Le blog de la rédaction
sept 21

Grappe d’argent du Guide Hachette des Vins 2011 pour son alsace grand cru Zinnkoepflé cuvée Marie, gewurztraminer 2008


La Vallée Noble est son pays et le Zinnkoepflé sa petite patrie. À une vingtaine de kilomètres au sud de Colmar, les vignes du domaine Haag descendent des coteaux escarpés au-dessus du clocher de Soultzmatt. Si cette étroite vallée refermée comme un écrin est dite Noble, c’est par une coquetterie anciens clercs qui signaient leurs missives à l’évêque de Strasbourg d’un « vicarius in vallis prae nobilis ». Sept châteaux forts la gardaient autrefois, dont un seul a subsisté. La douce vallée a gardé sa noblesse, l’abolition des privilèges un 4 août n’y a rien fait. Le Zinnkoepflé, l’un des 51 grands crus d’Alsace se trouve là, haut perché, sur le « toit » du vignoble alsacien (à 420 mètres d’altitude), et Jean-Marie Haag le classe sans fausse modestie dans les cinq meilleurs. Noblesse oblige.


L’édition 2010 du Guide Hachette a distingué la cuvée Marie du Domaine Haag et ses dégustateurs ont apprécié « une robe or, où l’on goûte toutes les nuances du gewurztraminer en surmaturation (litchi, fruits jaunes confits, épices) et une bouche puissante et riche », qui valaient bien la Grappe d’argent. Cette cuvée Marie est un vin d’apéritif par excellence. Elle accompagnera aussi avec élégance des saveurs raffinées, comme le foie gras poêlé aux raisins, des mets aux épices et au miel tels que les tajines et les spécialités asiatiques, des fromages hauts en goût comme le munster ou le roquefort, ou encore une tarte feuilletée aux pommes ou une tarte Tatin. Un grand vin de gastronomie.


Son coup de cœur, Jean-Marie Haag l’explique par un précieux terroir et son cépage d’élection. Sa parcelle du Zinnkoepflé (1,35 hectare sur les 6 de son domaine) reflète toutes les vertus des profondeurs et du ciel de ce grand cru. Une pente rude (40 % d’inclinaison), une terre composée de calcaires gréseux coquilliers où s’incrustent de nombreux fossiles, des étoiles et des lys de mer en particulier. Et un microclimat rêvé : Zinnkoepflé signifie « la tête au soleil » (Zinn et Kopf) dans le dialecte alsacien. Le coteau est orienté au sud et sud-sud-est et reçoit d’avril à septembre, durant la pousse des vignes, 1750 heures d’ensoleillement, autant qu’à Bordeaux. Protégé par les plus hauts sommets des Vosges qui constituent une barrière contre les pluies, le vignoble bénéficie de conditions particulièrement chaudes et sèches. Sur la lande des hauts de Soultzmatt, on trouve des orchidées, des anémones rares, et des amandiers… des plantes méditerranéennes ! « Autour de la Saint-Jean, on entend même les cigales chanter ! » affirme Jean-Marie Haag. On est à la pointe méridionale de l’Alsace, dans une zone classée Natura 2000.


Le gewurztraminer s’y sent bien. Il recouvre 60 % de l’encépagement du Zinnkoepflé. La vallée Noble, à l’abri des vents d’ouest dominants, offre un milieu propice à la surmaturation des grains ; c’est d’ici d’ailleurs que provient une bonne partie des « vendanges tardives » et « sélection de grains nobles » alsaciens. « Le plus important est de vendanger à maturité phénolique, explique Jean-Marie Haag. On goûte les raisins, on voit si les pépins sont bien mûrs, et alors on vendange la parcelle ». Ensuite on pratique un pressurage très doux: « il faut y faire comme avec les enfants, dit-il, ne pas les bousculer ». Ensuite vient l’élevage sur lies fines et le bâtonnage. Le vigneron d’ajouter, après une dégustation, « le gewurztraminer est un flacon de parfums ».


