oct 17

Sur l’invitation d’AOC International, société spécialisée dans l’import-export de vins, opérant en France, en Europe de l’Est et dans les Balkans, la rédaction du Guide Hachette s’est rendue chez un caviste nouvellement installé de la rue Daguerre, A l’ombre du bouchon, pour découvrir une sélection de vins slovènes et roumains. Par curiosité. Bien que ces deux pays soient membres de l’UE, leurs vins sont pratiquement inconnus en France. Si la Slovénie cultive aussi des cépages internationaux comme, en blanc, le chardonnay, le sauvignon, le riesling, les pinots… et en rouge, le merlot et le cabernet-sauvignon, les importateurs, Christophe Bergeron, Stéphane Nerriere et Alexandre Fourn, ont sélectionné des cuvées provenant de cépages locaux traditionnels propres à plaire aux palais français. Des goûts nouveaux, à tous les prix pour ces vins en provenance d’exploitations familiales. Les vins blancs slovènes, souvent gras, se caractérisent aussi par une belle vivacité. Les meilleurs rouges sont élevés sous bois avec une réelle maîtrise. Voici un petit aperçu d’une viticulture très diversifiée.


La Slovénie en blanc : cépages ranina, rebula et vitovska


Ranina 2011 de la maison Steyer (11-13 €)
Provient de Plitvica près d’Apače, dans la partie nord-est du pays, le Podrvvje, un secteur proche de l’Autriche, pays qui cultive aussi cette variété sous un autre nom. Les blancs sont majoritaires.
Robe : cristalline, étincelante et étonnamment claire, pratiquement transparente.
Nez : vif et aussi aromatique qu’un muscat, mais plus porté sur les agrumes ; il laisse deviner le côté acidulé du vin par ses senteurs de citron et de pamplemousse.
Palais : attaque nerveuse sur les agrumes, senteurs de fleurs blanches et note agréable d’herbe fraîche en finale. Jolie longueur.
Un vin primesautier, nerveux, croquant et très aromatique qui plaira particulièrement aux néophytes.
Accords gourmands : un verre à l’apéritif sous la tonnelle, avec une petite friture d’éperlans, des scipions ou du caviar d’aubergine.


Le Rebula 2010 de la maison Ščurek (14-16 €)
Une exploitation installée à Brda, dans le Primorje, région littorale proche de la Vénétie. Le terroir, de collines, bénéficie d’un climat méditerranéen rafraîchi par le voisinage des Alpes et par la proximité de la mer. Le rebula est un cépage local (cultivé aussi en Vénétie sous le nom de Ribolla gialla).
Robe : paille, moins claire que celle du précédent
Nez : d’abord discret, s’épanouit après aération sur des notes florales
Palais : rond, mais avec un fond d’acidité qui lui donne du tonus, dans une même harmonie aromatique. Un soupçon d’agréable amertume marque la finale.
Accords gourmands : viandes blanches, risotto aux petits pois ou aux fruits de mer


Le Stara brajda belo (Vieilles Vignes blanc) 2009 de la maison Ščurek (25-27 €)
Du même domaine que le précédent, un blanc d’assemblage mariant les cépages rebula (60 %), picolit (20 %) et plusieurs autres variétés dont la malvoisie. Il a été élevé un an dans des barriques de 300/500 litres.
Robe : paille
Nez : un boisé grillé laisse percer des notes de fleurs d’oranger, d’orange confite et quelques soupçons miellés qui se prolongent en bouche
Palais : à la fois rond et vif, un vin équilibré qui laisse augurer une belle garde. Il peut rappeler le pessac-léognan.
Accords gourmands : volaille rôtie ou en sauce, viande blanche


Le Vitovska 2007 de la maison Čotar (23-25 €)
Le Vitovska est un autre cépage blanc de Slovénie. Celui-ci vient d’une exploitation cultivée en bio à Gorjansko, non loin du littoral adriatique, dans la partie sud du pays. Nous sommes dans la région du Karst (Kras), un plateau qui a donné son nom à un type de formation calcaire recélant des argiles de décomposition rouge brique. La vinification est elle aussi bio : pas de levurage ni de soufre en début de vinification, aucune filtration. Haut de gamme de la famille Čotar, ce vin vieillit deux à trois ans sous bois.
Robe : jaune d’or soutenu
Nez : complexe, chaleureux et évolué, sur l’hydromel, les épices, avec un boisé discret
Palais : sec, structuré par une belle arête acide, contrairement à ce que pourrait laisser penser la robe évocatrice d’un liquoreux ; c’est un vin étoffé, complexe et long, où l’on retrouve un côté épicé (poivre blanc) et miellé, avec des nuances d’encaustique.
Accords gourmands : fromages, un vieux comté par exemple, ou, pourquoi pas, du poisson fumé


La Slovénie en rouge : variation autour du cépage Refošk (refosco) de la maison Santomas

Nous avons goûté quatre vins proposés par Ludvik Nazarij Glavina, établi au sud du pays, à Šmarje en Istrie, région de collines proche de la côte adriatique et de Trieste en Italie. L’exploitation se partage entre la vigne et l’olivier. Le domaine est attaché au cépage refošk, mais aussi aux longs élevages en barrique.


