Le blog de la rédaction
oct 13

Amateurs de vins, vous aimeriez de temps à autre sortir des sentiers battus, quitter la France et explorer des saveurs nouvelles ? Le livre récemment paru de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel est fait pour vous…


100 vins du monde à connaître dresse non un panorama exhaustif – l’offre mondiale est immense et mouvante – mais une sélection des productions les plus emblématiques, les incontournables qu’il faut avoir goûtés une fois dans sa vie.


La disponibilité internationale et la renommée des vins ont guidé le choix des auteurs, les chevronnés David Cobbold, formateur, journaliste spécialisé et chroniqueur radio (BFM Radio) et télévision (Wine TV aux États-Unis), et Sébastien Durand-Viel, historien de formation, qui a fait du vin sa spécialité depuis plus de dix ans et auteur de nombreux livres sur le sujet.


Ainsi trouve-t-on dans les 192 pages de ce livre à la fois des vins d’élite et d’autres plus populaires, des vins réputés depuis des siècles et d’autres inconnus il y a encore vingt ans, mais tous aujourd’hui emblématiques de leur pays. Le Constantia d’Afrique du Sud et le Sassicaia toscan côtoient le Lambrusco et le Résina, le tokay hongrois voisine avec la shiraz australienne, les rieslings allemands de la Nahe avec le Vinho Verde portugais, les vins rouges du Liban avec le cabernet-sauvignon des Etats-Unis, ou encore le grand vin rouge espagnol de la Ribera del Duero avec le chardonnay néo-zélandais.


L’organisation est limpide : un classement par continent, pays, régions et appellations – ou par cépages, dans le Nouveau Monde notamment (malbec d’Argentine, chardonnay d’Australie, carménère du Chili…), où les vins sont le plus souvent désignés par le nom de cépage. Puis pour chaque vin est dressé un portrait-robot complet : éléments historiques et géographiques, cépages et caractéristiques gustatives (œil, nez, bouche). Et les conseils pratiques sont multiples : potentiel de garde, température de service, nature des sols, accords avec les mets et liste des bons producteurs. Enfin, des cartes des vignobles apportent un nécessaire complément d’information.


Clarté, simplicité, précision : tout ce qui a fait (et fait toujours) le succès du Dictionnaire des vins de France est réuni dans ce nouvel opus de la collection des Livrets du Vin. Vins français, vins étrangers, la gamme est complète.

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sept 28

La vallée de Sonoma, particulièrement étendue, se prolonge au nord jusqu’après Healdsburg ; mais si l’on veut avoir une chance de découvrir Napa Valley, mieux vaut couper vers l’est juste avant Santa Rosa en direction de Calistoga, qui marque l’entrée nord du plus célèbre des vignobles californiens.


Ici encore, laissons la parole aux spécialistes : « La Napa Valley symbolise la réussite contemporaine des vins des États-Unis. Son image est sans rapport avec son étendue relativement modeste (4 % seulement de la production californienne), car elle concentre bon nombre des noms les plus prestigieux. » (Extrait de l’ouvrage 100 vins du monde à connaître paru chez Hachette.) De fait, les domaines qui ont fait la renommée des vins californiens sont tous là : Mondavi, Stag’s Leap, Château Montelena, Hess, Clos du Val, etc. C’est également ici que de nombreuses grandes maisons champenoises ont décidé de poser leur valises, comme Moët & Chandon, Mumm ou encore Taittinger.


À Calistoga, on ne ressent pas encore le parfum de la célébrité. La ville, modeste mais agréable, est surtout connue pour ses eaux thermales et ses bains de boue ! Le soir au restaurant, une serveuse nous conseille non seulement pour le repas mais aussi pour les visites du lendemain. Elle connaît le « jugement de Paris » (certes plus publicisé ici qu’en France…) et recommande d’aller au Château Montelena, dont le chardonnay arriva devant les grands bourgognes blancs lors de la fameuse dégustation de 1976. Devant notre peu d’enthousiasme, elle hasarde une autre suggestion : la Summers Winery, qui s’est fait une spécialité du charbono.


