Le blog de la rédaction
mai 17

Deuxième région de production après Niagara, la vallée d’Okanagan, en Colombie-Britannique, se situe à environ 300km à l’est de Vancouver, derrière la chaîne des Cascades qui isole la région côtière du reste de l’État. Une partie de cette longue vallée est semi-désertique, protégée des vents humides par la chaîne de montagnes et des excès du froid hivernal par le lac Okanagan. La production locale est assez variée, mais on retiendra surtout les vins blancs doux et les rouges issus d’assemblages bordelais.

CARACTÈRE DES ASSEMBLAGES BORDELAIS
L’œil
Il prend généralement des tons rubis intense.

Le nez
Les fruits noirs et rouges sont accompagnés d’accents végétaux, épicés ou boisés.

La bouche
Elle se révèle souvent tonique et bien structurée par des tanins fermes. Plus élégants que puissants, la plupart des vins proviennent de vignes jeunes. Les merlots donnent des vins tendres et fruités, ceux issus de cabernet-sauvignon des vins plus fermes. Les plus belles cuvées offrent puissance et plénitude.

Couleurs
Rouge, Rosé, Blanc

Cépages
Rouges : merlot, cabernet-sauvignon, cabernet franc…
Blancs : chardonnay, sauvignon, gewurztraminer, riesling…

Superficie
1 500 ha

Potentiel de garde (rouges)
1-10 ans

Température de service (rouges)
17 °C

Mets et vins (rouges)
Grillades, charcuterie, canard, volailles rôties, rôti de bœuf.



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


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mai 10

L’AVA de Los Carneros est à cheval sur les comtés de Napa et de Sonoma, célèbres régions viticoles de Californie. Largement ouverte sur la baie de San Pablo, cette zone venteuse, exposée aux influences océaniques, est bien plus fraîche que ses voisines, et la lente maturation des raisins permet de produire des vins qui font partie des plus fins et des plus vifs de Californie. Cela explique la présence ici de très bons producteurs de vins effervescents, élaborés selon la méthode traditionnelle. Carneros brille aussi par la qualité de ses chardonnays secs, vifs et élégants.

CARACTÈRE DES VINS ISSUS DE CHARDONNAY

L’œil

Il est pâle, plus soutenu pour les vins élevés en barrique.

Le nez
Intense, marqué par des notes fraîches d’agrumes et de fruits verts, parfois de minéralité, le bouquet peut aussi, selon les cuvées, décliner les parfums de fruits blancs, de melon, de chèvrefeuille ou de fruits secs. Des notes fumées et vanillées marquent souvent les vins élevés en barrique neuve.

La bouche
Ferme et tonique, elle est construite autour d’une belle acidité qui donne une sensation de pureté et de fraîcheur. Cette finesse situe ces vins à part dans la production californienne et les rapproche des chardonnays bourguignons, avec une capacité de garde supérieure aux autres blancs de Californie.

Couleurs
Rouge, Rosé, Blanc

Cépages
Rouges : pinot noir, merlot, syrah
Blanc : chardonnay

Superficie
3 700 ha

Potentiel de garde (blancs)
1 à 15 ans


Température de service (blancs)

12/13 °C

Mets et vins (blancs)
Crustacés, poisson fin, soufflé, terrine de légumes ou de poissons, fromage (chèvre, pâte pressée peu affinée).



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


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mai 04

Le zinfandel est le cépage le plus singulier de Californie. S’il est apparenté au primitivo des Pouilles italiennes et s’il possède des origines dalmates, aucune autre région au monde n’en cultive autant. Naguère surtout utilisé pour produire des blush wines (rosés), il a gagné une réputation enviable pour ses rouges, puissants et profonds, souples et chaleureux, savoureux dès leur jeunesse car peu tanniques. On en trouve dans toute la Californie, car ce cépage supporte bien les fortes chaleurs, mais c’est à Sonoma que se concentrent la plupart des meilleurs producteurs.

CARACTÈRE DES VINS ROUGES

L’œil
Il est souvent intense, d’un violet sombre.

Le nez
Il décline une large gamme de parfums de fruits noirs et rouges, mais aussi d’épices comme le poivre noir ou le clou de girofle, parfois agrémentés de notes sauvages. Un accent d’anis ou de romarin peut aussi se faire sentir.

