Le blog de la rédaction
jan 28

Encore un coup de cœur chez les Geneletti. Après celui de 2011 décerné au vin jaune de Château-Chalon, celui de 2012 va au vin de paille de l’Etoile. Une décoration au revers de deux appellations singulières, berceaux de deux vins aussi prestigieux que typiques du Jura. Juste récompense car il faut bien du cœur à l’ouvrage, du travail, du temps et du talent, pour fabriquer ces vins liquoreux d’ambre cristallin.


L’Etoile et la paille

Dans la mosaïque de appellations du Jura, à côté de l’arbois et des côtes-du-jura, les plus vastes de la région, l’étoile et château-chalon sont deux des plus petites appellations françaises, et les toutes premières, crées en 1936 et 1937. C’est dans ces confins lointains que l’on découvre ces vieilles et uniques curiosités : les vins jaunes et les vins de paille. Auprès du village de L’Etoile posé au creux de cinq collines, on ne compte que cinq propriétés, la plus étendue ne dépasse pas une quinzaine d’hectares. Et on n’y fait que des vins blancs, secs à 80%, des vins jaunes et des vins de paille pour le reste. Soit, au domaine Geneletti, 7000 bouteilles en tout et pour tout pour ce millésime 2007. Et encore, David Geneletti est l’un des gros producteurs du village. Et puisqu’il a un pied de chaque côté, il compare en connaisseur : «Les sols argilo-calcaires légers de l’Etoile donnent plus d’élégance et de finesse aux vins qu’à Château-Chalon où affleurent les lourds marnes noirs du lias. L’Etoile fait des vins en dentelles». L’Etoile tient son nom des fossiles dessinés dans les roches des profondeurs, les crinoïdes, lointains cousins des oursins et des coraux, dont les tiges forment de petites étoiles à cinq branches.

Le patronyme des Geneletti sonne transalpin, il a été légué par le grand-père Gabriel, originaire du Piémont et marié à Simone, qui possédait deux fermes au village de l’Etoile. Leur fils Michel a repris les 10 ares de ce qu’on appelle toujours «la vigne de la grand-mère». Petit à petit, il a acheté des parcelles par ci par là, en a loué d’autres, pour rassembler la quinzaine d’hectares que compte aujourd’hui son exploitation. En 1997, il a reçu le renfort de son fils David. Michel demeure à l’Etoile et David habite à Château-Chalon, l’une des anciennes maisons d’Henri Maire, le célèbre vigneron, homme d’affaire avisé et expert en publicité qui fit connaître les vins du Jura.


Petite propriété et vins rares

Enfants du pays, les Geneletti sont passés maîtres dans l’art des vins jaunes et de paille. Le premier, un vin de voile, élaboré avec le cépage du cru, le savagnin, est élevé en barriques de bois durant au moins six ans et trois mois, souvent plus, sous son voile de levures qui le protège de l’oxydation. Il est embouteillé en clavelin, un flacon de 62 centilitres typique du Jura. Le vin de paille provient lui de raisins passerillés, séchés sur claies − autrefois sur un lit de paille.


Le passerillage, un savoir ancien

Le vin de paille du domaine Geneletti se compose de savagnin (à 40 %), cépage qui lègue aux vins du gras, du fruité et une minéralité aux accents de silex ; le chardonnay, vendangé précocement, donne de la structure et une pointe d’acidité ; quelques grappes de poulsard complètent l’assemblage. Ce cépage rouge est à l’origine d’arômes compotés. Le savoir-faire commence dès la vendange, où l’on choisit les belles grappes des vieilles vignes, à grains larges, écartés, peu serrés qui sècheront mieux. On enlève un à un les grains abîmés. Puis, c’est au grenier et à la cave que s’opère la magie du vin de paille. Au grenier, les grappes se dessèchent de longues semaines sur des claies grillagées et concentrent leur sucre. Concession moderne, des ventilateurs aident la nature. Les jours humides, il faut préserver les grappes du risque de pourriture. Mais tout chauffage est interdit. Ici comme ailleurs, le temps change : autrefois les vendanges finissaient souvent à la fin d’octobre, parfois sous la neige. Cette année, au domaine Geneletti elles se sont achevées le 3 septembre et le passerillage à mi-novembre.
Après le passerillage vient la pressée, suivi d’un élevage de trois ans en feuillettes de bois. Encore un vin jurassien qui demande de la patience. Le fruit de ce travail ? «La robe est ambrée et orangée, soutenue. L’intensité se confirme dans un nez de pruneau, de coing et de fruits secs. L’attaque en bouche est moelleuse, avec une acidité discrète mais présente. Les nuances aromatiques sont en harmonie avec le nez, agrumes en plus. Très dense et concentré», concluent les dégustateurs du Guide Hachette, qui se sont régalés.

