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Paroles de coups de cœur : Bernard Gros, Domaine Gros frère et sœur

Publié le 01-01-2012
Grappe d’or du Guide Hachette des Vins 2011, Domaine Gros frère et sœur, Grand cru Richebourg 2008

« Il y a deux sortes de vignerons aujourd’hui en Bourgogne », remarque Bernard Gros. « Il y a ceux qui font du vin avec de l’argent et ceux qui font un peu d’argent avec du vin. » Un résumé de la métamorphose en cours en Bourgogne ? Les terres familiales s’émiettent un peu à la relève des générations. Des banques ou des sociétés les rachètent, car les parcelles coûtent à présent le prix des œuvres d’art. « Le paysage change. Bien ou mal, dit-il, c’est comme ça. Les vignerons bourguignons qui possèdent leurs vignes sont de moins en moins nombreux. »

De ces vieilles familles du terroir, Bernard Gros est l’une des figures les plus représentatives. L’histoire des siens commence quand Alphonse Gros, venant du côté de Nuits-Saint-Georges, s’installe à Vosne en 1830. Le commerce prospère, la propriété s’agrandit avec le temps, au fil des générations. Deux hectares de Richebourg pour commencer en 1882, puis deux parcelles de clos-de-vougeot, quelques ares de grands-échézeaux et trois hectares d’échézeaux. Jusqu’à ce qu’en 1963 la propriété soit partagée entre les quatre héritiers de Louis : Jean et François, qui constituent chacun leur exploitation, Gustave et Colette, qui réunissent leurs parts et fondent le domaine Gros frère et sœur, avant de le confier vingt ans après à leur neveu Bernard. La famille a essaimé. Aujourd’hui, trois branches de Gros sont installées sur la commune de Vosne, et une quatrième à Pommard et à Beaune.

Bernard Gros prend la relève à 22 ans, sitôt libéré de son service militaire. Il replante toutes les parcelles de vieilles vignes fourbues et y ajoute 12 nouveaux hectares en hautes-côtes-de-nuits, au-dessus de Vosne-Romanée. Qui complètent ses quatre précieux grands crus : 69 ares de richebourg, à quelques rangs de pinot noir de la romanée-conti, 37 ares de grands-échézeaux, 93 d’échézeaux, et 75 de clos-de-vougeot Musigni. Soit au total une vingtaine d’hectares.

Trois décennies plus tard, l’œuvre accomplie est remarquable. Trois coups de cœur en quatre ans pour son grand cru richebourg ! Une constance rare. Et la consécration avec la Grappe d’or du Guide Hachette des Vins 2011. « Ce vin s’ouvre sur le fruit noir et des notes empyreumatiques. La marque de l’élevage est présente également en bouche, conférant de la puissance à une matière ronde et grasse qui enrobe le tanin. Un vin profond, bien dans l’esprit des grands crus du domaine », écrivent les dégustateurs. Et ne dit-on pas du richebourg qu’il remplit le verre rien que par son nom ? « C’est le terroir qui parle », réplique Bernard Gros avec modestie. Et comme une excuse, il ajoute : « Le raisin est le maître de tout, 80 % des qualités du vin sont dans la vigne ». Il les connaît par cœur, sa terre et son pinot noir ! Il est tombé dedans quand il était petit !

Le terroir, d’abord. Le vigneron se fait géologue. Le vignoble de la Côte de Nuits, qui repose sur des terrains d’époque jurassique, est implanté sur le rebord d’une faille. Le jeu de multiples fractures explique la diversité de ses sols. « À un mètre près, ici, d’une faille à l’autre, les vins sont différents. Les grands crus sont concentrés à mi-côte, sur la faille. » Et il conclut, avec modestie : « On a la chance d’être bien nés. Toute la différence ne vient pas de ma science, mais du sous-sol. »

Le pinot noir ensuite, l’âme de la Bourgogne. Les pieds replantés il y a 20 ans s’enracinent de plus en plus profondément dans le sol, et ses vins gagnent ainsi en complexité. « Le pinot noir est extrêmement délicat, c’est pourquoi il est inimitable. Il n’aime ni le froid, ni le chaud. Et comme tous nos vins sont des monocépages, on n’a rien pour se rattraper les mauvaises années. » Mais Bernard Gros a trouvé une manière de parade : les rangs plus espacés et le palissage plus haut que chez ses confrères.

« Les générations actuelles demandent des vins plus gourmands, plus en rondeur, qui exigent des raisins très mûrs, constate Bernard Gros. On aime moins les vins un peu acides d’autrefois. » Si la physionomie du vignoble de Bourgogne change, il en va de même de ses vins, sous l’effet des usages et des goûts d’aujourd’hui. Et à Vosne, la dynastie des Gros tient ferme la barre et haut le flambeau dans les bourrasques.

Par wluret
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