La bouche
Affichant parfois des degrés d’alcool impressionnants, les vins apparaissent rarement déséquilibrés. Les tanins se montrent souples, et les saveurs intensément fruitées, associées à une texture suave et chaleureuse, font forte impression.

Couleurs
Rouge, Rosé

Superficie
21 000 ha

Potentiel de garde
1 à 10 ans

Température de service
15-16 °C

Mets et vins (rouges)
Pâtes à la bolognaise et sauces relevées, viandes en sauce, volaille et gibier, gigot.



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


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avr 26

La mention « vin noir du Mont Liban », trouvée dans le tombeau d’un pharaon égyptien datant de 3500 av. J.-C., fait de ce vin libanais l’un des plus vieux crus identifiés au monde. La tradition viticole est donc ici immémoriale et a su résister aux soubresauts de l’histoire. Les vignobles se situent principalement en altitude (entre 900 et 1 200 m), dans l’étroite et haute vallée de la Bekaa, coincée entre deux chaînes de montagnes (le Mont Liban et la chaîne de l’Anti-Liban) dont la partie sud se prolonge au-delà de la frontière avec Israël, dans la région de Canaa.

La combinaison entre ensoleillement abondant, eau disponible et nuits fraîches est très favorable à une bonne maturation des raisins, en particulier des cépages rouges tels que le cabernet-sauvignon. Un tiers des raisins seulement est destiné à la production de vin ou d’arak (l’alcool local).

L’histoire récente de la viticulture libanaise est marquée par la ténacité des producteurs, qui, malgré les guerres et les difficultés politiques, ont réussi à faire survivre les vignobles mais aussi à faire progresser la qualité des vins, et offrir même quelques cuvées de vins rouges fascinantes.


CARACTÈRE DES VINS ROUGES

L’œil
Il varie de rubis clair pour les vins comportant une forte part de cinsault à des tons pourpres pour ceux issus de cépages bordelais.

Le nez
S’il est divers selon les assemblages, il offre souvent des notes de fruits biens mûrs noirs et rouges (cassis, cerise…), parfois de kirsch, de tabac ou d’épices douces après vieillissement. Château Musar occupe une place à part, à la manière de Vega Sicilia en Espagne, en ne vendant son grand vin qu’au bout de sept ans de vieillissement ; celui-ci offre alors un bouquet d’une complexité sans égale.

La bouche
Les meilleures cuvées offrent un fruité plein, mûr, parfois charnu, mais rarement lourd et alcooleux, avec des tanins finement ciselés et doux, qui situent ces vins entre ceux du Bordelais et ceux de la vallée du Rhône Sud.



Couleurs
Rouge, Blanc, Rosé

Cépages
Blancs : marveh, obeidy, ugni blanc, chardonnay, muscat, viognier, clairette.
Rouges : cabernet-sauvignon, cinsault, merlot, carignan, grenache, syrah, mourvèdre.

Superficie
10 000 ha

Potentiel de garde
1 à 20 ans

Température de service
Blancs : 8-12 °C
Rouges : 15-17 °C

Mets et vins (rouges)
Viandes en sauce, viandes cuites au four, volailles, gibiers à plume.



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


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avr 19

Cette variété sud-africaine est née du croisement, obtenu en 1925 à l’Université de Stellenbosch, entre le cinsault et le pinot noir. Rarement planté en dehors de son pays d’origine, le pinotage est parfois décrié en Afrique du Sud pour le caractère rustique qu’il peut conférer aux vins. Mais il représente aussi une vraie singularité et peut donner, entre de bonnes mains, des vins au fruité séduisant.

L’un des handicaps historiques du pinotage réside certainement dans les mauvais traitements (rendements excessifs et vendanges prématurées) qui lui ont été trop souvent infligés. Dans ces conditions, il produit des vins sans grand intérêt, avec des défauts aromatiques. Mais les meilleures cuvées, parfois issues de vieilles vignes en gobelet qui n’ont plus besoin d’être irriguées, offrent un tout autre visage. Stellenbosch et Paarl, ainsi que Malmesbury, sont ses principales régions de prédilection.


CARACTÈRE DES VINS ROUGES

L’œil
De densité moyenne, la robe est en général rouge rubis.