Voir aussi : le Jura et ses vins

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jan 27

Interview Radio-France Florence Kennel


Vin bio JuraFlorence Kennel, spécialiste des vins du Jura, nous présente la bio, une viticulture de pointe bien ancrée dans cette région.
Florence Kennel, œnojournaliste, vous invite à découvrir les vins du Jura issus de l’agriculture biologique, une attitude méritoire car les conditions climatiques de la région sont rudes pour les viticulteurs, et que le risque financier de perdre tout ou partie d’une récolte n’est pas nul.
Egalement auteur pour le Guide Hachette des Vins et spécialiste de la Bourgogne, Florence Kennel vient d’achever un ouvrage Les Vins de Bourgogne aux éditions Hachette Pratique, à paraître en mars 2012.

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déc 13

L’été 2008 en Bourgogne n’a été qu’averses et froidure. Floraison perturbée, pourriture. Il a plu jusqu’à la mi-septembre. Un « millésime de vigneron » donc, où le savoir-faire fait la différence. L’occasion de rencontrer Bertrand Devillard. Sa vigne du climat Aux Perdrix, en nuits-saint-georges, lui a valu plusieurs coups de cœur – non seulement dans ce millésime « acide », mais aussi dans l’année de la canicule, le 2003… et dans quelques autres.


Les Perdrix, c’est une belle histoire de coups de cœur ! 2003, 2005, 2007, 2008 en nuits-saint-georges, sans compter ceux obtenus en vosne-romanée et en grand cru échézeaux. Pas moins de neuf distinctions en une dizaine d’années. Les millésimes se suivent et ne se ressemblent pas. Bertrand Devillard possède en nuits-saint-georges un atout, un climat bien situé. S’y ajoute la touche du vigneron, celle de son maître de chai et avant tout leur quête exigeante de l’extrême maturité des pinots noirs.

Un beau parcours
Le domaine des Perdrix fait son entrée dans le Guide Hachette 2000, avec trois appellations millésimées 1997, dont deux s’adjugent la mention remarquable (deux étoiles). Son climat Aux perdrix en nuits-saint-georges était tombé dans l’oubli et longtemps fondu dans les premiers crus d’une maison de négoce de Nuits. Robert Parker s’étonna en le dégustant qu’on puisse encore faire de si belles découvertes en Bourgogne. A l’aveugle, les experts du Guide expriment un même enthousiasme.

Un climat en pente douce
Le climat… l’autre nom du terroir, en Bourgogne, soit un lieu-dit caractérisé par un sol et un microclimat. Celui des Perdrix se situe au sud de Nuits-Saint-Georges, à cheval sur la commune nuitonne et Premeaux, à l’extrémité méridionale de la Côte de Nuits. Il commence à la mi-pente et descend doucement jusqu’au pied du coteau. « Là où l’on fait les meilleurs vins », se réjouit Bertrand Devillard. Le sol, profond, mélange de sables, d’éboulis et d’argiles rosées, repose sur un socle de calcaire dur. « La circulation de l’eau est idéale », ajoute l’heureux propriétaire. Pas trop d’eau qui avachirait la vigne, pas trop peu, ce qui durcirait les vins. « Ici, au sud de Nuits, les vins gagnent plus de charpente et de corps. Au nord, du côté de Vosne-Romanée, ils sont plus précoces et moins charnus ».
Les Perdrix voisinent avec une jolie collection d’autres premiers crus : le Clos des Corvées, le Clos des Forêts Saint-Georges, les Argillières, les Terres Blanches.