Le Refošk 2009 (10-11 €)

Le vin a été élevé en cuve après une courte macération.
Robe : rouge rubis clair à reflets violets, évoquant le gamay
Nez : assez simple, sur les fruits noirs
Palais : attaque tonique, de la fraîcheur, finale légèrement tannique avec un soupçon d’amertume
Accords gourmands : viandes rouges grillées

Le Refošk 2010 (16-18 €)
Robe : plus foncée que le précédent, à reflets violets
Nez : un peu réduit, avec des notes animales très présentes, quelques nuances de fruits noirs
Palais : le fruit noir se mêle à des notes animales qui évoquent un « vin naturel »
Accords gourmands : viandes rouges mijotées


Le Mezzo Forte 2007 (20-21 €)

Un assemblage de 60 % de refošk, 30 % de merlot et 10 % de cabernet-sauvignon élevé dix-huit mois dans de grandes barriques de chêne
Robe : rouge soutenu aux reflets encore jeunes
Nez : très harmonieux, le boisé bien fondu laissant parler les fruits noirs (mûre), avec une touche de minéralité (graphite)
Palais : bien structuré, une belle mâche, équilibré, frais et rond, déjà agréable avec encore du potentiel.
Accords gourmands : viandes rouges grillées ou rôties (côte de bœuf, filet…), canard, gibier à plumes


Le Refošk Antonius Sergaše 2005 (28-31 €)

Le fleuron de la gamme, issu de vieilles vignes de refošk et du lieu-dit Sergaše. La longue macération a été suivie d’un élevage de vingt-quatre mois en barrique neuves de chêne français.
Robe : très profonde, sombre et sans notes d’évolution
Nez : un boisé très bien maîtrisé aux nuances de tabac, de cacao et de fruits noirs
Palais : l’étoffe d’un vin de garde, puissant et vif à la fois, qui se bonifiera encore cinq à dix ans : mieux vaut l’attendre.
Accords gourmands : viandes rouges grilles, gibier


Notre avis sur les rouges : nous avons été séduits par les vins élevés sous bois. Mais ceux-ci montrent moins d’originalité que les blancs, rappelant les bordeaux du Libournais, voire le madiran pour le dernier.


Trois vins blancs de Roumanie à découvrir


On cultive la vigne depuis l’Antiquité en Roumanie, l’ancienne Dacie romaine. Depuis son intégration à l’UE, ce pays viticole, le sixième de l’UE, a attiré les investisseurs étrangers, notamment français. Nous avons goûté trois vins élaborées par Aurelia Visinescu, jeune vigneronne et œnologue formée dans le Nouveau Monde, associé à Domeniile Sahateni. Ils proviennent de l’aire du Dealu Mare, la « Grande Colline », située à la latitude de Bordeaux.


Nomad, feteasca alba 2011 (6-7 €)
Un vin monocépage IG de l’entrée de gamme de la productrice, pour découvrir l’un des cépages blancs les plus connus du pays, le feteasca alba. Fermenté à basse température, le vin a fait l’objet d’une macération pelliculaire.
Robe : jaune très clair
Nez : floral (rose) et poivré, évocateur de gewurztraminer en plus léger
Palais : équilbré avec une petite rondeur, floral, flatteur sans excès de complexité : un vin d’initiation.
Accords gourmands : apéritif, quiches


White Artisan 2011 (8-9 €)

La gamme Artisan est centrée sur les cépages de Roumanie. Ici, un assemblage dominé par le feteasca alba (65 %), avec 20 % de riesling et 15 % de tamaioasa romaneasca. Le vin a connu un élevage sur lies de trois mois.
Robe : jaune clair
Nez : du fruit jaune (pêche, abricot), évocateur de viognier
Palais : rond, gras, avec ce qu’il faut de vivacité, plus structuré que le précédent.
Accords gourmands : viandes blanches, quenelles de brochet, ou pourquoi pas un colombo de porc


Artisan Tamaioasa romaneasca 2011 (10 €)
Le tamaioasa romaneasca est un autre cépage blanc de Roumanie. Celui-ci provient de collines situées dans le piémont des Carpathes. Le vin a fait l’objet d’une macération pelliculaire et d’un élevage sur lies.
Robe : jaune clair très brillant
Nez : exubérant, sur la pêche et la nectarine
Palais : rond, mais plus vif que le vin de feteasca alba, sur la pêche toujours, mêlée de notes d’agrumes et d’une pointe épicée en finale
Accords gourmands : tajine aux abricots, plats sucrés-salés, crevettes à la thai



LES DOMAINES

Scurek : www.scurek.com
Cotar : www.cotar.si
Santomas :www.santomas.si
Aurelia Visinescu : www.aureliavisinescu.com