Le domaine Haag est une longue histoire de famille, commencée avec le grand-père Eugène, dans les années 1930. Ce dernier travaillait en semaine au fond des mines de potasse – exploitées au nord de Mulhouse jusqu’à une date récente – et, le dimanche, cultivait son lopin de légumes et de vignes. Quand son fils Armand prit sa succession, il ne garda que la vigne, racheta quelques parcelles voisines et mit son vin en bouteille. Jean-Marie a continué. Après des études au lycée agricole de Rouffach, il a effectué sa première vinification en 1982.


Quatre des frères d’Armand avaient choisi une autre voie que lui, celle de Dieu. L’un est moine trappiste, deux autres chez les Oblats de Lyon, et le dernier curé de Kingersheim. C’est ainsi qu’une part des vins du domaine Haag est destinée à une congrégation hollandaise qui fait le commerce des vins. 30 % de la production sont exportés, en Europe et vers des destinations lointaines : Etats Unis, Hong Kong et bientôt le Brésil.



La cuvée Zinnkoepflé gewurtraminer a été baptisée Marie, comme Jean-Marie et Myriam son épouse (Marie en hébreu). « Notre vin est un duo », dit-il. Les deux enfants, Marion et Théo, eux, sont les parrains des cuvées grand cru issues de riesling et de pinot noir. Seront-ils vignerons ? « Pour l’instant, ils font leurs études, après on verra… » dit leur père.


Voir aussi

- Les sélections en alsace grand cru Zinnkoepflé du Guide Hachette des Vins (éditions 2008, 2009 et 2010)
- Les Grappes du Guide Hachette des Vins 2011
- L’Alsace viticole


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sept 02

Ce mercredi 1er septembre, le Guide Hachette des Vins a fêté son édition 2011 au Pavillon Dauphine, sous le parrainage de l’acteur François Cluzet.


Découvrez les images de la soirée :


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avr 27

Passionné par les vieilles voitures, adepte du ski de vitesse mais aussi chanteur autodidacte, Xavier Anglès est également un talentueux vigneron. Il élabore de superbes cuvées de côtes-du-rhône et de vacqueyras. Rencontre avec un passionné qui vit à cent à l’heure.


Si vous trouverez la plupart du temps Xavier Anglès sur son domaine du Bois de Saint-Jean à Jonquerettes (Vaucluse), vous pourrez aussi le croiser dans un salon professionnel comme Vinisud ou Vinexpo. Jusque là, rien de plus normal pour ce vigneron qui exploite avec son frère Vincent une cinquantaine d’hectares de côtes-du-rhône, côtes-du-rhône-villages et vacqueyras.


Mais durant l’hiver, il est fort probable que vous l’aperceviez sur les pistes de ski de vitesse, en particulier lors du championnat du monde de KL (kilomètre lancé) où, moulé dans sa combinaison rouge aux couleurs des Côtes du Rhône, il dévale la pente à plus de 200 km/h ! « Je pratique le KL depuis 1996. Je n’arrivais plus à assouvir ma passion pour la vitesse sur les pistes balisées. » Autres détails, il a fait quatre fois l’ascension du Mont Blanc, et l’armée dans les parachutistes.


Mais il peut aussi arriver que vous le surpreniez les mains dans le cambouis. Pas le cambouis du moteur de son tracteur… non, plutôt celui d’une vieille moto ou mieux, d’une Bugatti 1921, sa passion. « Les Bugatti me rendent fou, elles me mettent en transe », confesse-t-il.


Enfin, plus surprenant encore, Xavier pousse la chansonnette depuis l’âge de 15 ans et a contribué à la création de nombreux spectacles musicaux régionaux. « Il chante tout le temps, confirme sa compagne, Lorine. De la variété française mais aussi des opérettes, du Luis Mariano, des grands classiques. » Il a même participé en tant que choriste à une tournée de Jacques Higelin en 1992. Il aimerait désormais prendre des cours de chant lyrique mais regrette toutefois de « manquer de temps pour cela ».