Côté échézeaux
Côté grands crus, Bertrand Devillard n’est pas en reste, il a conquis pour le même millésime deux étoiles grâce à ses échézeaux, nés sur le ruban magique qui jouxte le Clos Vougeot. Alors que les Perdrix se montrent plus flatteurs dans leur jeunesse, avec un nez plus expansif, les échézeaux apparaissent fermés. En revanche, ils offrent d’entrée une bouche impressionnante : la signature d’un grand cru.

« Aujourd’hui, on préfère les vins aimables »
« Aller chercher la vraie maturité, ça exige de la moelle », comme le dit Bertrand Devillard. Dit autrement, il faut avoir les nerfs solides, la tête froide, les sens en éveil pour décider du moment exact de la vendange. L’heure juste où les grappes arrivent à leur parfaite maturité. Pas avant, pas après. Avec encore une pointe de fraîcheur et juste avant le crépuscule. « Notre principe est simple », dit Bertrand Devillard. « On fait du bon vin si on met en cuve des raisins mûrs et sains. Il faut savoir attendre. Sinon les tanins sont fermes et durs. Nos grands-parents aimaient cela. Autrefois, il était indécent de parler de fruit pour des grands vins. Aujourd’hui, on préfère des vins aimables ». Aux Perdrix, on déguste les raisins, on croque les pépins, on analyse aussi, évidemment. On ne laisse que cinq grappes par pied. Et on prie le ciel que le temps soit propice pour les vendanges.
Les plus anciennes plantations, au nord, datent de 1922. Les vieux pinots fournissent une cuvée puissante, racée, Les 8 Ouvrées (l’ouvrée étant l’unité de mesure bourguignonne qui équivaut à 4 ares 28, ce qu’un ouvrier travaillait dans sa journée). Les autres ceps ont entre 50 et 60 ans d’âge.

Les secrets du millésime 2008
« C’est un millésime de vigneron ! », jubile Bertrand Devillard. Le temps était resté gris et pluvieux toute la fin de l’été, les grappes s’abîmaient. « On a pris des risques. Je me rappelais avec inquiétude la sinistre année 1968, les vapeurs grises de poussière de botrytis flottant au-dessus des cuves ». Mais l’attente n’a pas été vaine. Le temps s’est mis au beau, un vent du nord a séché les grappes. Les vendanges ont enfin commencé, tardivement, début octobre. Sur la table de tri, de nombreuses grappes ont été jetées. « Au moins, on a gardé un taux d’acidité élevé, facteur de mise en valeur du fruit. Ce 2008 ira loin, car l’acidité est là ». Les dégustateurs du Guide Hachette ont rendu le même verdict : « Cette cuvée joue sur la finesse. La robe est rubis brillant. Le nez, délicat, évoque la cerise griotte et la groseille, ourlées d’un fin boisé. La bouche se révèle élégante et fraîche. Le fruit mûr est là, pimpant, rehaussé d’élégants tanins soulignant la persistance rare de la finale ». Bertrand Devillard partage ce coup de cœur avec ses enfants Aurore et Amaury, et son maître de chai, Robert Vernizeau.
Selon le producteur, les millésimes suivants s’annoncent aussi prometteurs : « Sur le 2010, on retrouve le 2008 plus éclatant encore en fruit et en fraîcheur, il sera très séduisant ». On espère donc le retrouver en bonne place dans une prochaine édition.

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nov 25

Le Clos de l’Echo 1981, un rouge, fut le coup de cœur de la 1ère édition du Guide. Si la version 2010 de ce vin a été jugée remarquable, c’est un blanc qui a obtenu un coup de cœur. L’occasion d’évoquer les rares mais délicieux chinon blancs, nés du chenin. Et un vigneron qui perpétue une tradition viticole sur une ancienne possession, dit-on, des parents de Rabelais.