Le charbono ? Un cépage oublié, la « douce noire » ou « corbeau », autrefois cultivé en treillages en Savoie associé au persan et à la mondeuse (d’après Pierre Galet, in Dictionnaire encyclopédique des cépages). Une variété que l’on ne trouve plus guère qu’en Italie (sous le nom de dolcetto), en Argentine et, donc, en Californie. Va pour le charbono…


Après un détour pour voir le Old Faithful Geyser (activité thermale oblige), arrivée à la Villa Andriana (autre nom de la winery de la famille Summers). Heureuse surprise : pas un visiteur ; visiblement, les touristes sont trop occupés à se masser dans les célèbres caves. La dégustation coûte 10 $ pour 6 vins (on aura même en prime un coup de cabernet rosé), un prix raisonnable pour la région, mais surtout un forfait déduit du montant total si on achète des bouteilles ! Une formule plutôt intelligente, qui permet de déguster sans « pression ».


Au menu : chardonnay, charbono, zinfandel, merlot, cabernet-sauvignon, assemblage bordelais (une remarque en passant : si les monocépages sont volontiers mis en avant aux États-Unis, les « assemblages » constituent souvent le haut de gamme d’une production…). Globalement, une dégustation plutôt agréable. Les vins évitent la surmaturité qui semble caractériser le gros de la production locale et affichent une belle fraîcheur. Le charbono ? Un joli fruit frais, de l’acidité sans excès, une chair douce quoique légèrement amère en finale. Pour le déguster, le vigneron conseille de croquer dans une tomate cerise, afin de jouer l’alliance des acidités. De même pour le merlot fournira-t-il quelques grains de chocolat noir, et pour le cabernet de chocolat blanc.


On repart plutôt content, avec deux bouteilles de charbono (le nombre est limité !) à faire goûter en France au retour (accompagné de charcuteries de montagne plutôt que d’une salade de tomates !). On file alors vers les grands noms de la vallée, qui ne parviendront pourtant que difficilement à retenir notre attention : trop gros, trop clinquants, trop chers. Chez Mondavi, dont on peut par ailleurs saluer l’élégance du bâtiment, sorte d’hacienda aux pelouses impeccables saupoudrées de sculptures modernes, la dégustation coûte 20 $ pour… 3 vins ! Trop, c’est trop, on rentre à San Francisco…

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sept 20

Mais quelles mouches ont donc piqué les Anglo-Saxons ? Non contents de gagner des parts de marché à l’export, ils s’emploient à saper les fondamentaux du vin façon “Vieille Europe”, en se cachant derrière le faux-nez de l’écologie. Faut-il en rire ou en pleurer ?

L’an dernier, le chroniqueur britannique Tim Atkin remettait en cause dans The Observer (blog du 26 janvier) la bouteille en verre et la mise à la propriété, prônant le vin en vrac, tellement plus “vert”!

C’est au tour du très respectable magazine Decanter d’apporter sa “contribution” au débat en donnant la parole à la célèbre productrice australienne Vanya Cullen (www.decanter.com). Sa thèse : il faut éradiquer le bouchon liège, “inacceptable”, et lui préférer dans tous les cas et pour tous les vins la capsule à vis. La raison ? Le liège serait anti-écologique et irait à l’encontre de la biodynamie (mode de culture choisi par Cullen).

Après une telle charge, on attend avec impatience les arguments scientifiques étayant cette thèse. On attendra en vain, car la raison (pour ne pas dire le raisonnement, tant le fil de la pensée est ici ténu) est tout autre : le liège est à l’origine de phénomènes d’oxydation et de goûts de bouchon, et ces défauts potentiels entachent le travail du producteur et ruinent tous les efforts qu’il a pu faire par ailleurs pour préserver l’environnement.

On en rirait si ce n’était écrit noir sur blanc dans un magazine lu à travers toute la planète vin. Faut-il rappeler que ce sont précisément les phénomènes d’oxydation ménagée qui permettent aux vins de vieillir sereinement ? Que le problème des goûts de bouchon a été très largement pris en charge ces dernières années par les professionnels et considérablement réduit ? Que la contamination aux TCA ne tient pas uniquement au liège (elle concerne plus généralement les chais) et qu’elle peut donc frapper des vins bouchés en capsules à vis ?