Ces multiples passions n’empêchent pas Xavier Anglès d’élaborer d’excellents vins.


Régulièrement sélectionné, le domaine a ainsi obtenu un coup de cœur dans le Guide Hachette des Vins 2010 pour un côtes-du-rhône blanc 2008 à base de viognier. Son vacqueyras fait désormais référence. Adepte d’un mûrissement optimal du raisin, il élabore des cuvées pleines de rondeur, de chaleur et de fruit. Il a récemment entièrement renouvelé l’habillage de ses bouteilles, non sans malice : Aura Rosa, Mme d’Ust, L’Intrépide (forcément), mais aussi Les Ventsss, en souvenir d’un vin refusé à l’agrément « pour cause d’évent ».


L’année 2010 verra la naissance d’une Cuvée du Centaine, élaborée à partir des vignes plantées par son arrière grand-père en 1910. Propriété de la famille depuis 1650, l’exploitation comptait alors bien quelques ceps mais elle était surtout spécialisée dans la culture des oliviers, de la garance et des platanes mûriers pour l’élevage des vers à soie. « Mon grand-père est mort pendant la Première Guerre mondiale, à seulement 26 ans. C’est ma façon de lui rendre hommage. »


En 2010, Xavier sera aussi papa d’un petit garçon. La relève est assurée : alpiniste ? pilote de course ? musicien ? Allez savoir ce que nous fera le petit Anglès…

Domaine du Bois de Saint-Jean

126 avenue de la République

84450 Jonquerettes

Tél. 04 90 22 53 22

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déc 17
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Alors que débutent les dégustations – à l’aveugle bien sûr – du Guide Hachette des Vins, millésime 2011, découvrez les coulisses d’une séance en images : dégustation des  languedoc, faugères et saint-chinian, à la Maison des vins du Languedoc (Montpellier) pour l’édition du Guide 2010.

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oct 26

DSC_0018Le Guide a décerné cette année sa Grappe de bronze (coup de cœur à moins de 8 €) à Yves Duport, viticulteur du Bugey, pour sa mondeuse Tradition 2006. L’occasion de partir à la rencontre d’une région et d’un cépage méconnus.


La mondeuse, c’est pourtant une vieille connaissance en Bugey, un cépage natif de la Savoie et de ses confins. Avant le phylloxéra, elle régnait sur le Bugey et son vignoble de 7 000 ha. Après les ravages du parasite et la Grande Guerre, il n’en reste plus que 500 ha émiettés, au carrefour de la Savoie, du Jura, et de la Bourgogne, sur les basses pentes du Revermont et les côtes de la rive droite du Rhône. « La mondeuse, c’est une proche cousine de la syrah », précise Yves Duport, « Vienne et la Côte-Rôtie ne sont qu’à une heure d’ici ». Selon les ampélographes, elle proviendrait d’Italie, du Frioul et de la Vénétie où on la nomme refosco. En Savoie et en Bugey, les vins blancs de roussette (ou altesse) ont pris aujourd’hui le dessus sur les rouges de mondeuse.


Yves Duport exploite 8 ha de ce cépage autour du village de Groslée ainsi qu’une parcelle de roussette à Montagnieu. Une propriété dans sa famille depuis quatre générations, qu’il a reprise après ses études au lycée viticole de Mâconpuis sur le campus d’HEC, suivies de travaux pratiques en Bourgogne et en Savoie. Il s’y est installé en 1990. Son épouse Cécile tient les comptes et gère l’administration. L’un de ses fils, Loïc, fait son apprentissage. « Il y a aussi mon père Jean, qui est retraité, mais qui est toujours là pour donner ses conseils », ajoute Yves Duport.