L’écho du clos

Le Clos de l’Écho, parcelle la plus connue de la propriété, domine le château de Chinon dont la tour émerge des vignes. L’endroit est connu dans le voisinage pour un certain phénomène. Quand, du haut de ce coteau, vous criez : « Est-ce que les filles de Chinon sont fidèles ? ». « Non ! », répond l’écho malveillant.
En vérité, la vertu des belles Chinonaises n’est pas en doute. Les érudits du lieu vous expliqueront que, la voix se répercutant sur la muraille du château, il en revient, selon la loi des ondes, la 7e syllabe de la question, soit le Non de Chi-non.
Sur le domaine naît aussi une rareté : un blanc brillant et délicieux, fait de pur chenin. Les blancs de Chinon ne sont qu’une goutte d’or (2 %) dans cette Touraine occidentale sous l’empire des rouges cabernets francs. La cuvée Les Chanteaux, coup de cœur du Guide Hachette 2012 dans le millésime 2010, provient de trois parcelles : les Goupillières au hameau de Saint-Louans, les Bielles à Beaumont-en-Véron et la parcelle à l’arrière du Clos de l’Écho. « Le calcaire apporte une grande minéralité au vin, une longueur, une profondeur, une bouche plus tendue », se réjouit Arnaud Couly. Qui ajoute : « Ce blanc-là reste présent sur le plat, sur les poissons au beurre. »

Le chenin de Chinon
Le chenin est le cépage classique de la Loire, avec le sauvignon. Il se déploie des vouvray les plus secs aux liquoreux d’Anjou et aux crémant-de-loire. Le travail du vigneron est de maîtriser cette variété très fructifère. Au domaine Couly-Dutheil, cela commence dès la taille, choisie courte, puis en cours de saison par plusieurs vendanges vertes jusqu’aux tous derniers jours, où l’on ôte les grappes les moins mûres. Avantage en revanche, avec sa peau très dure, le chenin n’est pas fragile et on le laisser mûrir dans l’arrière-saison, jusqu’à la mi-octobre. Et alors, à la vendange, Arnaud Couly et ses équipiers poussent encore la minutie : tries successives, étalées parfois sur un mois. On récolte les raisins les plus mûrs, puis on attend et on revient une semaine après. Ensuite, viennent trois ou quatre mois d’élevage sur lies selon les millésimes, puis l’embouteillage, précoce, « pour garder le maximum de fruit ». « Le chenin fait des blancs secs tendres », précise Arnaud. « Les asperges sont sa spécialité », ajoute le gourmet ; « on peut aussi le boire en apéritif ».

Le style Arnaud

« Le fruité, c’est la personnalité des vins de Loire », affirme Arnaud Couly. Sa règle d’or à lui : « Pleine maturité, plein fruit ». Le domaine Couly-Dutheil fêtera l’an prochain sa 90e récolte. Le Clos de l’Olive, un des fleurons du domaine, porte le nom de son ancien seigneur, Charles Liénard de l’Olive, qui prit possession de la Guadeloupe au XVIIe siècle ; ici les plus vieux ceps sont centenaires. Quant au Clos de l’Écho, en regard du château de Chinon, il aurait appartenu aux parents de François Rabelais. C’est dire l’ancienneté du vignoble sur ces coteaux. Baptiste Couly, arrivé de sa Corrèze natale, s’y était établi en 1921 sur cinq hectares du Clos de l’Écho, et trois générations l’ont suivi : René Couly et son épouse Madeleine Dutheil qui ont acquis le gros des vignes actuelles, puis Jacques dans les années 1970, et enfin son fils Arnaud arrivé en 1997. « Les styles varient suivant les générations », explique Arnaud, « Autrefois les vins étaient plus verts, plus austères. J’ai changé le style de la maison pour faire des vins plus floraux, plus fruités, plus minéraux. J’ai abandonné l’élevage en barriques, une vraie révolution chez nous. Aujourd’hui, les vignerons sont plus proches de la vigne et des parcelles et cherchent une meilleure maturité. Et puis à présent on goûte les raisins », sourit-il. « Sur un arbre, on ne cueille pas le fruit vert, mais celui qui est bien mûr ! » Bien mûr ! Bien mûr ! répondit l’écho…

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juin 27

Quiconque a goûté un bon sauvignon néo-zélandais a probablement encore en mémoire ces arômes entêtants et cette étonnante fraîcheur. Il faut voir dans ces caractéristiques la clé du succès récent des vins de cette île du bout du monde, quasiment inconnue sur la carte viticole il y a un peu plus d’une vingtaine d’années.

Les producteurs locaux ont longuement tâtonné avant de trouver la formule gagnante, à savoir un encépagement et des techniques viticoles adaptés au climat local avec, à la clé, des vins à la fois exubérants et toniques, qui les situe un peu à part dans la production du Nouveau Monde.