Le nez
Les arômes rappellent surtout les fruits rouges et noirs, souvent compotés, et parfois le goudron chaud, la viande, l’olive noire ou le café. Dans les vins issus de vieilles vignes, élevés sous bois, on trouve des notes épicées proches de la cannelle, dues à l’élevage.

La bouche
Le corps du vin est de puissance moyenne, plutôt rond et souple, avec, pour les meilleurs, une jolie sensation de fraîcheur qui évoque le pinot.


Couleurs
Rosé, Rouge

Superficie
6 000 ha

Potentiel de garde
1 à 10 ans

Température de service
16 °C

Mets et vins (rouges)
Gibier à plume, volailles grasses, porc et autres viandes blanches, agneau, plats de légumes provençaux, cassoulet.



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


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avr 12

Faut-il y voir un effet du réchauffement climatique ou une conséquence des fluctuations du climat ? En tout état de cause, le millésime 2009 fut «solaire» par ses températures et s’annonce «royal» par la qualité des vins, notamment rouges et liquoreux, qui seront parfois même «d’anthologie».

D’un extrême à l’autre
L’année 2009 fut celle des extrêmes : elle débuta par un hiver rigoureux, avec des températures inférieures aux normales de plus d’un degré. Paradoxalement, les pluies arrosèrent le Sud et le soleil réchauffa le Nord. Le printemps vit le thermomètre monter au-dessus des moyennes, tandis que les pluies tombèrent de la Méditerranée à la Loire, ignorant tout le Centre-Est. Puis vint l’été, précoce et très chaud, qu’une superbe arrière-saison, chaude et ensoleillée, prolongea pendant tout l’automne.
À l’inverse de 2008, qui fut surtout un millésime de blancs, cette année solaire favorisa les vins rouges – mais aussi les liquoreux. Ayant donné de superbes résultats dans des régions emblématiques, comme le Bordelais, elle a, à ce titre, de sérieuses chances de s’inscrire dans la pléiade des millésimes de légende. Mais derrière une apparente facilité, elle ne manqua pas de pièges dans lesquels vignerons et maîtres de chai durent éviter de tomber pour produire de grandes bouteilles.

En Bordelais, pas de jaloux
La floraison se déroula dans de bonnes conditions pendant la première quinzaine de juin. Suivirent des journées chaudes – mais non caniculaires – et des pluies bienvenues. Le soleil et la chaleur continuèrent en septembre et en octobre. L’alternance de nuits fraîches et de journées chaudes fut propice à la concentration des arômes et à l’accumulation des anthocyanes. L’optimum de la maturité fut atteint sans inquiétude. Lorsque les producteurs ne sont pas tombés dans l’erreur d’attendre trop longtemps, de dépasser la maturité optimale et de perdre une partie du bouquet, les vins se sont révélés de très belle qualité. Pas de jaloux : rouges et blancs ont connu une égale réussite. Riches, concentrés et puissants, les vins rouges seront de longue garde, avec une prime pour ceux issus de cabernet-sauvignon et plus particulièrement les pauillac et les saint-estèphe.
Les blancs secs se sont révélés aromatiques et puissants ; quant aux liquoreux, ils apparaissent riches, élégants et racés.

En Champagne, les pinots devant les chardonnays
En Champagne, la vendange se déroula sous des cieux favorables et bénéficia d’un très bon état sanitaire des raisins. Mais la floraison ne fut pas homogène et la maturité non plus, notamment pour les chardonnays. Dans ces conditions, certaines maisons ont envisagé de ne pas sortir beaucoup de vins millésimés. En Alsace, le riesling et le gewurztraminer ne se sont pas montrés au mieux de leur forme. Mais dans l’ensemble, les vins se sont bien présentés chaque fois que les viticulteurs ont pris soin de bien cultiver leurs sols.

En Bourgogne, une année délicate mais prometteuse
En Bourgogne aussi, les vignerons durent se méfier de l’apparente facilité due à une bonne maturité et rester sur leurs gardes pour récolter des raisins mûrs sans être confiturés.
Les vins rouges, mûrs, denses et concentrés, vieilliront bien et longtemps, notamment ceux de la Côte de Nuits. Les blancs ont été plus modestes mais bien réussis, particulièrement ceux issus des terroirs les plus frais. En Beaujolais, on peut parler de « millésime du siècle », avec de superbes cuvées.