Yves Duport exploite 8 ha de mondeuse autour du village de Groslée ainsi qu’une parcelle de roussette à Montagnieu. Une propriété dans sa famille depuis quatre générations.
Yves Duport exploite 8 ha de mondeuse autour du village de Groslée ainsi qu’une parcelle de roussette à Montagnieu. Une propriété dans sa famille depuis quatre générations.


La mondeuse, il en parle avec affection. Elle fait partie de la famille. Il connaît tout de son caractère, ses qualités et ses défauts, ses caprices et ses faiblesses. « Elle est plus facile que le pinot, moins capricieuse », dit-il, « elle a toujours de la couleur et des tanins, parfois trop d’ailleurs. Comme elle est prolifique, on fait une énorme vendange verte, on fait tomber les raisins en trois fois, la dernière au 15 août. On abandonne parfois jusqu’à 100 hectolitres à l’hectare ». Et il ajoute : « Si on n’est pas méticuleux, on ne peut pas faire une bonne mondeuse. »


Sa favorite se plaît bien sur les terres lourdes et profondes de Groslée. « C’est un terroir arlequin ici, où se mélangent les dépôts d’argile blanc, la silice des moraines glaciaires et les éboulis des montagnes. » Mais pourquoi donc faire des rouges de mondeuse au pays de l’altesse et des blancs ? Un défi ? Le goût du risque et de la différence ? Là, la passion du vigneron s’exprime : « Parce que j’aime faire les rouges. Le rouge, c’est charnel », dit Yves Duport, « d’abord, il faut écouter sa vigne et trier les meilleurs raisins. Puis je passe dix à quinze jours le nez sur la cuve, le temps des macérations. Il faut être délicat et ne pas enlever trop de tanins. Enfin, l’élevage en fût dure entre dix et douze mois. Je veux faire des vins complexes, capables de se garder dix ans. C’est beaucoup de sueur et d’attention. »



Mission accomplie si l’on en croit les dégustateurs du Guide qui accorde à la mondeuse Tradition 2006 « une forte personnalité, avec un nez délicat aux senteurs torréfiées mêlées de fruits rouges, une chair ronde et ample, soutenue par les tanins veloutés du bois ». Que dire de plus élogieux ? La reconnaissance du vignoble du Bugey en AOC est arrivée en mai dernier (« l’AOC, ça rassure »), puis la Grappe de bronze en septembre. « Ça me fait plaisir. J’aime mon métier, je suis à fond dedans. Et le Bugey mérite d’être mieux connu. » Yves Duport est comblé. Brillat-Savarin, le fils du pays, se réjouit sans doute là-haut sur son nuage où il régale les anges.


Voir aussi :
- A la découverte de l’appellation bugey
- La sélection du Guide Hachette des Vins en bugey (éditions 2008, 2009 et 2010)
- Les Grappes du Guide Hachette des Vins 2010
- Quels sont les cépages de la Savoie et du Bugey ?

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oct 20
Portrait C BARROUX
« Faire un vin qu’on ait plaisir à boire et pas seulement à déguster. », explique Caroline Noël-Barroux.

Fronsac, canon-fronsac, les connaisseurs savent que dans ces appellations du Libournais se nichent d’excellentes affaires, de très bons vins à prix encore doux. Rencontre avec une des références de cette région, à l’occasion de la remise de la Grappe d’argent du Guide (coup de cœur deux étoiles), décernée au Château Barrabaque pour son canon-fronsac Prestige 2006.


Barrabaque ? Un « vin de femmes ». Le grand-père ch’ti, brasseur et négociant en vins à Pont-de-la-Deule, près de Lille, voulant posséder sa propre étiquette, avait acquis la propriété en 1936. Sa fille a pris sa suite pendant vingt ans, et Caroline le relais en 2004. « J’ai toujours voulu faire cela », précise-t-elle. « Je n’ai pas hésité longtemps à la disparition de ma mère. » De l’ambition et les moyens de l’ambition, la preuve brillante : licence de chimie à Darmstadt et maîtrise à Bordeaux, puis l’École supérieure d’agriculture à Angers, option viti-œno, avec le grade d’ingénieur, suivie de six années d’apprentissage comme maître de chai dans un cru classé de Saint-Émilion. Une vigneronne à la tête bien pleine, et une mère comblée de trois garçons, parfois débordée. « C’est un peu compliqué au moment des vendanges, pendant deux mois à 7 jours sur 7, à l’époque de la rentrée des classes. » Là, c’est son père qu’elle appelle en renfort pour veiller sur les enfants.