Très peu planté en Nouvelle-Zélande avant les années 1990, le sauvignon est aujourd’hui, et de loin, le cépage le plus prisé, couvrant 50 % du vignoble et plus de 14 000 ha de vignes. Il est cultivé dans toutes les régions viticoles du pays, avec une nette prédilection pour l’île du Sud. Celles-ci ont en commun un climat de type continental et ensoleillé, bien adapté aux exigences de ce cépage qui donne ses meilleurs fruits sous des climats frais, à condition de les vendanger suffisamment mûrs.

Marlborough, la plus grande région de production du pays, est son fief le plus célèbre, mais le sauvignon est aussi le cépage blanc dominant des régions de Wairarapa, Nelson ou Canterbury. L’élaboration des vins vise à exalter toutes les qualités de fraîcheur du raisin, depuis des vinifications à basse température en cuve inox jusqu’à l’utilisation de capsules à vis qui préservent la pureté des arômes. Très largement exporté, le sauvignon est devenu en une quinzaine d’années l’archétype du vin blanc néo-zélandais, vif et aux parfums inimitables.

L’œil
Le vin issu de sauvignon se présente dans une robe pâle aux reflets verts.

Le nez
Très intense et frais, il décline des parfums d’agrumes (pamplemousse, citron) et de fruits exotiques (fruit de la Passion, kiwi), complétés de notes végétales (gazon humide, poivron, buis…) qui peuvent devenir envahissantes dans le cas des sauvignons vendangés trop tôt.

La bouche
Vive et parfumée, avec ces mêmes saveurs fruitées et végétales exubérantes, elle offre aussi du volume et de la rondeur. Élevés en cuves, ces vins sont destinés à être bus jeunes, sur leur fruit.

Couleur
Blanc

Superficie
14 000 ha

Potentiel de garde
1 à 5 ans

Température de service
10-11 °C

Mets et vins
Apéritif, crustacés, fruits de mer, poisson, terrine de poisson, fromage (chèvre sec, pâte dure).



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


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juin 17

De loin le cépage le plus largement planté d’Australie, la shiraz n’est autre que la syrah en France. Cette variété, originaire de la vallée du Rhône, avait toute une série de synonymes au XIXe siècle, à l’époque où des pieds de vignes ont été transportés en Australie. L’un d’eux était la « scyra », devenu par mutation phonétique « shiraz ».

Les différents climats australiens conviennent très bien à ce cépage tolérant, hormis les régions les plus fraîches comme la Tasmanie. Utilisée seule ou en assemblage avec le cabernet-sauvignon ou d’autres variétés (comme le grenache et le mourvèdre), la shiraz produit ici des vins de tous niveaux, dont bon nombre parmi les plus recherchés et donc les plus chers.

Si les traits des shiraz australiens varient beaucoup, notamment en fonction de l’âge des vignes et de la situation géographique, il y a un style caractéristique qui a rendu ce vin populaire auprès de nombreux consommateurs dans le monde. Ayant pour berceau la vallée de Barossa, les shiraz de cette partie de l’Australie-Méridionale offrent en général un fruité expressif et une texture riche et généreuse, soutenus par des tanins bien présents. S’il existe des versions plus faciles d’accès, d’autres, plus ambitieuses, sont de grands vins d’une incroyable gourmandise.

Et quelques excès en matière de surmaturité, d’extraction ou de boisé ne doivent pas masquer la qualité de l’ensemble des vins, largement imités dans d’autres parties du monde. Ce style chaleureux et très puissant n’est pas la seule référence pour la shiraz en Australie. Nés sous le climat océanique de Margaret River, à l’extrême ouest du pays, ou dans les régions intérieures de l’État de Victoria, par exemple, les vins offrent d’autres caractères qui les rendent plus proches de ceux que l’on trouve dans la partie septentrionale de la vallée du Rhône.


CARACTÈRE DES VINS ROUGES

L’œil
La robe est souvent très sombre, parfois violacée et intense pour les vins de garde.

Le nez
Il se caractérise par des arômes de fruits noirs et rouges, frais ou confiturés, d’eucalyptus et parfois de poivre pour les vins issus des climats les plus frais.

La bouche
D’une séduction souvent immédiate, elle dévoile un fruité très mûr et très expressif. Si la densité des vins est maîtrisée, ceux-ci offrent alors une texture d’une grande finesse. Les tanins sont généralement bien intégrés, rarement austères et ne masquant pas le fruit. Les meilleurs vins vieillissent très bien, et leur longueur peut être impressionnante.


Couleurs
Rouge, Rosé

Superficie
45 300 ha

Potentiel de garde
1 à 30 ans

Température de service
16-18 °C

Mets et vins
Viandes rouges (agneau) rôties, volailles, gibiers, plats en sauce.



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


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juin 10

Peu connu en dehors de la région bordelaise, où il est employé notamment dans les liquoreux, le sémillon a trouvé une terre d’accueil en Australie, où il est le troisième cépage blanc le plus planté, derrière le chardonnay et le sauvignon.

Son expression varie en fonction du climat. Dans la Hunter Valley, au nord de Sydney, il a fallu composer avec un climat chaud et humide peu adapté : vendanges précoces, peu ou pas d’élevage sous bois et un long vieillissement en bouteille (cinq ans de préférence). Cela donne l’un des vins blancs secs (parfois doux) les plus admirables d’Australie. On en trouve également en Australie-Méridionale, dans un style plus puissant, et en Australie-Occidentale où, souvent assemblé avec le sauvignon, il donne des vins assez vifs.


CARACTÈRE DES VINS SECS DE LA HUNTER VALLEY


L’œil
Évoluant lentement en bouteille, la robe est rarement très soutenue.

Le nez
Jeune, le nez évoque les fruits blancs, avec un accent parfois végétal. Avec le temps se développe un magnifique bouquet à la fois minéral, vif voire pointu, miellé et finement oxydé.

La bouche
Le vieillissement en bouteille confère à ces vins parfois fabuleux une texture soyeuse, soutenue par une grande vivacité naturelle qui donne beaucoup de relief à de longues, complexes et inimitables saveurs miellées.

Couleur
Blanc

Superficie
6 700 ha

Potentiel de garde
1 à 20 ans

Température de service
10-12 °C

Mets et vins (blancs secs)
Poisson (crème, curry…), volaille, viandes blanches à la crème, fromages à pâte molle.



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


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juin 03

Ce vieux cépage bordelais, de la famille des cabernets, a presque disparu dans sa région d’origine mais a trouvé refuge au Chili où il a d’abord été confondu avec le merlot avant d’être identifié en 1994 par deux scientifiques français. Fiers de cette variété « autochtone », les Chiliens l’ont depuis massivement plantée dans la Vallée centrale. Assez capricieux et tardif, ce cépage se plaît davantage dans les vallées chaudes de Colchagua, Curicó et Maule qu’à Bordeaux. De plus en plus vinifié seul, il est aussi assemblé avec d’autres variétés bordelaises, comme dans le Clos Apalta (Casa Lapostolle), une des cuvées phares du Chili.

L’œil
La carménère donne des robes intenses et profondes, violacées, allant jusqu’au noir.

Le nez
Riche en arômes de fruits noirs (mûre, cassis…) et rouges (cerise, confiture de fraises…), d’épices, de réglisse, parfois de menthol, la carménère exprime souvent des notes de poivron, parfois de sous-bois, de terre humide ou de champignon.

La bouche
La carménère produit au Chili des vins plutôt faciles d’accès, suaves et généreux en saveurs fruitées, épicées et végétales ; les tanins sont souvent lisses et peu marqués. Assez bien équilibrés, sans mollesse, les meilleurs séduisent par leur texture charnue et leur fruité. Assemblée avec du cabernet-sauvignon, la carménère peut donner des vins plus denses et structurés, capables de vieillir quelques années. À l’inverse, lorsqu’ils sont issus de récoltes trop précoces ou de rendements excessifs, les vins de carménère manquent de charme et possèdent de forts accents végétaux.

Couleur
Rouge

Superficie
7 300 ha

Potentiel de garde
1 à 10 ans

Température de service
16 °C


Mets et vins
Viandes rouges rôties ou grillées, petit gibier, volailles, charcuterie.



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


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mai 26

Originaire du Sud-Ouest français où il domine à Cahors, le cépage malbec n’a pas connu la carrière internationale du cabernet-sauvignon ou du merlot, sauf en Argentine où il est devenu en peu de temps le cépage rouge le plus planté, donnant le vin le plus connu du pays. Un agronome français, Michel Aimé Pouget, aurait introduit les premiers plants de malbec au milieu du XIXe siècle, mais il a fallu attendre les années 1990 pour voir l’Argentine produire ses premiers vins de qualité, en particulier ces malbecs puissants et suaves.