La belle année des montagnards
L’année 2009 présenta deux particularités dans le Jura : d’abord un passage sans transition de l’hiver à l’été ; ensuite une notable sécheresse, notamment en août, mois également marqué par la chaleur. Dans ces conditions, le mildiou et l’oïdium se firent oublier, les raisins furent sains, et les rendements, petits.
Les vignerons ont comparé le millésime à 1999 : même maturité, mais avec beaucoup plus de concentration ; une belle vendange, juste en-dessous du somptueux 2005. Fait rare et caractéristique des années exceptionnelles : en 2009, la Savoie a « osé » produire du « vin de montagne » (des vendanges tardives sur les cépages altesse et roussanne) et des vins de paille (avec des raisins séchés sur un lit de paille durant l’arrière-saison). Car dans ce millésime d’anthologie, tout s’enchaîna parfaitement et la récolte a tenu les promesses d’une floraison rapide, présage d’homogénéité et de qualité.

Dans la vallée du Rhône, une petite récolte mais de qualité
Dès les premières observations sur le terrain, après nouaison fin juin, chacun sut que les rendements seraient faibles, surtout pour le grenache, le cinsault et le carignan. Cette tendance se confirma et s’accentua pendant l’été caractérisé par des situations de sécheresse, parfois très intenses, et des températures moyennes diurnes très élevées. Quand les viticulteurs ont su éviter le piège de la surmaturation, les vins rouges se sont révélés veloutés, suaves, tanniques et expressifs. Dans les appellations septentrionales, notamment hermitage et saint-joseph, ils resteront sans doute longtemps dans les annales.

Gagnants et perdants de 2009
Comme en 2005, la Provence alla à l’encontre de la tendance générale. Certes le millésime démarra sous de bons auspices, mais une pluie marquée au milieu des vendanges affecta la qualité des rouges dans certains secteurs. L’année fut aussi hétérogène et difficile en Corse et en Roussillon, où la sécheresse sévit.
En Languedoc, la vinification des vins rouges fut délicate, mais les blancs s’en tirèrent très honorablement. Dans la vallée de la Loire, la récolte fut abondante et de qualité, avec de très belles réussites en liquoreux.

L’évolution des grands vins

À boire à partir de À boire de préférence avant
Grands bordeaux rouges à majorité de cabernet-sauvignon 2018-2020 2040
Grands bordeaux rouges à majorité de merlot 2018 2035
Sauternes-barsac 2024 2050-2060
Grands bordeaux blancs (secs) 2013 2020
Grands bourgognes rouges 2017 2025-30
Grands bourgognes blancs 2012 2017
Grands champagnes non sortis
Grands vins rouges de la vallée du Rhône 2018 2025



Pour en savoir plus : Coffret Le Guide Hachette des Vins 2011 + livret 30 ans de millésimes.

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avr 07

Le chenin blanc, cépage originaire de la Loire, est bien plus largement planté en Afrique du Sud que sur ses terres d’origine. S’il a trop souvent été utilisé à mauvais escient, cultivé à gros rendements et dans des zones au climat trop chaud, on assiste depuis quelques années à sa réhabilitation grâce à quelques spécialistes qui ont compris le potentiel de ce grand cépage, capable de produire aussi bien des blancs secs, doux ou pétillants. L’Afrique du Sud possède ainsi aujourd’hui un beau réservoir de vieilles vignes de chenin, souvent conduites en gobelet afin de protéger les grappes des ardeurs du soleil.

L’œil
La couleur varie du jaune pâle, parfois un peu verdâtre, au jaune paille profond (particulièrement pour les versions liquoreuses).

Le nez
Cépage versatile, le chenin offre une large gamme d’arômes: notes fraîches d’agrumes et nuances végétales dans les cuvées jouant la carte de la fraîcheur, arômes plus opulents évoquant les fruits exotiques et le miel auxquels s’ajoutent les touches épicées et vanillées d’un élevage en barrique dans les vins les plus puissants.