Une histoire de famille, aussi, le vin de Barrabaque. « La constance », dit Caroline Noël-Barroux. Elle suit le sillon. « Je continue ce qui a été fait, il n’y a pas de rupture. J’ai le même ressenti du terroir, la typicité reste la même. Je n’ai rien changé. » Le château est une valeur sûre et consacrée du Fronsadais, avec sept coups de cœur du Guide ces dernières années. « Mais c’est mon premier [coup de cœur obtenu] toute seule, auparavant je les partageais », souligne Caroline. Dans sa pratique, la parcelle est l’unité de mesure. Culture raisonnée, pas de traitement systématique mais un travail adapté à chaque parcelle selon la vigueur et la sensibilité aux maladies de celle-ci. Vendange et vinification parcellaire, « pour recueillir l’essence de chacune », dit-elle. Un élevage à 30 ou 40 % de barriques neuves seulement, selon les années, « pour préserver le fruit du raisin ». Le bois ? Un peu mais point trop, ce n’est pas le style de la maison. « On reviendra bientôt à des vins plus friands. Cette mode du bois passera », pense-t-elle. Le terroir et le fruit avant tout. « Il ne s’agit pas d’appliquer des recettes de cuisine. Je m’adapte en goûtant les cuves. » Toute une démarche résumée dans une formule : « Faire un vin qu’on ait plaisir à boire et pas seulement à déguster. » La cuvée Prestige, réservée à l’appellation canon-fronsac, assemble merlot à 80 % et cabernet franc à 20 %, élevés pendant dix-huit mois.


La cuvée Prestige 2006 du Château Barrabaque, grappe d’argent du Guide Hachette des Vins 2010. Le sixième coup de coeur pour le cru.


Les experts du Guide ont été séduits par le millésime 2006 : « Robe presque noire, très brillante. Bouquet intense de cerise noire, de torréfaction et d’épices. Tanins mûrs et élégants. Longue finale harmonieuse et racée. »
L’éloge rejaillit sur les fronsac et canon-fronsac, mais ces appellations sœurs manquent toujours de reconnaissance et de notoriété, dans l’ombre de leurs prestigieuses voisines pomerol et saint-émilion. « Il est parfois plus difficile de vendre du fronsac que du bordeaux », déplore Caroline Noël-Barroux. Elle se désole aussi du divorce entre fronsac et canon, mais se résigne : « Ma mère a œuvré longtemps à une fusion. Il faut maintenant aller de l’avant et ne pas revenir sur ces vieilles querelles. » Faire apprécier Barrabaque, c’est fait. L’imposer au devant de la scène, c’est sa résolution. Pour commencer, elle développe l’accueil au château, l’ouvre aux visites et aux dégustations et fera portes ouvertes deux fois par an. « Pour nous, c’est important et agréable, ces moments d’échange », dit-elle. Le deuxième souffle de Barrabaque.

Voir aussi :
- La sélection du Guide Hachette des Vins en canon-fronsac (éditions 2008, 2009 et 2010)
- À la découverte de l’appellation canon-fronsac
- Les Grappes du Guide Hachette des Vins 2010
- Quels sont les cépages du Bordelais ?