Avec plus de 26 000 ha, l’Argentine possède près des trois quarts des surfaces plantées en malbec dans le monde. Si le cépage est cultivé dans toutes les régions viticoles du pays, de Salta au nord au Rio Negro au sud, c’est à Mendoza, au pied des Andes, que se concentrent l’essentiel de ses plantations. L’altitude (500 à 1 700 m) et l’ensoleillement qui caractérisent cette vaste région confèrent aux malbecs locaux un visage très différent de celui de ses cousins de Cahors, plus austères et plus longs à s’arrondir, car plus tanniques et plus acides. D’un point de vue physiologique, le malbec argentin possède des grappes et des baies plus petites, probablement par le jeu des sélections opérées par les viticulteurs locaux depuis son implantation, ou par adaptation climatique. Il donne des vins mûrs, riches, capiteux, nettement plus souples que les cahors.

Généralement vinifié seul, le malbec est parfois assemblé à d’autres variétés comme le cabernet-sauvignon, la syrah, le merlot ou le tempranillo. Sa richesse et sa structure le destinent le plus souvent à un élevage en barrique. Ces caractéristiques permettent aux meilleurs malbecs de bien vieillir, mais la plupart sont plaisants dès leur jeunesse.

L’œil
La robe des malbecs est sombre, d’un rouge violacé.

Le nez
Intense, le nez est marqué par la grande maturité des raisins, avec des notes de fruits très mûrs, dans la gamme des fruits noirs, des fruits cuits ou en confiture (prune, cerise noire, fruits rouges…). S’y ajoutent des arômes floraux, épicés, réglissés, des touches boisées et torréfiées liées à l’élevage des vins. On décèle parfois des évocations de terre humide, de végétal, puis, avec le temps, de tabac.

La bouche
Puissants, les malbecs argentins déploient un fruité mûr et riche dans une texture capiteuse. Ils affichent un degré d’alcool généreux et une structure plus ou moins corsée, avec des tanins épicés bien présents mais souvent arrondis, rarement anguleux. Les bons malbecs séduisent par ce fruité épicé et suave, parfois un peu moelleux, et par leur structure ample qui ne manque pas d’élégance chez les meilleurs producteurs. Ceux-là peuvent vieillir une bonne décennie.

Couleur
Rouge

Superficie
26 000 ha

Potentiel de garde
1 à 15 ans

Température de service
16 °C

Mets et vins
Viandes rouges et gibier grillés, rôtis ou en sauce.



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


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mai 17

Deuxième région de production après Niagara, la vallée d’Okanagan, en Colombie-Britannique, se situe à environ 300km à l’est de Vancouver, derrière la chaîne des Cascades qui isole la région côtière du reste de l’État. Une partie de cette longue vallée est semi-désertique, protégée des vents humides par la chaîne de montagnes et des excès du froid hivernal par le lac Okanagan. La production locale est assez variée, mais on retiendra surtout les vins blancs doux et les rouges issus d’assemblages bordelais.

CARACTÈRE DES ASSEMBLAGES BORDELAIS
L’œil
Il prend généralement des tons rubis intense.

Le nez
Les fruits noirs et rouges sont accompagnés d’accents végétaux, épicés ou boisés.

La bouche
Elle se révèle souvent tonique et bien structurée par des tanins fermes. Plus élégants que puissants, la plupart des vins proviennent de vignes jeunes. Les merlots donnent des vins tendres et fruités, ceux issus de cabernet-sauvignon des vins plus fermes. Les plus belles cuvées offrent puissance et plénitude.

Couleurs
Rouge, Rosé, Blanc

Cépages
Rouges : merlot, cabernet-sauvignon, cabernet franc…
Blancs : chardonnay, sauvignon, gewurztraminer, riesling…

Superficie
1 500 ha

Potentiel de garde (rouges)
1-10 ans

Température de service (rouges)
17 °C

Mets et vins (rouges)
Grillades, charcuterie, canard, volailles rôties, rôti de bœuf.



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


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