La capsule à vis est un mode de bouchage intéressant et dont on ne peut que saluer le développement dans le monde, en ce qu’il participe à une certaine démocratisation du vin (facilité d’ouverture et donc de consommation). La biodynamie est un mode de culture passionnant adopté par de nombreux producteurs de renom dans le monde. Ces deux tendances profondes méritent mieux que de servir d’argumentaires frelatés pour des plaidoyers pro domo et d’aliments à une basse polémique teintée de mauvaise foi.

Au bout du compte, au-delà des propos somme toute risibles de Mme Cullen, la vraie question qui demeure – posée d’ailleurs par plus d’un internaute de l’Ancien Monde et du Nouveau – c’est : « Mais que diable Decanter allait-il faire dans cette galère ? »

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sept 07

Une visite chez Benzinger, c’est la vraie expérience du tourisme viticole organisé à l’américaine : la navette tirée par un tracteur conduit le groupe de touristes à divers endroits du vignoble pour leur expliquer le terroir (rapidement), les cépages (longuement), la vinification et l’élevage, matériel pédagogique à la clé.

Premier arrêt au milieu des vignes, sous une pergola (le soleil tape et il ne s’agirait pas de faire attraper une insolation aux visiteurs !), pour un petit topo sur le terroir et les cépages. Notre guide est lui-même un salarié du domaine, autant dire qu’il connaît son affaire. L’explication du terroir (un ancien volcan) se fait avec l’aide d’un modèle réduit animé de la montagne en face de nous, qui s’ouvre pour montrer une coupe du terrain ! Le discours est simple : la roche volcanique contient des minéraux qui contribuent au goût des vins. Un peu expéditif mais sans doute limpide pour un public de néophytes… Intéressant également, le vocabulaire utilisé : notre guide explique qu’en France on appelle cela le « terroir », ce qu’il traduit par a sense of place, « une idée du lieu ». Plus qu’une traduction, un véritable changement de paradigme !

La case « terroir » étant cochée, place ensuite aux cépages. La ligne directrice est claire : les arômes des vins dépendent du cépage utilisé et de l’état de maturité de celui-ci. Par la conduite de la vigne, le viticulteur peut « régler » la maturité et par conséquent « déplacer le curseur » des arômes vers plus ou moins de fruit, des fruits plus ou moins rouges, noirs ou confiturés, etc. Les différentes parcelles sont elles-mêmes désignées comme des flavor blocks, des « blocs d’arômes » !

Et c’est un fait : dans tout notre périple à travers la Californie vineuse, nous n’entendrons quasiment jamais parler de structure des vins, d’équilibre, de fraîcheur, etc. Tout n’est qu’arômes, arômes et encore arômes… A tel point qu’une Américaine de notre groupe de visite finit par demander comment on introduit ces arômes dans le vin !

Après un tour de petit train, deuxième arrêt dans le vignoble sous les arbres (de l’ombre bienvenue, encore) pour expliquer la biodynamie.
C’est en effet le mode de viticulture pratiqué ici. Le guide, toujours très pro, déroule le discours sur l’importance des écosystèmes, du respect de la nature, du travail pour les générations futures etc. Rien à redire, c’est clair et complet, on a même droit à la corne de bœuf remplie de tisane de plantes ; pas un mot en revanche sur la prise en compte des phases lunaires dans les travaux viticoles, mais le guide avouera en aparté que c’est plus compliqué à expliquer et moins marquant que les cornes de bœuf.


Dernière destination avant la dégustation, le chai, pour parler du travail de vinification et d’élevage. La volonté des Benzinger est de ne pas utiliser de chêne américain, trop grossier, pour l’élevage mais presque exclusivement du chêne français. De fait, les barriques entassées proviennent de quelques-uns des très bons tonneliers de notre pays. Seule petit bémol à apporter aux explications fournies, la comparaison faite par le guide entre une barrique et un sachet de thé : au bout de plusieurs utilisations, on doit renouveler les fûts car ceux-ci ne sont plus à même de conférer des arômes (encore eux !) aux vins qu’ils contiennent ! Tant pis pour l’apport de l’élevage à la structure des vins…

Pour bien terminer la visite, dégustation de deux cuvées : un chardonnay 2008 très loyal et correct, et — divine surprise — un rouge 2006 non pas monocépage mais d’assemblage (58 % cabernet-sauvignon, 17 % merlot, 14 % cabernet franc et 11 % petit verdot : une diversité qui n’a rien à envier à certains crus médocains…). Un peu caricatural, assez boisé, mais pas désagréable.