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oct 15

« Le champagne chez Gosset, c’est d’abord un vin, la bulle vient après  » : Jean-Pierre Mareigner, le chef de cave, est et sera pour toujours fidèle à la règle d’or de sa maison. Une maxime que pourraient adopter de nombreux élaborateurs, sans remonter jusqu’à dom Pérignon. Les dégustateurs, en tout cas, apprécient – à l’aveugle : la Grappe d’or 2010 attribuée au brut Grande Réserve suit une douzaine de coups de cœurs et des sélections ininterrompues depuis 25 ans, l’âge du Guide Hachette des Vins.



Quand en 1994 la famille Cointreau a repris la société, il est resté. « La continuité se révèle payante », dit Jean-Pierre Cointreau, PDG, qui vient d’HEC, de la finance et du luxe. Il s’était fixé la tâche de restaurer les comptes de la maison Gosset et d’accroître son prestige. La production est passée de 500 000 bouteilles à 1,2 million aujourd’hui, dont 65 % vendus à l’export. « Mon objectif reste une croissance très raisonnée, pour garder la qualité », précise-t-il. « La maison travaille ses vins comme une maison de haute couture ».

Jean-Pierre Cointreau, PDG
Jean-Pierre Cointreau, PDG


« Je suis né dans cette maison », ajoute Jean-Pierre Mareigner. Il a passé la moitié de sa vie à Aÿ, vingt-six ans déjà. Avant lui, son père y travaillait. « Le style Gosset, poursuit-il, je le connaissais par cœur avant d’y entrer. Ce style, ce n’est pas moi qui l’ai créé, ni mes prédécesseurs ; il s’est transmis de génération en génération ». De ses jeunes ouvriers, il a connu les grands-pères. Dans les vignes où il s’approvisionne, on livrait à Gosset bien avant qu’il n’arrive. Fidélités. Et Jean-Pierre Mareigner poursuit l’œuvre du temps avec application, humilité.   

Jean-Pierre Mareigner, chef de cave.
Jean-Pierre Mareigner, chef de cave


« Gosset est une signature », ajoute Jean-Pierre Mareigner. La différence ici, c’est que les champagnes ne font pas leur fermentation malolactique. Ainsi le vin gardera toute sa fraîcheur, une attaque vive, une meilleure expression des arômes, les notes de citron et d’amande, et le côté beurré du chardonnay n’en ressortira que mieux. En outre, sans la « malo », le vin évolue plus lentement et se garde dix ou vingt ans. Le revers de la médaille, pour le gestionnaire, c’est le coût. « Vous êtes la ruine de la maison, me disait autrefois Albert Gosset ! ». En effet, la méthode impose un long vieillissement de quatre à cinq ans en cave. L’autre singularité des champagnes Gosset, toujours dans ce souci de fraîcheur, ce sont leurs dosages, très légers ; ainsi les sucres ne masqueront pas l’expression des arômes. Et puis la fermentation en bouteilles dure longtemps, de trois à quatre mois, ce qui fait la finesse des bulles. Enfin, tout est une question d’équilibre : « Le chardonnay donne la fraîcheur de l’attaque, le pinot noir, la longueur. » La Grande Réserve est composée presque à parts égales de pinot noir (54 %) et de chardonnay.


« Doucement, lentement » : ces mots se répètent dans la bouche de Jean-Pierre Mareigner. « Il faut savoir attendre, réfléchir, sélectionner, assembler méticuleusement avant de composer les cuvées. Avant de le vendre, il faut d’abord que le vin nous fasse plaisir. » Le temps qui passe a fixé une règle d’or chez Gosset : laisser le temps au temps. Pierre Gosset, échevin d’Aÿ, fut le premier de la lignée à ouvrir une maison de vin en Champagne, en 1584. Il y a quatre-cent vingt-cinq ans – bien avant la mise au point de la méthode champenoise. Historiquement aussi, chez Gosset, le vin précède la bulle. Treize générations depuis se sont succédé.


Voir aussi :
- La sélection en champagne du Guide Hachette des Vins (éditions 2008, 2009 et 2010)
- À la découverte de la Champagne
- Les Grappes du Guide Hachette des Vins 2010
- Fiche pratique Les vins effervescents
- Le champagne s’accorde-t-il toujours au dessert ?

