propice à la couleur et aux tanins. En général de petite dimension, les vignobles s’éparpillent un peu partout en Angleterre, mais c’est dans les comtés méridionaux, comme le Kent et le Sussex, au sud-est, qu’ils sont les plus présents.

Le vignoble anglais mise sur les effervescents

En 2015, les « bubblies » représentent les deux tiers de la production. Les Britanniques ont toutes les raisons de développer cette production, dont ils sont friands. Ne restent-ils pas les premiers importateurs de champagne, avec plus de 32 millions de bouteilles en 2014 ? Le sol, au sud-est de l’île est crayeux, comme en Champagne, le climat assez proche, même s’il est plus venté et chargé d’influences maritimes. L’acidité des vins est propice à la qualité des effervescents. Dans ces régions situées à 300 km au nord-ouest d’Epernay, les millésimes sont inégaux, comme en Champagne : suivant le modèle champenois, les domaines peuvent pratiquer  l’assemblage de vins de plusieurs années. Et le marché mondial des vins effervescents progresse de façon spectaculaire, plus dynamique que celui des vins tranquilles.

Des sparklings anglais haut de gamme

Avant Taittinger, le Champenois Didier Pierson, à la tête d’une structure familiale à Avize, dans la Côte des Blancs, s’était « agrandi » dans le Hampshire, produisant ses premiers mousseux en 2007. Avec Taittinger, c’est une maison mondialement célèbre qui prend pied sur le sol britannique pour élaborer des cuvées haut de gamme. Un tournant, selon les producteurs anglais, qui célèbrent l’événement. Alors que les proseccos d’Italie et les cavas d’Espagne mettent en avant leurs prix doux, les sparklings anglais ne sont pas donnés. Misant sur le haut de gamme, les wineries entendent rivaliser avec les champagnes, appuyées par les autorités, les médias et les grands chefs. Fondée seulement en 1994, la maison Ridgeview a vu un de ses blancs de blancs 2009 servi au premier  ministre chinois à un banquet royal : un modèle de promotion qui a fait ses preuves pour le champagne ! Ce récoltant-négociant du Sussex propose une caisse panachée de 6 cuvées à 200 euros pour les fêtes. Pour le Domaine d’Evremond (future marque de Taittinger), il faudrait attendre plusieurs années, car les vignes ne sont pas encore plantées. Ce sera du pinot noir, du pinot meunier et du chardonnay. On pourra alors dire : « Vous prendrez bien une flûte de Kent » ?

Christine Cuperly

Crédits Photos : Fotolia.com

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Cépage blanc à la base d'eaux-de-vie de grande qualité (cognac, armagnac), mais qui a largement régressé pour céder la place à l'ugni blanc après la crise phylloxérique. Il donne des vins légers en alcool et d'une bonne vivacité dans l'appellation gros-plant-du-pays-nantais. Syn. : gros plant.