Bilan des courses ? Une visite hyper pro, riche et détaillée, qui permet à de parfaits amateurs de se faire une première idée du vin et de son élaboration. Alors bien sûr, certaines explications peuvent faire grincer des dents les Européens de vieille tradition viticole que nous sommes. Mais au final, combien de visiteurs ressortent d’un domaine en France en en ayant appris autant ?

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sept 02

De retour de Californie, voici quelques impressions sur les vignobles et les vins, sans prétention encyclopédique aucune : plutôt un regard sur la manière dont on considère et dont on parle du vin là-bas. Première destination : Sonoma Valley.


Pour situer la région en quelques mots, laissons la parole aux spécialistes : « La région de Sonoma, au nord de San Francisco, est bien plus étendue que sa voisine Napa, séparée d’elle par les monts Mayacamas. On y produit du vin depuis plus longtemps mais paradoxalement, la Napa reste plus prestigieuse. […] Alors que l’image de la Napa reste associée à ses grands vins de cabernet-sauvignon, Sonoma offre une plus large diversité, tirant notamment parti des zinfandel, pinot noir et chardonnay. » (extrait de l’ouvrage 100 vins du monde à connaître paru en septembre chez Hachette). Si l’on voulait caricaturer, on dirait que Sonoma est plus paysanne et Napa plus huppée.


Venant de San Francisco par le Marin County (d’où, soit dit en passant, on peut observer la migration des baleines), on prend la route de Petaluna pour attaquer la Sonoma Valley par la face sud. Dès Petaluna, les premières vignes apparaissent : grandes, conduites très hautes ; de loin, on hésiterait presque. Des arbres fruitiers ? De plus près, les grappes pendantes, encore vertes (nous sommes début août, les premiers signes de véraison n’apparaîtront que dans la Napa Valley) dissipent rapidement le doute.


Arrivée dans la ville de Sonoma en fin d’après-midi. Tout au long du pourtant court trajet en voiture effectué dans la vallée (Sonoma se situe tout au sud), les sollicitations pour venir visiter les domaines et déguster sont déjà innombrables. C’est simple : ici, tout respire le vin. Cette impression se confirmera le soir même : tous les établissements de la ville, du simple diner à l’endroit le plus chic en passant par le restaurant mexicain, affichent une carte des vins d’une longueur impressionnante, avec un nombre substantiel de références servies au verre. La (bonne) surprise ne s’arrête pas là : le personnel de service, très pro comme partout aux États-Unis (pourboire oblige…), est à même de vous conseiller. La serveuse n’hésite pas à afficher ses préférences pour vous orienter vers un vin qu’elle se propose en plus de vous faire goûter ! Les conseils valent ce qu’ils valent, mais au moins personne n’est pris en défaut de compétence ou d’intérêt.


Car c’est peut-être le plus surprenant : tout le monde a l’air de vraiment s’intéresser au vin. Il y a évidemment une dynamique d’intérêt bien comprise ; à peine arrivé à l’hôtel, on nous propose ainsi une carte (géographique) du vignoble. Le lendemain matin, cap sur le domaine Benzinger. Pourquoi celui-ci précisément ? Recommandé ici et là, il propose des visites complètes du vignoble avec dégustation, et a de surcroît l’avantage d’être situé sur la route menant au parc d’État Jack London (passionnant mais quasi désert lors de notre visite, à l’inverse des domaines qui sont remplis de touristes…).


Le domaine lui-même est comme masqué de la route par une impressionnante croupe plantée de vignes. On y accède facilement en voiture : parking, aire de pique-nique, billetterie (!), tout est fait pour accueillir le touriste. La visite, payante naturellement (15 $, incluant la dégustation), peut commencer…

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oct 22

Une brève très intéressante sur Vitisphère aujourd’hui : les consommateurs australiens délaisseraient le chardonnay au profit du sauvignon. L’info vient d’une étude menée par les hôtels Mercure (groupe Accor) sur le territoire australien. C’est ainsi, l’Australien ne veut plus de chardonnay (parce que trop boisé) et exige du sauvignon (pour sa fraîcheur). Et revoici la lancinante question : faut-il suivre à la lettre ce que LE consommateur (forcément unique, donc…) demande, ou bien produire ce que la terre (pour ne pas employer le gros mot de terroir) permet ?


Tout d’abord, glissons en souriant sur le fait que le problème du chardonnay viendrait du fait qu’il est trop boisé. Il s’agit bien sûr non d’un problème de cépage, mais d’élevage en fût (qui a dit copeaux ?) absurdement poussé pour plaire au goût du consommateur… d’il y a quelques années ! Parce que sinon, des chardonnays plein de fraîcheur, même élevés en fût, ça fait des lustres qu’on en produit, par exemple à Chablis. Il suffisait de nous demander… Voilà l’illustration parfaite de la célèbre phrase de Cocteau : « la mode, c’est ce qui se démode ». Mais admettons : le consommateur ne veut plus du boisé, donnons-lui du chardonnay frais et fruité. Il suffit de modifier l’élevage du vin.


Là où la question devient problématique, c’est que LE consommateur veut maintenant du sauvignon. Alors, on fait quoi ? On arrache toutes les vignes de vilain chardonnay pour planter du gentil sauvignon ? Nouvelle vignes qui donneront, d’ici quelques années si l’on veut bien au moins laisser à la nature le temps de faire son œuvre, des grappes de sauvignon prêtes à être vendangées et vinifiées… pourvu que le consommateur n’ait pas changé d’avis d’ici-là !


Tout cela, on l’aura compris, n’est pas sérieux. On ne peut courir après le prétendu goût du consommateur, que l’on ne rattrapera jamais. D’autant plus qu’il n’y a pas un goût unique, mais autant de goûts que de consommateurs, et c’est très bien ainsi. La diversité de l’offre en matière de vins est une bénédiction. On ne peut non plus considérer la viticulture comme une activité industrielle. Produisons ce que la terre permet, dans les conditions les plus respectueuses possibles, et ensuite évidemment, essayons de porter au mieux ces produits du terroir à la connaissance et à l’appréciation du consommateur. Elaborer localement des produits qui ont une âme et une histoire… l’idée des AOC ne serait-elle pas en fait diablement moderne ?


Allez, on ne résiste pas au plaisir de citer une dernière fois l’étude d’Accor, sur les vins rouges cette fois : la préférence des Australiens irait à la syrah, avec un intérêt croissant pour les assemblages syrah-viognier. Ça ne vous rappelle rien ? Eh oui, dans notre bonne vieille France, on appelle cela un côte-rôtie. Un vin de grande classe, qui a beaucoup plus à offrir que son simple assemblage. Car si la mode se démode, le style, lui, est intemporel…

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juin 02

La célèbre trilogie chardonnay-cabernet-merlot serait-elle en train de passer de mode en Californie ? C’est l’impression des acteurs du secteur. Le goût de la découverte et de l’imprévu est dans l’air du temps. Et en conséquence, de nouveaux cépages augmentent leur superficie dans les vignobles.

Certes, les trois grands trustent encore la moitié des surfaces, et le zinfandel « local » un autre dizième, mais les riesling, gewurztraminer, viognier, sangiovese, tempranillo, les pinots gris et noir, la syrah voire le malbec se répandent. Selon le Wine Institute, les œnologues se montrent plus curieux et élaborent des assemblages associant les cépages usuels à des variétés moins répandues. Les restaurateurs encouragent cette démarche, proposant sur leurs cartes des vins moins conventionnels pour étonner les clients et éviter la lassitude.

Pour Karen Ross, présidente de l’Association californienne des producteurs de raisin de cuve, cette nouvelle tendance s’explique par une raison essentielle : « L’expertise des vignerons sur l’adéquation entre cépages et terroirs a progressé, entraînant un choix de variétés plus étendu. » Ainsi dans la Napa Valley, des vignerons ont abandonné le sangiovese qui ne s’y plaît pas, et le malbec originaire de Cahors se fait une place grandissante, suivant le succès des malbec argentins. Près de 600 hectares en ont été plantés ces dernières années à San Joaquin, Sacramento, Sonoma et Napa. Le pionnier du cru, Dave Guffy, élabore des cuvées 100 % malbec dans ses vignes du Mount Veeder. « Il y a quelque chose dans cette montagne que le malbec apprécie », dit-il.


En savoir plus :

http://www.wineinstitute.org/resources/pressroom/03312009

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