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sept 10
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Mercredi 3 septembre 2009, Pavillon Dauphine, Paris : le Guide Hachette des Vins 2010 célèbre ses 25 ans, sous le parrainage de Laurent Gerra. La soirée en images.

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jan 15

 

"Sommelier, c'est un métier d'ambassadeur, de passeur auprès des clients."
« Sommelier, c’est un métier d’ambassadeur, de passeur auprès des clients. »

Sa performance fut remarquée au concours du Meilleur sommelier de France, le 10 novembre dernier à Perpignan, où elle se plaça parmi le carré d’as lors de la finale. Une première lors de cette épreuve : la compétence déclinée au féminin, une fraîcheur pétillante dans l’austère tablier noir. Pascaline Lepeltier, 27 ans, native de La Rochelle et angevine d’adoption, se destinait aux Lettres. Mais à hypokhâgne, khâgne et une maîtrise de philosophie succéda l’Ecole supérieure de Tourisme et d’Hôtellerie de l’université d’Angers (ESTHUA). Elle est arrivée à bon port et officie à présent dans les restaurants du Groupe « Rouge Tomate ».

 

 

Votre parcours est plutôt atypique ; comment l’amour du vin est-il venu ?
J’avais eu un 20/20 en philo au bac et mon professeur m’a offert une bouteille de champagne. Ce fut le déclic. Après ma maîtrise, je ne me sentais pas prête pour l’enseignement, j’étais plus attirée par la restauration et j’ai mis la philo entre parenthèses. Quand j’ai voulu intégrer un lycée hôtelier, ils m’ont refusée car surdiplômée. Alors j’ai fait l’ESTHUA d’Angers, puis la sommellerie. Ensuite, j’ai enchaîné des stages, chez Potel et Chabot pendant dix mois, puis chez Jacques Thorel, à L’Auberge bretonne, un pur bonheur. Il m’a donné ma chance. En 2006, j’ai remporté le concours de meilleur jeune sommelier du Val de Loire. Et je suis entrée chez Rouge Tomate, en charge des vins. Le groupe possède un restaurant à Bruxelles et vient d’en ouvrir un second à New York. Pour compléter mon CV, j’ajoute que je joue du piano, je fais du surf en Bretagne et j’ai couru le dernier marathon du Médoc. Jusqu’au bout !

 

Une jeune femme en finale du Concours du meilleur sommelier de France, c’était une première ! Comment cela s’est-il passé ?
J’en suis fière et si ça peut déclencher des vocations, c’est super, mais je ne me suis pas focalisée là-dessus. D’ailleurs, je n’ai jamais ressenti de machisme dans le milieu, au contraire, j’ai été partout très bien accueillie. Et que je sois une nana ne m’empêche pas de porter les caisses de vin ! S’il y a peu de femmes dans la profession, c’est d’abord à cause des contraintes du métier par rapport à une vie de famille. Mais à New York, il y a beaucoup de jeunes sommelières.
Je voulais voir où en était mon niveau, pour être plus compétitive plus tard. Car si on n’a pas d’objectif, on n’a pas de motivation. Mais je ne m’attendais pas à arriver aussi haut. Le jour du concours, j’ai essayé d’être comme je suis tous les jours. Ce qui m’importe, c’est d’être authentique, je ne voulais pas me formater. Le langage du vin est un peu compassé en France, il faut simplifier les choses, juste donner du plaisir. Mon regret, c’est de ne pas avoir été assez technique lors de l’épreuve, mais avec le temps je vais apprendre, j’ai beaucoup de choses à améliorer. Ca va se faire doucement, je n’en suis qu’à mes débuts.

 

Après la dernière épreuve, vous avez été très applaudie. La question était : « Comment définir le métier de sommelier ? » Qu’avez-vous répondu ?
C’est sorti du coeur. J’ai dit : sommelier c’est un métier d’ambassadeur, de passeur auprès des clients. Un lien avec des vignerons qui toute l’année se confrontent à la nature. Notre rôle, c’est d’aller les voir et de les mettre en valeur, leur histoire, leur travail, leur parole. Leur savoir-faire, c’est de l’humain. On touche à tout avec le vin, à l’histoire, à l’économie, à l’homme. Sommelier, c’est un engagement pour les vignerons, et enfin pour faire plaisir à nos clients.

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déc 16

PaulSchrammPaul Schramm est le « Monsieur Vignes » de la PMCA (Perpignan Méditerranée Communauté d’agglomération). Depuis 2001 maire de Calce – un village vigneron de 214 habitants -, jeune retraité, ex-professeur d’oenologie et de sommellerie au Lycée hôtelier de Perpignan, il bataille pour préserver par tous les moyens les vignes, patrimoine de son pays, et retenir ces vignerons qui succombent aux sirènes des primes à l’arrachage de Bruxelles.

Pourquoi vous lancer dans cette bataille ?

La crise viticole est mondiale, à cause de la surproduction. Chez nous aussi, les vignerons ont des difficultés à vendre leurs vins. Mais pour les autorités de l’Europe, la solution au problème est l’arrachage pur et simple, et les primes sont très avantageuses. La menace est réelle de voir disparaître les vignes qui sont nos paysages depuis toujours. Il fallait donc s’opposer à cette politique. Lors des négociations sur l’entrée de Calce dans la PMCA, j’ai proposé un marché : nous venons si l’Agglo se dote d’un pôle « viticulture ». J’en ai pris la direction en janvier 2007, et nous avons préparé ce plan de sauvegarde des « vignes patrimoine ». Les financements se montent à 1,5 million d’euros.

Quelle est votre définition d’une vigne patrimoine ?

La plaine du Roussillon, c’est 7 000 ha de vignes et 600 vignerons sur 3 AOC. Nous voulons empêcher l’arrachage de 600 ha de « vignes patrimoine ». Plusieurs éléments définissent celles-ci : le terroir (en coteaux ou en terrasses), l’encépagement (les vieux macabeu et grenache catalans), le classement en AOC, l’intégration dans le paysage et la valeur économique (les domaines performants qu’il faut garder). Cinq territoires sont concernés : les coteaux autour de Calce, Baixas et Peyrestortes ; le sud de l’étang de Barcarès, où la vigne se mêle aux maraîchages et aux vergers ; les coulées vertes de part et d’autre de Perpignan ; les vignes sur les terrasses de Canet, de Saint-Nazaire et sur l’arc de Saleilles à Canohes ; et des domaines éparpillés, avec un vignoble autour d’un mas.

Quels dispositifs avez-vous conçus pour empêcher l’arrachage ?

Nous proposons aux vignerons qui renonceront à l’arrachage des primes suivant quatre scénarios. Premier cas : le vigneron vend ses terres, PMCA lui verse 2 000 euros/ha, et à son acquéreur 1 000 euros. Deuxième cas : le vigneron place sa vigne en fermage, il reçoit 60 % de sa prime d’arrachage, le solde en 5 ans, et son repreneur touche 300 euros/ha. Dans ces deux cas, le nouvel arrivant s’engage à exploiter le vignoble pendant 10 ans. Troisième cas : la collectivité (l’Établissement public foncier local) rachète les vignes et les loue. Dans ces trois cas, on aura évité l’arrachage et ces vignes patrimoine demeureront. Quatrième cas : le vigneron arrache sa vigne, PMCA rachète les terres ou incite le propriétaire à les louer et y plante des cultures de diversification. L’ensemble du dispositif fonctionne en partenariat avec la région Languedoc-Roussillon. Par ailleurs, PMCA accompagne la filière viticole locale en favorisant la promotion de ses vins, ses investissements et le tourisme de terroir.

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