La bouche
Les chenins sud-africains possèdent souvent un accent plus tendre et plus souple que leurs homologues ligériens, avec des taux d’alcool plus généreux et parfois une légère sensation de moelleux. Chez les meilleurs, la rondeur des premières sensations cède le pas à une vivacité citronnée qui donne éclat et structure au vin. L’usage (raisonné) de la barrique et des élevages sur lies peut leur apporter davantage de complexité et d’ampleur. Les plus belles cuvées sont celles qui offrent cette combinaison assez unique de vivacité et d’opulence.

Couleur
Blanc

Superficie
18 000 ha

Potentiel de garde
1 à 15 ans

Température de service
9-12 °C

Mets et vins
Secs : poissons en sauce, sushis, volaille, plats à base de riz, salades.
Liquoreux : curries ou autre plats épicés, tartes aux fruits, fromages bleus, fruits secs.



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avr 05

Année difficile, de petite garde et de « piètre renommée », 2007 n’a pas laissé un grand souvenir pour les vins rouges du Bordelais, traditionnel baromètre médiatique du millésime. À croire que ce chiffre 7 ne porte pas chance si l’on se réfère aux 1977, 1987 ou 1997 relégués dans la mémoire au rang d’années moyennes. Mais Bordeaux et ses rouges ne sont pas toute la France viticole et certains vins ont fait mieux que tirer leur épingle du jeu. Grands gagnants : les liquoreux et la vallée du Rhône.

La précocité perdue ne se rattrape pas
Le cycle avait bien commencé avec un hiver généralement clément, suivi d’un printemps souvent presque estival. Le débourrement et la sortie de grappes furent extrêmement précoces. Mais si avril se prit pour juillet et si mai fut assez doux, les pluies s’installèrent ensuite jusqu’à la fin août. L’été souffla le froid plutôt que le chaud : en juillet, des orages de grêle frappèrent certains vignobles. Ces précipitations continuelles rappelèrent les millésimes 1997, 1987 et 1977, avec en prime les morsures du mildiou et le développement de la pourriture grise.
Fin août, le mauvais temps s’arrêta et la fin de maturation s’effectua dans de bonnes conditions, puis les vendanges se déroulèrent sous le soleil. La récolte fut sauvée mais sans être exceptionnelle et sans que le retard fût rattrapé.

En Bordelais, un été qui coûte cher
En 2007, les viticulteurs girondins furent aussi mal lotis que les estivants qui fréquentaient la presqu’île du Médoc et le bassin d’Arcachon ; ils furent en outre contraints de lutter contre le mildiou et d’engager de coûteux travaux pour préserver la qualité de la vendange, notamment en limitant la taille des baies et leur goût végétal.
Heureusement, un beau soleil en septembre et octobre, au moment de la récolte, sauva en partie la mise pour les vins rouges ; au prix tout de même d’une sélection drastique entre les premiers et seconds vins dans les grands crus. Quant aux blancs secs et aux liquoreux, ils se sont révélés magnifiques : sémillon et sauvignon ont tiré bénéfice du climat frais de l’été et sont parmi les meilleurs ramassés en Bordelais depuis 1996.
Dans le Sud-Ouest, le retour du soleil en fin d’été, pour les vendanges, sauva également des eaux le millésime.

Champagne et Alsace : tout dépend du cépage
D’abord maussade et humide, l’hiver champenois se fit extraordinairement clément et doux avec cependant quelques moments de froid, de neige et de grêle entre le 19 et le 25 mars. Comme en Alsace, le débourrement fut hâté et la fleur précoce (25 mai). Le débat sur le réchauffement de la planète était sur le point de rebondir, mais il fut vite arrêté par la dégradation du temps. Si l’été fut pourri, l’arrière-saison sauva l’année, mais la maturation demeura hétérogène.
En Champagne, comme en 1998, le chardonnay a bien tiré son épingle du jeu et a donné naissance à des vins frais et puissants ; mais il n’y a pas eu beaucoup de millésimés. Quant à l’Alsace, elle a offert à profusion des vins issus de vendanges tardives, notamment des gewurztraminers, bien réussis.

En Bourgogne, le vent des Rameaux a menti
La Bourgogne ne put échapper au scénario observé dans presque tous les autres vignobles. Elle fit mentir le dicton local selon lequel le vent des Rameaux annonce le vent dominant de l’année ; s’il vient du nord, il promet une année sèche et saine. On commençait à parler d’un nouveau 2003 et, pourquoi pas, de vendanges à la mi-août. D’autant plus que la fleur, vers le 20 mai, avait été précoce elle aussi.
Hélas, il ne faut pas toujours croire les vieux dictons. À partir de mai, les vents d’ouest et du sud apportèrent mildiou, oïdium et botrytis. La suite, jusqu’au 20 août, tint du cauchemar. Après cette date, le grand beau temps sauva la récolte ; mais un tri sévère fut nécessaire et les vinifications s’avérèrent difficiles. Le résultat : des vins rouges de moyenne garde, agréables et fruités, avec de belles réussites en Côte de Nuits ; des blancs globalement vifs, très honorables à Meursault, à Chablis et en Mâconnais.

Du pays nantais à la Savoie, un « millésime de vigneron »
Dans le Jura, les vignerons durent jouer les tortues et vendanger tard en profitant du temps radieux de septembre pour élaborer des vins issus de savagnin et de trousseau de belle facture. En Savoie également, les vendanges tardives et patientes ont donné naissance aux meilleurs vins.
Aussi peut-on qualifier 2007 de « millésime de vigneron » dont la qualité a été fonction du talent des hommes. Dans la vallée de la Loire aussi, les viticulteurs ont dû savoir patienter pour récolter à maturité optimale. En Anjou et en Touraine, l’arrière-saison permit à la pourriture noble de s’installer convenablement et aux producteurs de proposer de beaux liquoreux.

La vallée du Rhône et le Midi, régions heureuses
Dans la vallée du Rhône, le millésime fut dans l’ensemble exceptionnellement chaud, sec et peu venté. Seuls mai et juin furent plus arrosés que la moyenne. Mais ces pluies furent bienvenues, comblant presque le déficit pluviométrique et survenant au moment où la vigne était la plus gourmande en eau. Pas de mildiou ici, et une année 2007 précoce et plus que satisfaisante pour la qualité. Le résultat ? Des rouges d’une intensité colorante exceptionnelle, denses et soyeux, amples et longs, aux tanins présents et de grande qualité, notamment dans le sud (châteauneuf, vacqueyras et rasteau) ; des blancs et des rosés également très réussis, expressifs, délicats et complexes.
En Languedoc-Roussillon, le fait marquant fut la fraîcheur du mois d’août. L’écart thermique entre jour et nuit à partir de septembre favorisa la maturité phénolique des raisins rouges, à l’origine de vins aux tanins souples et fondus. En revanche, en Provence, 2007 a été la cinquième année nettement déficitaire en eau.

L’évolution des grands vins

À boire à partir de À boire de préférence avant
Grands bordeaux rouges à majorité de cabernet-sauvignon 2013 2020
Grands bordeaux rouges à majorité de merlot 2012 2018
Sauternes-barsac 2014 2022
Grands bordeaux blancs (secs) 2011 2020
Grands bourgognes rouges 2012 2017
Grands bourgognes blancs 2011 2015-16
Grands champagnes non sortis
Grands vins rouges de la vallée du Rhône 2014-2016 2020-2024



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mar 31

Le cépage grüner veltliner couvre un tiers des surfaces viticoles d’Autriche. Il s’agit donc de la variété emblématique du pays. Si on le trouve presque partout, sauf en Styrie, son fief est la région de Basse-Autriche, surtout au nord du Danube.

Les styles des vins varient beaucoup selon le terroir (granite, loess, gneiss…) et les techniques employées, tant à la vigne qu’au chai. En cela, le grüner veltliner peut se comparer au chardonnay. Il fournit généralement des vins secs, que l’on consomme le plus souvent jeunes pour profiter de leurs saveurs un peu épicées mais délicates.

Le cépage contribue largement au heuriger, vin nouveau servi en carafe dans les tavernes du même nom, et que l’on goûte à la Saint-Martin.
On trouve cependant en nombre croissant des cuvées ambitieuses, aptes à un long vieillissement, vinifiées ou non en barrique. Ce potentiel de garde tient notamment à la forte acidité naturelle du cépage, analogue à celle du riesling.

Assez tardif et peu exigeant, le grüner veltliner s’accommode de différents types de sols, si bien qu’il a été planté sur des terroirs variés, mais c’est dans les vignobles où sa vigueur est restreinte qu’il donne les vins les plus impressionnants. Les grands grüner veltliner proviennent des vignes bordant le Danube, souvent aménagées en terrasses. On les cherchera en Basse-Autriche, dans la région viticole de la Wachau, et, en aval du fleuve, dans les aires voisines du Kremstal et du Kamptal. On y trouvera des cuvées robustes, d’autres subtilement épicées et minérales, chaque type de sol donnant une expression particulière aux vins.

L’œil
Le grüner veltliner donne des vins pâles, même si la robe est plus colorée dans les versions élevées en fût ou issues de vendanges très mûres.

Le nez
Les vins les plus simples possèdent des arômes frais rappelant le citron et les fruits blancs. Les cuvées plus nobles possèdent une intensité rare dans un vin blanc, avec des arômes qui rappellent le poivre blanc et des saveurs de fruits mûrs ou de fruits exotiques.

La bouche
Si les vins les plus légers charment par leur souplesse et leur fraîcheur, le cépage donne le meilleur de lui-même dans les versions concentrées, issues de rendements sages et de sols pauvres et bien drainés. Ces vins font preuve d’une ampleur surprenante, dévoilant une matière suave, parfois chaleureuse, parfois plus dense et ferme. Les meilleurs révèlent une fraîcheur intense en soutien de cette riche matière et développent des notes minérales évoquant la roche ou le silex sur un fond de fruits jaunes bien mûrs et d’épices.

Appellations principales
Niederösterreich
Basse-Autriche
Kamptal DAC
Kremstal DAC
Traisental DAC
Wagram
Wachau
Weinviertel DAC

Couleur
Blanc

Superficie
17 150 ha

Potentiel de garde
1 à 15 ans

Température de service
10 °C

Mets et vins
Poissons grillés ou en sauce, terrines de poisson, crustacés, viandes blanches, fromage (chèvre, pâte pressées cuites ou non).



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


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mar 29

« Mythique » à Bordeaux, « grandiose » en Bourgogne, « au sommet » dans le Rhône… En 2005, les rubriques Vin des journaux et magazines semblaient avoir emprunté leur vocabulaire aux journalistes sportifs. Il ne manquait que quelques « historiques » par-ci par-là. Pour une fois, il est vrai, les superlatifs étaient justifiés par le nombre et l’ampleur des réussites.

L’atout du millésime : une sécheresse précoce
Le millésime 2005 fut chaud, ensoleillé et sec, avec un cycle végétatif très homogène. Tout était donc réuni pour obtenir un très beau degré de maturité et des raisins présentant un bon équilibre. Mais plus que des températures exceptionnellement chaudes, le grand atout du millésime fut une sécheresse précoce qui obligea la plante à s’adapter en arrêtant sa croissance. Loin d’avoir des conséquences catastrophiques, le stress hydrique devint un gage de qualité en limitant la production.

Bordeaux, une réussite tricolore
Fait rare, de janvier à septembre la météo fut parfaite : fort ensoleillement, températures élevées sans être caniculaires, faibles précipitations. La floraison, fin mai-début juin, fut rapide. Enfin, les très beaux mois de juillet et d’août permirent une longue période de maturation. Septembre contribua aussi au succès du millésime par la faiblesse des précipitations avec à peine 56 mm de pluie, soit près d’un tiers en dessous de la moyenne des trente dernières années.
Tous les cépages se présentèrent dans un excellent état sanitaire lors des vendanges, avec une réelle richesse tant en sucre qu’en alcool et en acidité. Certes il fallut bien maîtriser les fermentations, notamment malolactiques, mais seuls les mauvais vignerons pouvaient manquer un millésime comme celui-là. Fait rare, 2005 a été réussi dans les trois couleurs, notamment en rouge où il a engendré de grands vins de garde, riches, puissants et expressifs. Les blancs se sont montrés un peu moins homogènes, mais dans l’ensemble très bien équilibrés pour les secs et d’une grande richesse pour les liquoreux, qui avaient bénéficié de bonnes conditions de botrytisation.
Comme en Bordelais, les vignobles du Sud-Ouest ont tiré parti de conditions météorologiques favorables, et notamment d’un été marqué par une alternance de journées chaudes et de nuits plus fraîches. Aussi le millésime a-t-il été de qualité grâce à une maturation sereine et à un bon état sanitaire des raisins. Les vins rouges se sont révélés colorés et bien construits, les blancs secs très aromatiques.

En Champagne et en Alsace, un millésime inégal
Idéale sur les bords de la Garonne, la météo fut plus mitigée sur le piémont vosgien et en Champagne, notamment au cours du printemps. Juin et juillet furent très prometteurs mais août se montra plus inégal, comme septembre.
En Champagne, les chardonnays vendangés au bon moment ont été très réussis, parfois exceptionnels par leur complexité. En Alsace, on constata une grande hétérogénéité, avec une prime pour les grands terroirs et les vignobles les mieux tenus.

En Bourgogne, le millésime « top model »
Fait rare et caractéristique des millésimes de mémoire, l’année fut aussi faste en Bourgogne qu’en Gironde. Après un hiver en dents de scie mais sans difficultés, le reste de l’année reproduisit les données générales du pays et atteignit même l’idéal grâce à un mois de juillet ensoleillé et sec, marqué par une grêle sans grave conséquence, une sécheresse qui ralentit la maturité, de petites pluies bienvenues et par la bise, le vent du nord, qui préserva l’état sanitaire. Au moment des vendanges, le pinot noir offrait une pellicule épaisse, le chardonnay, un profil quasi parfait, avec un équilibre sucre-acidité excellent.
Roland Masse, régisseur des Hospices de Beaune, a bien résumé la situation en évoquant un « millésime top model ». Les blancs, riches et aromatiques, se conserveront très bien ; les vins rouges, alliant une superbe matière à une élégance remarquable, seront de très grande garde.
La réussite a également été générale en Beaujolais qui a offert des vins aptes au vieillissement, charnus et bien équilibrés.

Le bonheur dans la Loire et dans les montagnes
D’amont en aval, l’année 2005 fut celle du bonheur pour les viticulteurs ligériens. Partout on trouva les mêmes données climatiques avec un temps sec et ensoleillé sans être caniculaire, qui aboutit à des vendanges précoces et saines. Le résultat ? Des blancs aromatiques, puissants et gras, bien équilibrés par la fraîcheur, et des vins rouges bien structurés, colorés et de bonne garde. Grands vainqueurs de l’année, les liquoreux, notamment passerillés, se sont révélés riches et bien équilibrés, rappelant les millésimes 1989 et 1996.
L’année 2005 a également laissé d’heureux souvenirs dans les montagnes : des vins de belle garde dans le Jura, en rouge comme en blanc ; une mondeuse triomphante et une altesse qui a justifié pleinement son nom, en Savoie, malgré quelques violents orages en été.

Soleil, vent et sécheresse sur le Rhône
Pendant un an, d’octobre 2004 à septembre 2005, trois mots résumèrent la météo rhodanienne : soleil, vent et sécheresse. Mais des gelées, fin février-début mars, ainsi que des pluies en avril et début septembre nuancèrent cette réalité. L’alternance de journées chaudes et de nuits fraîches en été donna des raisins aux pellicules fermes ; la maturation se fit sans heurt et la modération des températures préserva la fraîcheur des blancs. Sans être exceptionnels, les vins se sont révélés bien équilibrés, frais, denses et de bonne garde.
Les vignobles méditerranéens furent un peu moins à la fête, les déficits hydriques se cumulant d’année en année. Toutefois, certains cépages autochtones (carignan, grenache, mourvèdre), forts de leur capacité de résistance au vent et à la sécheresse, ont donné naissance à de très beaux vins. En blanc, 2005 restera comme un millésime de référence, tant pour la richesse aromatique des vins que pour la finesse de leur structure.

L’évolution des grands vins

À boire à partir de À boire de préférence avant
Grands bordeaux rouges à majorité de cabernet-sauvignon 2015-2017 2035-2040
Grands bordeaux rouges à majorité de merlot 2013-2015 2030-2035
Sauternes-barsac 2020 2070
Grands bordeaux blancs (secs) 2008-2009 2015-2020
Grands bourgognes rouges 2015 2025-2030
Grands bourgognes blancs 2010-2012 2015-2030
Grands champagnes 2012 2020
Grands vins rouges de la vallée du Rhône 2015 2023



Pour en savoir plus : Coffret Le Guide Hachette des Vins 2011 + livret 30 ans de millésimes.

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