nov 17

Comme chaque année, le 3e jeudi de novembre, fleurit le marronnier du beaujolais nouveau. Et les pichets de « tout venant » d’être remplacés sur les zincs par les pots de primeur. Alors que dire de nouveau sur le « nouveau » ?


Que le millésime 2010 s’annonce « plus fringant que 2009, davantage élégant et très fin » ? Que les vins seront « colorés avec de jolis fruits, croquants et gourmands, aux arômes floraux avec aussi des dominantes de framboises, de fraises des bois et de groseilles, aux tanins vifs et longs, parfaitement intégrés ? Que, « avec un bon potentiel de garde, 2010 sera un cru unique en son genre regroupant les qualités des meilleurs millésimes antérieurs : la structure et le très bel équilibre de 2000, la souplesse et la délicatesse de 2006 et les arômes de fruits noirs de 2009 ? » ? Rien de moins, lit-on dans le communiqué de presse de l’Inter Beaujolais.


Que le beaujolais primeur, vinifié en grappes entières, uniquement dans les appellations beaujolais et beaujolais-villages, connaît une cuvaison très courte de quatre à cinq jours afin d’extraire le maximum de fruits et juste ce qu’il faut de tanins ?


Que cela fait cinquante ans que ça dure, depuis un arrêté du 8 septembre 1951, et surtout depuis le décret du 15 novembre 1967 qui institue une date fixe (le 15 novembre à 0h00, avant l’officialisation du 3e jeudi de novembre depuis 1985) ?


Que, si la France se pare aux couleurs chatoyantes du nouveau, le reste du monde n’est pas… en reste, du Japon aux États-Unis (les deux principaux pays importateurs, le premier loin devant le second toutefois, avec 6 millions de bouteilles contre 2,3 millions), en passant par l’Allemagne, la Chine ou la Russie ?


Que le Beaujolais viticole ne se réduit pas, loin s’en faut, au vin primeur, bien qu’un tiers de la production totale de la région soit consacré à ce dernier ? Vous trouverez d’ailleurs sur ce site neuf articles sur les crus (saint-amour, morgon, fleurie…), histoire de rappeler que la région fournit aussi de jolis vins aptes à la garde, et accessoirement, que le millésime 2009 est un bijou. Après le nouveau, il y aura toujours « l’ancien »…


Tout cela sonne comme du déjà vu (bu) ? Oui, au même titre que la Fête de la musique, des mères, des grand-mères, de la Journée de la femme, de la gentillesse, des gauchers… On peut s’agacer de la ritournelle, de l’obligation de faire la fête, d’une opération « marketée ». Mais on peut aussi y voir un vrai plaisir populaire et salutaire, un simple moment de convivialité autour d’un vin gaillard et gouleyant à souhait, à déguster sans chichi autour d’une bonne assiette de charcuterie, au cœur d’un mois de novembre triste sire, froid et pluvieux. Bref, un peu de vie dans une ambiance générale quelque peu morose.


Alors finalement, quoi de nouveau sur le nouveau ? Rien, et tout à la fois : comme tous les vins, il est différent d’un millésime à l’autre, d’un vigneron à l’autre, il réserve de bonnes ou de mauvaises surprises. Comme tous les ans, cela ne dure pas longtemps. D’ailleurs, ce plaisir éphémère peut-il se prolonger un peu ? Pour y répondre, une seule solution : la dégustation. Nous nous proposons donc, chers internautes, d’acquérir quelques bouteilles de beaujolais nouveau 2010, de les encaver et de comparer sur ce site nos impressions de dégustateurs curieux dans un an, un 3e jeudi de novembre 2011 par exemple…


Pour aller plus loin
- L’histoire du Beaujolais nouveau
- Les vins nouveaux en chiffres
- L’élaboration des vins nouveaux
- Dégustation et accords mets et vins
- Trois questions à Thomas Delpy, Frédéric Lignon et Frédéric Sicre Cavistes à Lyon


Mots clés:
juil 29

Affichant des prix qui atteignent jusqu’à 70 % d’augmentation par rapport à 2008, les plus grands châteaux bordelais annoncent enfin la couleur.


Jamais campagne de primeurs n’aura duré aussi longtemps. Si, à la sortie du printemps,  la plupart des châteaux avaient déjà mis sur le marché une offre 2009 à des tarifs tout à fait réalistes, les crus les plus prestigieux entretenaient le suspens.


Les acheteurs potentiels, dans l’impossibilité d’arrêter définitivement les budgets, sont maintenant fixés. Les « stars » sont annoncées à des tarifs qui feraient presque regretter les prix du millésime 2005, déjà présenté comme le plus cher de l’histoire des primeurs. Petrus, sorti alors à moins de 500 € (hors taxes et hors livraison), frôle cette année les 3 000 € (pratiquement 1 000 € de plus que la cote actuelle du 2005 !). Le prix de Latour a doublé en quelques jours, passant de 650 à 1 200 €, tandis que Mouton Rothschild faisait un bon de 650 à 890 €. Enfin, les châteaux Ausone ou Le Pin sont actuellement et respectivement disponibles à 1 600 et 2 000 €.


S’il s’agit là des exemples les plus spectaculaires, ils donnent malgré tout le ton d’un phénomène inflationniste sans précédent qui touche également les seconds vins. Au-delà de la qualité du millésime, seule la perspective d’une forte demande peut expliquer pareille augmentation. Les propriétaires semblent compter sur l’ouverture du vaste marché chinois et sur le retour des Américains qui n’ont jamais manqué un millésime annoncé comme exceptionnel. Une tendance que confirme l’Union des grands crus : la fréquentation de la campagne de dégustation des primeurs a connu une hausse de plus de 40 %.

Mots clés:
mai 19

Après une campagne de dégustation enthousiaste, les acheteurs sont dans l’attente des prix des primeurs 2009 qui devraient égaler sans peine ceux des 2000 et 2005.

La qualité du millésime ne laisse planer aucun doute. Les primeurs 2009, tout au moins pour ce qui concerne les grands noms, pourraient atteindre des niveaux de prix très élevés, et cela malgré la crise.


Plusieurs raisons expliqueraient ce phénomène, si toutefois il venait à se confirmer dans les semaines à venir. La baisse de l’euro par rapport au dollar, un certain regain d’intérêt de la part des États-Unis qui ont flairé les effluves d’un millésime d’anthologie, et surtout, la très forte demande des pays d’Asie, la Chine et Hong Kong en tête.


C’est d’ailleurs là que va se dérouler fin mai la prochaine édition du salon Vinexpo. Les crus les plus prestigieux semblent attendre d’y avoir pris la température du marché asiatique avant d’annoncer leurs prix. Les perspectives sont plus que réjouissantes et confortent les grandes étiquettes dans leur position d’objets de spéculation, les déconnectant définitivement de toutes les réalités de marché.


Il en va autrement pour les petits châteaux qui représentent plus de 95 % de la production bordelaise et sont directement touchés par la crise. Là, pas de mystère, les prix sont connus et restent raisonnables, pour ne pas dire réalistes. On note toutefois de légères augmentations, souvent moins de 10 %, qui sont plus que justifiées par le très bon niveau qualitatif des vins.

Mots clés:
mai 03

2009 est annoncé comme exceptionnel, surpassant en qualité 2005, présenté pourtant comme le millésime du siècle.


La campagne de dégustation des primeurs 2009 se termine sur un concert de louanges. Les professionnels du vin sont unanimes : on tient là un millésime d’exception ! Certes le microcosme bordelais est coutumier de ce genre d’annonce, mais il est vrai que cette année, le niveau moyen s’avère très homogène, avec des vins riches et profonds, bâtis sur des tanins onctueux à l’astringence maîtrisée.


C’est avant tout le résultat d’une météo plus que favorable, à l’exception des épisodes de grêle du mois de mai, qui ont fait de gros dégâts sur plusieurs milliers d’hectares, un peu partout dans le vignoble. Après un printemps correctement pluvieux, juillet et août ont été marqués par un ensoleillement presque méridional (rappelant certains jours la canicule de 2003), suivi d’une arrière-saison aux allures d’été indien.


Résultat : de très fortes maturités des sucres qui ont produit des degrés parfois élevés (plus de 14 %). A Bordeaux, les années généreuses donnent en principe de grands vins, à condition d’être vigilant sur la date des vendanges et sur les durées de macération qui ne doivent pas être excessives. Ceux qui ont cédé aux sirènes de la surextraction se retrouvent avec des vins opulents, manquant de nerf et finissant sur des tanins asséchants. Une tendance que l’on note plutôt sur certains merlots de la rive droite. En revanche, cabernet franc et cabernet-sauvignon, à la maturité plus tardive, expriment moins le caractère sudiste du millésime et apportent en général plus de fraîcheur dans les assemblages.


Cette qualité exceptionnelle suffira-t-elle à endiguer la crise ?

Mots clés: