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Sur la route des vins californiens (2) : visite de la Benziger Family Winery

Publié le 01-01-2014
Une visite chez Benziger, c’est la vraie expérience du tourisme viticole organisé à l’américaine : la navette tirée par un tracteur conduit le groupe de touristes à divers endroits du vignoble pour leur expliquer le terroir (rapidement), les cépages (longuement), la vinification et l’élevage, matériel pédagogique à la clé.

Premier arrêt au milieu des vignes, sous une pergola (le soleil tape et il ne s’agirait pas de faire attraper une insolation aux visiteurs !), pour un petit topo sur le terroir et les cépages. Notre guide est lui-même un salarié du domaine, autant dire qu’il connaît son affaire. L’explication du terroir (un ancien volcan) se fait avec l’aide d’un modèle réduit animé de la montagne en face de nous, qui s’ouvre pour montrer une coupe du terrain ! Le discours est simple : la roche volcanique contient des minéraux qui contribuent au goût des vins. Un peu expéditif mais sans doute limpide pour un public de néophytes… Intéressant également, le vocabulaire utilisé : notre guide explique qu’en France on appelle cela le « terroir », ce qu’il traduit par a sense of place, « une idée du lieu ». Plus qu’une traduction, un véritable changement de paradigme !

La case « terroir » étant cochée, place ensuite aux cépages. La ligne directrice est claire : les arômes des vins dépendent du cépage utilisé et de l’état de maturité de celui-ci. Par la conduite de la vigne, le viticulteur peut « régler » la maturité et par conséquent « déplacer le curseur » des arômes vers plus ou moins de fruit, des fruits plus ou moins rouges, noirs ou confiturés, etc. Les différentes parcelles sont elles-mêmes désignées comme des flavor blocks, des « blocs d’arômes » !

Et c’est un fait : dans tout notre périple à travers la Californie vineuse, nous n’entendrons quasiment jamais parler de structure des vins, d’équilibre, de fraîcheur, etc. Tout n’est qu’arômes, arômes et encore arômes… À tel point qu’une Américaine de notre groupe de visite finit par demander comment on introduit ces arômes dans le vin !

Après un tour de petit train, deuxième arrêt dans le vignoble sous les arbres (de l’ombre bienvenue, encore) pour expliquer la biodynamie.
C’est en effet le mode de viticulture pratiqué ici. Le guide, toujours très pro, déroule le discours sur l’importance des écosystèmes, du respect de la nature, du travail pour les générations futures etc. Rien à redire, c’est clair et complet, on a même droit à la corne de bœuf remplie de tisane de plantes ; pas un mot en revanche sur la prise en compte des phases lunaires dans les travaux viticoles, mais le guide avouera en aparté que c’est plus compliqué à expliquer et moins marquant que les cornes de bœuf.

Dernière destination avant la dégustation, le chai, pour parler du travail de vinification et d’élevage. La volonté des Benziger est de ne pas utiliser de chêne américain, trop grossier, pour l’élevage mais presque exclusivement du chêne français. De fait, les barriques entassées proviennent de quelques-uns des très bons tonneliers de notre pays. Seule petit bémol à apporter aux explications fournies, la comparaison faite par le guide entre une barrique et un sachet de thé : au bout de plusieurs utilisations, on doit renouveler les fûts car ceux-ci ne sont plus à même de conférer des arômes (encore eux !) aux vins qu’ils contiennent ! Tant pis pour l’apport de l’élevage à la structure des vins…

Pour bien terminer la visite, dégustation de deux cuvées : un chardonnay 2008 très loyal et correct, et — divine surprise — un rouge 2006 non pas monocépage mais d’assemblage (58 % cabernet-sauvignon, 17 % merlot, 14 % cabernet franc et 11 % petit verdot : une diversité qui n’a rien à envier à certains crus médocains…). Un peu caricatural, assez boisé, mais pas désagréable.

Bilan des courses ? Une visite hyper pro, riche et détaillée, qui permet à de parfaits amateurs de se faire une première idée du vin et de son élaboration. Alors bien sûr, certaines explications peuvent faire grincer des dents les Européens de vieille tradition viticole que nous sommes. Mais au final, combien de visiteurs ressortent d’un domaine en France en en ayant appris autant ?

Par François Bachelot
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