LA SLOVENIE ET SA VITICULTURE : QUELQUES REPERES

Une tradition viticole remontant à l’Antiquité : la viticulture était déjà présentes lorsque les Celtes peuplaient la région ; elle s’est développée après la conquête romaine. Partie prenante de l’empire des Habsbourg pendant plus de six siècles, puis de la Yougoslavie, la Slovénie a retrouvé son indépendance en 1991 et fait partie de l’UE depuis 2004. Les habitants de ce petit pays prospère sont amateurs de vins et Slovénie fait partie des importants pays consommateurs (en litre par habitant).
Au carrefour des influences méditerranéennes et alpines : la Slovénie est située entre l’Italie, l’Autriche, la Hongrie et la Croatie. Elle possède une petite façade sur la mer Adriatique.
Une production à l’échelle du pays : 1 Mhl environ (pour une production française moyenne de 50 Mhl). Mais le pays ne couvre que 20 273 km2, peuplé par 2 millions d’habitants.)
Trois régions viticoles principales :
• Primorje : la région proche du littoral au climat plutôt méditerranéen. La production de vins rouges est plus importante que dans les autres vignobles, proches de l’Autriche, au climat plus continental.
• Podravje : la vallée de la Drave, au nord-est. C’est une terre d’élections de vins blancs (laski rizling (welschriesling), chardonnay et sauvignon en majorité)
• Posavje : la vallée de la Save, au nord-ouest. Les blancs dominent, avec aussi du rouge (modra frankinja ou blaufränkisch notamment)
Ces trois régions sont subdivisées par des aires plus petites, comme par exemple Brda, Kras, Slovenska Istra. Les terroirs et microclimats sont très variés.
Une cinquantaine de cépages : des variétés traditionnelles et autochtones, à côté de variétés cultivées en France, en Allemagne, en Autriche, en Europe centrale et en Italie du Nord.
Le cadre réglementaire européen : comme dans les autres de l’UE, le pays distingue les vins avec indication géographique et les vins sans indication géographique. Le pays a misé sur les vins de qualité (70 %, répartis en « vins de qualité » (kakovostna vina) et « vins de qualité supérieure »).
Les vins blancs majoritaires : ils composent 70 % des volumes.


Mots clés:
avr 20

Plus connue pour ses bières, à l’instar d’autres pays septentrionaux, la Belgique voit s’investir depuis quelques années des vignerons très dynamiques. On découvre que le pays produit d’excellents flacons, dont certains sont régulièrement primés lors de concours internationaux. La Belgique, terre de vin ? On gardera en tête que la superficie globale de son vignoble n’excède pas 150 ha, à peu près la superficie de l’appellation hermitage. Un vignoble de poche et de niche, qui a de quoi attirer l’amateur curieux…



Les vignobles ecclésiastiques du Moyen Age
Si la culture de la vigne s’est largement développée au sud de l’Europe sous l’influence des Romains, il n’est pas prouvé que celle-ci se soit étendue jusqu’aux latitudes de la Belgique. En revanche, aux XIVe et XVe siècles, toutes les localités importantes du pays possèdent des vignobles. Ceux-ci sont exploités par les hôtels-Dieu – le vin est alors aussi considéré comme une boisson hygiénique – et par les abbayes, pour le culte. La production connaît ensuite un ralentissement, pour pratiquement disparaître vers la fin du XIXe siècle. Les raisons de ce déclin sont multiples : la crise financière des XVIIe et XVIIIe siècles, le refroidissement climatique observé entre les XVIe et XIXe siècles qui a rendu la culture de la vigne plus aléatoire, le développement de l’industrie brassicole et la suprématie des vignobles français qui exportent des vins à travers toute l’Europe. André Jullien remarquait ainsi dans sa Topographie de tous les vignobles connus parue en 1816, quatorze ans avant l’indépendance de la Belgique, que « ce département ne cultive ni vin, ni cidre ; on ne cultive la vigne que dans les jardins et le raisin est uniquement employé pour le service de la table. La bière est la boisson ordinaire de tous les habitants. Néanmoins on y fait un très grand commerce des vins de Bourgogne ».


Premières appellations d’origine contrôlées
Il faut attendre la période 1960-1980 pour que la viticulture reprenne de la vigueur en Belgique, sous l’effet d’initiatives locales et confidentielles. Une date marque le renouveau du vignoble belge : le 1er juillet 1997 est créée en Flandre la première appellation d’origine contrôlée de Belgique, le Hagelandse Wijn, dans le triangle Leuven, Diest, Aarschot. Suivent en 2000 l’AOC Haspengauwse Wijn en Hesbaye flamande dans le Limbourg, en 2004 les Côtes de Sambre et Meuse (Wallonie) et en 2005 l’AOC Heuvelland dans la région d’Ypres (Flandre). Il existe également des appellations pour les vins effervescents, dont les plus prestigieux sont élaborés selon la méthode traditionnelle : les Vlaamse Mousserende Kwaliteitswijn au nord (2005), les Vins Mousseux de Qualité et les Crémants de Wallonie (2008) au sud. On trouve les IGP (ex-vins de pays) Jardins de Wallonie et Vlaamse Landwijn.


Des cépages internationaux et « interspécifiques »
En matière culturale, l’enjeu est de planter des vignes adaptées au climat septentrional, peu sensibles aux maladies et à la pourriture favorisées par un milieu plus humide. En gros, il faut un cycle végétatif court, un débourrement tardif (pour éviter les gelées de printemps), une production naturelle de sucre importante (pour faire face à un ensoleillement assez mesuré entraînant un déficit en chaleur et, surtout, en lumière).
Pour faire face à ce défi, on utilise soit des cépages internationaux adaptés à des climats plus nordiques (pinot noir, pinot blanc, pinot gris, riesling, chardonnay), soit des cépages expérimentaux, plus rares ou développés pour des climats plus frais, voire des cépages interspécifiques, comme l’hélios (b), le solaris (b), le limberger (r), le bacchus (b), ou le régent (r) issu du cépage hybride chambourcin.


Des vins blancs majoritaires
Les vins belges sont en grande majorité des vins blancs. On observe de belles réussites pour des cuvées à double fermentation produites en méthode traditionnelle. Les vins rouges mettent en avant une belle fraîcheur, des taux d’alcools en général plus bas et une assez grande complexité aromatique, avec des notes variétales épicées et poivrées.

Philippe Grafé, propriétaire du plus grand vignoble de Wallonie et « pape » des cépages interspécifiques : “Un avantage de ces vins parmi d’autres ? Ils titrent aux alentours de 12 % vol. L’attrait des vins du Nord est indéniable sur le plan de la finesse et de l’élégance face à la puissance éthylique des vins du Sud”. Ces vignes possèdent également l’avantage de nécessiter moins de traitements phytosanitaires.

Autre domaine d’excellence de la production belge : les vins effervescents, élaborés selon la méthode traditionnelle (double fermentation en bouteille), à l’image de la très réputée cuvée Seigneur Ruffus du vignoble des Agaises. “Nous produisons en réalité un vin effervescent millésimé, mais sans indication du millésime. La technique de vinification est exactement la même qu’en Champagne”, précise l’ingénieur John Ruffus, caviste du domaine. Le ruffus blanc de blancs 2010, qui vient d’obtenir une médaille d’argent au concours international Chardonnay du Monde à Saint-Lager (69), s’ouvre au nez sur des notes briochées, lactées, que sous-tendent celles de fruits mûrs. En bouche il étonne par sa structure ample et grasse qui se réalise dans un très bel équilibre soutenu par l’acidité et les bulles fines. La persistance aromatique est également dans la moyenne supérieure des vins de ce type. Le domaine en chiffres aujourd’hui ? 14 ha en production, dont 1,5 ha en pinot noir, 1,5 ha en pinot meunier et 11 ha en chardonnay, 4 ha prévus en plantation et 100 000 bouteilles produites par an et entièrement vendues près d’une année à l’avance !

De l’autre côté de la frontière linguistique, à Monteberg, sur le mont Kemmel, Edward Six produit deux vins blancs, deux vins rouges et du vin effervescent. Le vignoble est planté depuis douze ans, notamment de rondo (r) et de régent (r) en rouge. “Des années comme 2011, on a même pu faire du rouge avec le pinot noir [plutôt que des vins effervescents NDLA], grâce à un printemps splendide et à l’été indien”. Actuellement, le vignoble s’étend sur 6 ha en production propre et 1,5 ha en achat de raisin dans l’AOC Heuvelland. Les vins d’Edward Six sont de très belle facture, sans prétention. La production du domaine est principalement orientée vers le blanc, comme le kerner (b) assemblé avec le müller-thurgau (b) et le siegerrebe (b). Ce vin est doté d’une belle complexité aromatique sur des notes assez intenses de pomme, de citron vert et un zeste d’épice. En bouche le vin tire plutôt sur la fraîcheur et réalise un nouvel équilibre gustatif très intéressant. Une des caractéristiques d’Edward Six est de pouvoir « jouer » sur un grand nombre de cépages et de varier ainsi les assemblages afin d’adapter au mieux ses cuvées aux aléas climatiques du millésime.

Perspectives : un vignoble en essor pour des oenophiles éclairés
Mais pourquoi se donner tant de peine, notamment avec un régime d’AOC aussi précis, pour un si petit vignoble ? Le consommateur belge est considéré comme éduqué et connaisseur de vin. « Le niveau moyen est très élevé et le Belge déguste très bien », affirme John Leroy, vinificateur du domaine des Agaises. « Nous avons créé un cercle œnologique. Les inscriptions étaient bloquées à 45 et après deux jours c’était complet ». En effet, les clubs œnologiques, les offres publiques et privées de cours de dégustation font florès. Les étagères de livres et magazines concernant le vin remplissent toutes les bonnes librairies. La logique d’appellation d’origine contrôlée s’est inscrite dans cette perspective, donnant une plus grande crédibilité et une plus grande authenticité à la production locale de vin pour un public averti.
Le vignoble belge est donc aujourd’hui en plein essor. Sa superficie est de 150 ha environ pour une production annuelle de 2 800 hl. Une étude complète et précise du ministère des Finances devrait produire un recensement exhaustif et très précis dans les mois qui viennent. Les projets d’extension du vignoble ne manquant pas, nul doute que dans les prochaines années ces chiffres risquent d’être rapidement dépassés. Le réchauffement climatique n’y est certainement pas étranger. Le développement de techniques de vinification appropriées et celui des cépages interspécifiques ou de laboratoire ont permis l’arrivée de produits qualitatifs.
La renaissance de vins légers, frais, peu concentrés est-elle une première étape avant l’apparition de vins plus « classiques », plus ambitieux et de garde ? C’est ce que semble penser Jean-Jacques Delhaye, secrétaire général de la Fédération belge des vins et spiritueux, qui croit à l’essor de vins plus structurés, grâce notamment au vieillissement en barrique, sur le modèle du très connu Wijnkasteel (littéralement “château du vin”) à Genoels-Elderen). Ce domaine a mis l’accent sur des vins classiques monocépages produits tantôt en blanc, à base de chardonnay, et tantôt en rouge, à base de pinot noir. Les blancs se structurent en trois cuvées : chardonnay wit (blanc), chardonnay blauw (bleu) et chardonnay goud (doré). Les deux dernières cuvées ont une telle intensité, une telle complexité aromatique, une structure renforcée par le passage du vin en barrique (pour la dernière), qu’elles n’ont rien à envier à des chardonnay de France. Bien entendu le prix est aligné en conséquence. Lors d’une dégustation à l’aveugle que j’avais organisée il y a deux ans, le chardonnay goud était ressorti dans le top trois de plusieurs représentants de qualité de ce cépage. En rouge, le « pinot noir rood » (rood signifie littéralement rouge) est impressionnant de finesse et d’équilibre. Les notes au nez sont d’abord subtilement poivrées, puis arrivent les fruits mûrs attendus, enfin on y distingue presque une pointe de menthol. En bouche l’équilibre est réellement parfait.

Intérêt des Champenois
Le vignoble belge est à la croisée des chemins… Et certains semblent être convaincus de son essor, comme la maison champenoise Vranken-Pommery, dont le patron liégeois, Paul-François Vranken, aurait décidé d’investir en Belgique, du côté de Liège. L’objectif ? Produire un crémant de Liège. On parle (rumeurs ou réelle information ?) de 140 ha en production , ce qui serait énorme comparé à la surface totale du vignoble belge… Par ailleurs, il y a trois ans, le chocolatier belge Galler a investi, également près de Liège, sur un quart d’hectare. Les premières vendanges ont eu lieu en octobre 2011. Nul doute que, malgré la confidentialité de la production, ce nom célèbre apportera lui aussi une certaine publicité au vignoble belge.


par Fabrizio Bucella
Docteur en science et professeur ordinaire à l’Université Libre de Bruxelles. Sommelier, spécialiste du vin belge, il étudie pour Inter Wine & Dine les marqueurs du vin.


Planches iconographiques des cépages : Schneider Anna, Mainardi Giusi, Raimondi Stefano, a cura di, Ampelografia Universale Storica Illustrata – llustrated Historical Universal Ampelography, 3 vol., L’Artistica Editrice, Savigliano 2012.

Mots clés:
sept 12

La nouvelle édition des Accords mets & vins d’Olivier Bompas vient de paraître. Cet ouvrage, devenu une référence dès sa 1re édition, est agrémenté d’un chapitre spécial sur les cuisines du monde.


Comprendre l’alchimie
Textures, arômes, saveurs, comment fonctionne l’interaction entre vins et aliments ? Mariage des contraires et des semblables, mariage des régions, repérez les grands principes d’accords et de… désaccords !


Accorder les plats
Entrées, foie gras, poissons, viandes, volailles, gibiers, fromages, desserts… Pour chaque famille de produits, découvrez :
• les accords expliqués selon la découpe, la cuisson, l’accompagnement et la sauce ;
• une recette accompagnée de conseils d’accords détaillés ;
• un tableau récapitulatif pour une lecture pratique et rapide.


Découvrir les saveurs du monde
Suivant le même principe, appréhendez désormais les règles d’accords avec les cuisines du monde : Afrique et Moyen-Orient, Amériques et Antilles, Asie et Europe.


L’auteur
Olivier Bompas, nîmois d’origine, est sommelier indépendant. Formateur auprès de l’Université du vin de Suze-la-Rousse, il collabore aussi à différents magazines dont Le Point et Régal. Il est maître-sommelier de l’Union de la sommellerie française et président de l’Association des sommeliers du Languedoc-Roussillon et de la vallée du Rhône-Sud.

Pour commander Les accords mets et vins : cliquez ici

Mots clés:
juin 27

Quiconque a goûté un bon sauvignon néo-zélandais a probablement encore en mémoire ces arômes entêtants et cette étonnante fraîcheur. Il faut voir dans ces caractéristiques la clé du succès récent des vins de cette île du bout du monde, quasiment inconnue sur la carte viticole il y a un peu plus d’une vingtaine d’années.

Les producteurs locaux ont longuement tâtonné avant de trouver la formule gagnante, à savoir un encépagement et des techniques viticoles adaptés au climat local avec, à la clé, des vins à la fois exubérants et toniques, qui les situe un peu à part dans la production du Nouveau Monde.

Très peu planté en Nouvelle-Zélande avant les années 1990, le sauvignon est aujourd’hui, et de loin, le cépage le plus prisé, couvrant 50 % du vignoble et plus de 14 000 ha de vignes. Il est cultivé dans toutes les régions viticoles du pays, avec une nette prédilection pour l’île du Sud. Celles-ci ont en commun un climat de type continental et ensoleillé, bien adapté aux exigences de ce cépage qui donne ses meilleurs fruits sous des climats frais, à condition de les vendanger suffisamment mûrs.

Marlborough, la plus grande région de production du pays, est son fief le plus célèbre, mais le sauvignon est aussi le cépage blanc dominant des régions de Wairarapa, Nelson ou Canterbury. L’élaboration des vins vise à exalter toutes les qualités de fraîcheur du raisin, depuis des vinifications à basse température en cuve inox jusqu’à l’utilisation de capsules à vis qui préservent la pureté des arômes. Très largement exporté, le sauvignon est devenu en une quinzaine d’années l’archétype du vin blanc néo-zélandais, vif et aux parfums inimitables.

L’œil
Le vin issu de sauvignon se présente dans une robe pâle aux reflets verts.

Le nez
Très intense et frais, il décline des parfums d’agrumes (pamplemousse, citron) et de fruits exotiques (fruit de la Passion, kiwi), complétés de notes végétales (gazon humide, poivron, buis…) qui peuvent devenir envahissantes dans le cas des sauvignons vendangés trop tôt.

La bouche
Vive et parfumée, avec ces mêmes saveurs fruitées et végétales exubérantes, elle offre aussi du volume et de la rondeur. Élevés en cuves, ces vins sont destinés à être bus jeunes, sur leur fruit.

Couleur
Blanc

Superficie
14 000 ha

Potentiel de garde
1 à 5 ans

Température de service
10-11 °C

Mets et vins
Apéritif, crustacés, fruits de mer, poisson, terrine de poisson, fromage (chèvre sec, pâte dure).



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


Mots clés:
juin 17

De loin le cépage le plus largement planté d’Australie, la shiraz n’est autre que la syrah en France. Cette variété, originaire de la vallée du Rhône, avait toute une série de synonymes au XIXe siècle, à l’époque où des pieds de vignes ont été transportés en Australie. L’un d’eux était la « scyra », devenu par mutation phonétique « shiraz ».

Les différents climats australiens conviennent très bien à ce cépage tolérant, hormis les régions les plus fraîches comme la Tasmanie. Utilisée seule ou en assemblage avec le cabernet-sauvignon ou d’autres variétés (comme le grenache et le mourvèdre), la shiraz produit ici des vins de tous niveaux, dont bon nombre parmi les plus recherchés et donc les plus chers.

Si les traits des shiraz australiens varient beaucoup, notamment en fonction de l’âge des vignes et de la situation géographique, il y a un style caractéristique qui a rendu ce vin populaire auprès de nombreux consommateurs dans le monde. Ayant pour berceau la vallée de Barossa, les shiraz de cette partie de l’Australie-Méridionale offrent en général un fruité expressif et une texture riche et généreuse, soutenus par des tanins bien présents. S’il existe des versions plus faciles d’accès, d’autres, plus ambitieuses, sont de grands vins d’une incroyable gourmandise.

Et quelques excès en matière de surmaturité, d’extraction ou de boisé ne doivent pas masquer la qualité de l’ensemble des vins, largement imités dans d’autres parties du monde. Ce style chaleureux et très puissant n’est pas la seule référence pour la shiraz en Australie. Nés sous le climat océanique de Margaret River, à l’extrême ouest du pays, ou dans les régions intérieures de l’État de Victoria, par exemple, les vins offrent d’autres caractères qui les rendent plus proches de ceux que l’on trouve dans la partie septentrionale de la vallée du Rhône.


CARACTÈRE DES VINS ROUGES

L’œil
La robe est souvent très sombre, parfois violacée et intense pour les vins de garde.

Le nez
Il se caractérise par des arômes de fruits noirs et rouges, frais ou confiturés, d’eucalyptus et parfois de poivre pour les vins issus des climats les plus frais.

La bouche
D’une séduction souvent immédiate, elle dévoile un fruité très mûr et très expressif. Si la densité des vins est maîtrisée, ceux-ci offrent alors une texture d’une grande finesse. Les tanins sont généralement bien intégrés, rarement austères et ne masquant pas le fruit. Les meilleurs vins vieillissent très bien, et leur longueur peut être impressionnante.


Couleurs
Rouge, Rosé

Superficie
45 300 ha

Potentiel de garde
1 à 30 ans

Température de service
16-18 °C

Mets et vins
Viandes rouges (agneau) rôties, volailles, gibiers, plats en sauce.



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


Mots clés:
juin 10

Peu connu en dehors de la région bordelaise, où il est employé notamment dans les liquoreux, le sémillon a trouvé une terre d’accueil en Australie, où il est le troisième cépage blanc le plus planté, derrière le chardonnay et le sauvignon.

Son expression varie en fonction du climat. Dans la Hunter Valley, au nord de Sydney, il a fallu composer avec un climat chaud et humide peu adapté : vendanges précoces, peu ou pas d’élevage sous bois et un long vieillissement en bouteille (cinq ans de préférence). Cela donne l’un des vins blancs secs (parfois doux) les plus admirables d’Australie. On en trouve également en Australie-Méridionale, dans un style plus puissant, et en Australie-Occidentale où, souvent assemblé avec le sauvignon, il donne des vins assez vifs.


CARACTÈRE DES VINS SECS DE LA HUNTER VALLEY


L’œil
Évoluant lentement en bouteille, la robe est rarement très soutenue.

Le nez
Jeune, le nez évoque les fruits blancs, avec un accent parfois végétal. Avec le temps se développe un magnifique bouquet à la fois minéral, vif voire pointu, miellé et finement oxydé.

La bouche
Le vieillissement en bouteille confère à ces vins parfois fabuleux une texture soyeuse, soutenue par une grande vivacité naturelle qui donne beaucoup de relief à de longues, complexes et inimitables saveurs miellées.

Couleur
Blanc

Superficie
6 700 ha

Potentiel de garde
1 à 20 ans

Température de service
10-12 °C

Mets et vins (blancs secs)
Poisson (crème, curry…), volaille, viandes blanches à la crème, fromages à pâte molle.



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


Mots clés:
juin 03

Ce vieux cépage bordelais, de la famille des cabernets, a presque disparu dans sa région d’origine mais a trouvé refuge au Chili où il a d’abord été confondu avec le merlot avant d’être identifié en 1994 par deux scientifiques français. Fiers de cette variété « autochtone », les Chiliens l’ont depuis massivement plantée dans la Vallée centrale. Assez capricieux et tardif, ce cépage se plaît davantage dans les vallées chaudes de Colchagua, Curicó et Maule qu’à Bordeaux. De plus en plus vinifié seul, il est aussi assemblé avec d’autres variétés bordelaises, comme dans le Clos Apalta (Casa Lapostolle), une des cuvées phares du Chili.

L’œil
La carménère donne des robes intenses et profondes, violacées, allant jusqu’au noir.

Le nez
Riche en arômes de fruits noirs (mûre, cassis…) et rouges (cerise, confiture de fraises…), d’épices, de réglisse, parfois de menthol, la carménère exprime souvent des notes de poivron, parfois de sous-bois, de terre humide ou de champignon.

La bouche
La carménère produit au Chili des vins plutôt faciles d’accès, suaves et généreux en saveurs fruitées, épicées et végétales ; les tanins sont souvent lisses et peu marqués. Assez bien équilibrés, sans mollesse, les meilleurs séduisent par leur texture charnue et leur fruité. Assemblée avec du cabernet-sauvignon, la carménère peut donner des vins plus denses et structurés, capables de vieillir quelques années. À l’inverse, lorsqu’ils sont issus de récoltes trop précoces ou de rendements excessifs, les vins de carménère manquent de charme et possèdent de forts accents végétaux.

Couleur
Rouge

Superficie
7 300 ha

Potentiel de garde
1 à 10 ans

Température de service
16 °C


Mets et vins
Viandes rouges rôties ou grillées, petit gibier, volailles, charcuterie.



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


Mots clés:
mai 26

Originaire du Sud-Ouest français où il domine à Cahors, le cépage malbec n’a pas connu la carrière internationale du cabernet-sauvignon ou du merlot, sauf en Argentine où il est devenu en peu de temps le cépage rouge le plus planté, donnant le vin le plus connu du pays. Un agronome français, Michel Aimé Pouget, aurait introduit les premiers plants de malbec au milieu du XIXe siècle, mais il a fallu attendre les années 1990 pour voir l’Argentine produire ses premiers vins de qualité, en particulier ces malbecs puissants et suaves.

Avec plus de 26 000 ha, l’Argentine possède près des trois quarts des surfaces plantées en malbec dans le monde. Si le cépage est cultivé dans toutes les régions viticoles du pays, de Salta au nord au Rio Negro au sud, c’est à Mendoza, au pied des Andes, que se concentrent l’essentiel de ses plantations. L’altitude (500 à 1 700 m) et l’ensoleillement qui caractérisent cette vaste région confèrent aux malbecs locaux un visage très différent de celui de ses cousins de Cahors, plus austères et plus longs à s’arrondir, car plus tanniques et plus acides. D’un point de vue physiologique, le malbec argentin possède des grappes et des baies plus petites, probablement par le jeu des sélections opérées par les viticulteurs locaux depuis son implantation, ou par adaptation climatique. Il donne des vins mûrs, riches, capiteux, nettement plus souples que les cahors.

Généralement vinifié seul, le malbec est parfois assemblé à d’autres variétés comme le cabernet-sauvignon, la syrah, le merlot ou le tempranillo. Sa richesse et sa structure le destinent le plus souvent à un élevage en barrique. Ces caractéristiques permettent aux meilleurs malbecs de bien vieillir, mais la plupart sont plaisants dès leur jeunesse.

L’œil
La robe des malbecs est sombre, d’un rouge violacé.

Le nez
Intense, le nez est marqué par la grande maturité des raisins, avec des notes de fruits très mûrs, dans la gamme des fruits noirs, des fruits cuits ou en confiture (prune, cerise noire, fruits rouges…). S’y ajoutent des arômes floraux, épicés, réglissés, des touches boisées et torréfiées liées à l’élevage des vins. On décèle parfois des évocations de terre humide, de végétal, puis, avec le temps, de tabac.

La bouche
Puissants, les malbecs argentins déploient un fruité mûr et riche dans une texture capiteuse. Ils affichent un degré d’alcool généreux et une structure plus ou moins corsée, avec des tanins épicés bien présents mais souvent arrondis, rarement anguleux. Les bons malbecs séduisent par ce fruité épicé et suave, parfois un peu moelleux, et par leur structure ample qui ne manque pas d’élégance chez les meilleurs producteurs. Ceux-là peuvent vieillir une bonne décennie.

Couleur
Rouge

Superficie
26 000 ha

Potentiel de garde
1 à 15 ans

Température de service
16 °C

Mets et vins
Viandes rouges et gibier grillés, rôtis ou en sauce.



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


Mots clés:
mai 17

Deuxième région de production après Niagara, la vallée d’Okanagan, en Colombie-Britannique, se situe à environ 300km à l’est de Vancouver, derrière la chaîne des Cascades qui isole la région côtière du reste de l’État. Une partie de cette longue vallée est semi-désertique, protégée des vents humides par la chaîne de montagnes et des excès du froid hivernal par le lac Okanagan. La production locale est assez variée, mais on retiendra surtout les vins blancs doux et les rouges issus d’assemblages bordelais.

CARACTÈRE DES ASSEMBLAGES BORDELAIS
L’œil
Il prend généralement des tons rubis intense.

Le nez
Les fruits noirs et rouges sont accompagnés d’accents végétaux, épicés ou boisés.

La bouche
Elle se révèle souvent tonique et bien structurée par des tanins fermes. Plus élégants que puissants, la plupart des vins proviennent de vignes jeunes. Les merlots donnent des vins tendres et fruités, ceux issus de cabernet-sauvignon des vins plus fermes. Les plus belles cuvées offrent puissance et plénitude.

Couleurs
Rouge, Rosé, Blanc

Cépages
Rouges : merlot, cabernet-sauvignon, cabernet franc…
Blancs : chardonnay, sauvignon, gewurztraminer, riesling…

Superficie
1 500 ha

Potentiel de garde (rouges)
1-10 ans

Température de service (rouges)
17 °C

Mets et vins (rouges)
Grillades, charcuterie, canard, volailles rôties, rôti de bœuf.



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


Mots clés:
mai 10

L’AVA de Los Carneros est à cheval sur les comtés de Napa et de Sonoma, célèbres régions viticoles de Californie. Largement ouverte sur la baie de San Pablo, cette zone venteuse, exposée aux influences océaniques, est bien plus fraîche que ses voisines, et la lente maturation des raisins permet de produire des vins qui font partie des plus fins et des plus vifs de Californie. Cela explique la présence ici de très bons producteurs de vins effervescents, élaborés selon la méthode traditionnelle. Carneros brille aussi par la qualité de ses chardonnays secs, vifs et élégants.

CARACTÈRE DES VINS ISSUS DE CHARDONNAY

L’œil

Il est pâle, plus soutenu pour les vins élevés en barrique.

Le nez
Intense, marqué par des notes fraîches d’agrumes et de fruits verts, parfois de minéralité, le bouquet peut aussi, selon les cuvées, décliner les parfums de fruits blancs, de melon, de chèvrefeuille ou de fruits secs. Des notes fumées et vanillées marquent souvent les vins élevés en barrique neuve.

La bouche
Ferme et tonique, elle est construite autour d’une belle acidité qui donne une sensation de pureté et de fraîcheur. Cette finesse situe ces vins à part dans la production californienne et les rapproche des chardonnays bourguignons, avec une capacité de garde supérieure aux autres blancs de Californie.

Couleurs
Rouge, Rosé, Blanc

Cépages
Rouges : pinot noir, merlot, syrah
Blanc : chardonnay

Superficie
3 700 ha

Potentiel de garde (blancs)
1 à 15 ans


Température de service (blancs)

12/13 °C

Mets et vins (blancs)
Crustacés, poisson fin, soufflé, terrine de légumes ou de poissons, fromage (chèvre, pâte pressée peu affinée).



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


Mots clés: