sept 21

« Paré d’une robe intense et profonde, d’un noir d’encre, ce 2009 laisse poindre les épices et les fruits rouges derrière le toasté de l’élevage. En bouche, c’est un monstre de concentration, d’une puissance et d’une densité exceptionnelles, bâti sur des tannins mûrs et solidement arrimés »… Les hommes de l’art qui ont goûté cette Grappe d’Or – hermitage Cuvée Emilie rouge 2009 - en sont presque restés en mal d’adjectifs. Bouche bée et les yeux écarquillés.


Terroirs et assemblages, les secrets d’Emilie

Philippe Desmeure, le père d’Emilie, a une explication d’évidence à cette perfection : «Avec un bon raisin, dit-il, modeste, on a de bonnes cuvées, et la vinification se fait toute seule. C’est le travail dans les vignes qui fait la différence». Et il livre avec gourmandise les petits secrets d’Emilie jolie et de ses syrahs. Elles habitent deux terroirs chez lui, le coteau au lieu-dit Roucoulle, une petite parcelle qui donne des vins élégants, et les Grandes Vignes, sur des pentes aménagées en terrasses taillées dans le granit, à l’origine de vins rustiques, puissants et minéraux. L’assemblage réunit ces contraires en harmonie.


Une viticulture minutieuse


Le soin attentif de la vigne, voilà la règle d’or aux Rémizières et le mystère de l’éclat d’Emilie. On effectue deux, voire trois tris sur souches au cours de la saison. Au premier, on retire les grappes trop serrées et entassées qui s’étouffent. Aération, donc croissance au soleil pour les rescapées, et maturation homogène des raisins. Au second, on enlève les grappes en retard, ce qui profite aux autres, les arme de pellicules épaisses résistant aux intempéries, et permet une vendange précoce et bien mûre. En cave, la vinification traditionnelle est longue, une trentaine de jours. C’est là qu’officie Emilie, la fille de Philippe, déguste les jus jour après jour et décide du jour J où arrêter les macérations. Pour finir, cette fameuse cuvée Emilie est élevée durant 12 à 14 mois en barriques de chêne neuves.


Quand spécialisation rime avec ambition


Tout avait commencé avec le grand père, Alphonse Desmeure. Dans l’après-guerre, il possède un verger de cerisiers, d’abricotiers, de pêchers – des cultures traditionnelles dans la Drôme -, et 4 hectares de vignes. Son épouse est clerc de notaire, pour arrondir l’ordinaire. Quand leur fils Philippe grandit et se sent pousser des ailes de vigneron, Alphonse voit plus grand pour lui. Il commence à arracher des quartiers de fruitiers et y plante des vignes, puis lance la mise en bouteilles. Et dans l’année 1977, Philippe s’installe, poursuit l’expansion, défriche des parcelles en coteaux, en achète d’autres. « Je n’ai jamais pensé faire autre chose, dit-il. On ne se pose pas la question, c’est naturel, une suite logique ». Pas peu fier d’entrer chez les grands, il a posé un pied d’abord en hermitage, puis ces dernières années en saint-joseph (2 hectares et demi, bientôt 4), à côté de ses Crozes-Hermitage. Le domaine des Rémizières compte aujourd’hui 32 hectares entre 7 communes des deux rives du Rhône. Deux des enfants de Philippe Desmeure sont arrivés en renfort. Emilie la première, diplômée en œnologie à Dijon, affectée à la cave, puis Christophe dans les vignes. Curiosité en ces contrées, un tiers de la production des Rémizières se compose de blancs, nés sur les coteaux de terres blanches des Pends. La Cuvée particulière, de pure marsanne, et la cuvée Christophe, issue de vieilles vignes de marsanne et d’un doigt de roussanne.

La petite entreprise de famille tourne bien, avec passion, talent et ambition. « A mes débuts, j’ai commencé par faire une barrique, 300 bouteilles, explique Philippe Desmeure, elle est vite partie. Puis une deuxième, une troisième. Il en manquait toujours. C’est la clientèle fidèle qui a fait le domaine ». Le bouche à oreille ne trompe pas. Et une Grappe d’or au Guide Hachette non plus.

A lire également :
- Cédric Gravier, Domaine la Suffrène (grappe d’argent du Guide Hachette des Vins 2012 pour son bandol blanc 2010)
- Marc Jambon, Domaine Marc Jambon et Fils (grappe de bronze du Guide Hachette des Vins 2012 pour son mâcon Pierreclos blanc 2009 Cuvée Fût de chêne)

 

William Luret

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sept 20

Le domaine a obtenu la grappe de bronze de l’édition 2012 du Guide Hachette des Vins pour son mâcon Pierreclos blanc 2009 Cuvée Fût de chêne. La renommée des vins de la propriété ne date pas d’hier toutefois, mais d’avant-hier. De l’avant dernier siècle ! Dans l’ouvrage de référence d’alors, « Les vins du Beaujolais, du Mâconnais et du Chalonnais », de Vermorel et Danguy, daté de 1892, les sus-nommés écrivent : « Les meilleurs vins blancs de la commune de Pierreclos sont ceux de la Roche et des Charmes. Et Marc Jambon de s’esclamer : « Le hameau de la Roche, c’est là où j’habite ! ».


Tradition d’excellence


Les deux auteurs poursuivent : « Les vins blancs acquièrent en vieillissant une grande finesse. Les vignes sont particulièrement bien soignées ». Un compliment confirmé en 1907 par une vieille médaille écaillée, trônant à la place d’honneur dans le chai, un premier prix des vins blancs à l’exposition générale de Mâcon. La famille Jambon est installée à Pierreclos depuis 1750. Peut-être même davantage, Marc n’a pas achevé encore ses recherches généalogiques…


Au vingt-et-unième siècle, aujourd’hui, les vignes sont toujours bien tenues et le vin tout aussi délicieux. La grappe de bronze du Guide Hachette l’atteste et nos dégustateurs le couvrent autant d’éloges que ceux de 1892 : « un vin d’un bel éclat, animé de reflets or pâle, au nez fin et élégant, peu marqué par le fût. Dans la continuité, la bouche est complexe, bien structurée, mais fondue, riche et longue. Un excellent mariage entre le vin et le chêne ».


Vocation tardive


Marc Jambon n’est pas entré en vignes comme en religion, il a pris des détours profanes. Le domaine des aïeux était minuscule : 3 ha et demi, en tout et pour tout, et ses parents ne désiraient pas le voir prendre leur suite. Alors Marc a entrepris une carrière dans l’industrie chimique, dans un centre de recherche à Lyon. «Puis un jour je suis revenu chez moi, avoue-t-il, c’était un vieux rêve enfoui. Je ne suis pas un citadin. D’ailleurs je suis né pendant les vendanges 1944 et durant mon enfance je n’ai jamais manqué une vendange». Il a repris le domaine en 1970, acheté des parcelles petit à petit et porté son bien à 9 ha. Il vendait alors son raisin à la coopérative. Quand son fils Pierre Antoine a pris la relève, il s’est émancipé et, en 1999, a mis son vin en bouteille. « C’est lui l’artisan désormais », précise le père.



Vins minéraux…


Le hameau de La Roche chevauche une faille géologique : à l’ouest, les granites et à l’est, les calcaires argileux. L’essentiel des parcelles du domaine se trouvent là ; d’un côté 4 ha de gamay, de l’autre 5 ha de chardonnay. «Nos vins blancs ont une minéralité marquée, dit Marc, remarquez, ici il y a de la minéralité rien que dans le nom des lieux : Pierreclos ou La Roche ! » Des arômes de pierre à fusil, d’acacia, de tilleul, mais aussi d’agrumes et de pêche. La meilleure part des blancs est vinifiée et élevée en fût de chêne sur ses lies, pendant un an.


…et « vins de dames »


La belle curiosité du domaine, Pierre Antoine en est l’initiateur : des vins liquoreux. Lors d’un stage à Saint-Emilion, il était allé visiter Yquem. L’année d’après, il avait élaboré une bonbonne de liquoreux à Pierreclos. Cette cuvée, il l’a créée aussi en souvenir aussi de l’arrière-grand-mère Joséphine qui, dans les années 1920, appelait ces douceurs « vins de Dames ». Elle avait tarabusté tant et plus son époux – qui, lui, ne goûtait guère de telles productions, des mièvreries selon lui -, qu’il lui en fabriquait quelques flacons. Aujourd’hui, à Pierreclos, les liquoreux se déclinent en une cuvée de la Saint-Martin, récoltée début novembre, et en une Noblesse du chardonnay, le nectar des nectars. Des raretés en Mâconnais et plus encore en Bourgogne.


A lire également :
- Philippe Desmeures, Domaine des Remizières (grappe d’or du Guide Hachette des Vins 2012 pour son hermitage rouge cuvée Emilie 2009)
- Cédric Gravier, Domaine la Suffrène (grappe d’argent du Guide Hachette des Vins 2012 pour son bandol blanc 2010)


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sept 19

Des raisins blancs sur les pentes de Bandol, on ne vous croira jamais… Pourtant, au pays du mourvèdre, roi des « rouges grand soleil », un vigneron a su convaincre les incrédules : Cédric Gravier a remporté la Grappe d’argent du Guide Hachette des Vins 2012, soulignée d’un coup de cœur et deux étoiles, pour le blanc 2010 de son domaine La Suffrène.



Bandol vu d’Amérique

Sa vocation de vigneron lui est venue comme une évidence. Quand, après le bac, un intermède américain lui a montré sa voie. Le clin d’œil du destin. Aux Etats-Unis, le petit Frenchie découvrit l’admiration éperdue des Yankees pour cette beautiful old France, ses paysages, son patrimoine, son art de vivre, les plaisirs de sa gastronomie si raffinée… et ses vins si délicieux. Son avenir se trouvait sous ses pas, de l’autre côté de l’Atlantique, et il ne le savait pas. Les Américains lui ont appris d’où il venait. Au retour, il se plongea dare-dare dans l’apprentissage du métier de vigneron à Aix et à Hyères, puis à la Cadière-d’Azur. Car les grands-parents, Fortuné et Marie-Rose, possédaient quelques vignes aux abords du village. Cédric, le minot de Marseille, l’enfant de la ville, y passait ses vacances l’été, à courir entre les rangs et dans les bois, en liberté. Fortuné portait alors ses raisins à la coopérative. Et comme fait exprès, en 1996 le contrat arrivait à échéance. Cédric était fin-prêt, ses études terminées : il reprit l’exploitation à son compte, à 23 ans. Et Fortuné, à 83 passés, chevauche encore aujourd’hui le tracteur quand il le faut.

Le domaine compte à présent une cinquantaine d’hectares, morcelés entre une centaine de parcelles, pour moitié plantées en mourvèdre, bandol rouge oblige, le reste en grenache, cinsault et carignan. Clairette, ugni blanc et sauvignon composent les blancs, qui ne fournissent guère plus de 5 % de la production. Quant aux rosés, la couleur très en vogue, ils représentent 70 %. Cédric cultive aussi un millier d’oliviers et a acquis un moulin. « La vigne et l’olivier, c’est le paysage provençal typique, dit-il, et il faut le préserver ».

Quand la clairette habille l’ugni


« Mes blancs sont des vins de soleil, des vins chaleureux », explique Cédric Gravier, «Avec mes très vieilles clairette, je travaille sur le gras ». Il compose ses cuvées à partir de la clairette et de l’ugni, à parts égales, et à sa façon bien à lui, c’est-à-dire en effectuant une macération pelliculaire des raisins de clairette dans le jus des ugnis. Ces derniers apportent le « squelette » du vin et son acidité, et la clairette avec ses peaux, la finesse et l’élégance. « La clairette habille l’ugni », résume Cédric. Aussi simple à dire que difficile à faire… Un blanc de race, décrivent les dégustateurs : « Le nez libère des arômes complexes de pêche, d’abricot, d’agrumes et de jasmin. La bouche, à l’unisson, dévoile une superbe matière, ample, persistante et fraîche, et laisse en finale le souvenir d’une rare élégance. »


A la mémoire du Bailli


Le Domaine s’appelle «La Suffrène», la vieille maison du Castellet porte ce nom sur le cadastre et Cédric en a cherché la raison. Un érudit du village, Jean Cachard, lui a soufflé une réponse : Le Bailli de Suffren, le vice-amiral de Louis XVI, l’aurait offerte à une dame de son cœur. Légende pudique, car selon la tradition, cet intrépide et glorieux marin à l’allure gargantuesque aurait plutôt été friand de ses petits moussaillons. Mais n’écornons pas la légende…

Quoi qu’il en soit, aujourd’hui à La Suffrène, un minot marseillais a trouvé sa vérité. Les collines de La Cadière et les saisons de la vigne en ont fait un homme heureux. Thank you, Oncle Sam !


A lire également :
- Philippe Desmeures, Domaine des Remizières (grappe d’or du Guide Hachette des Vins 2012 pour son hermitage rouge cuvée Emilie 2009)
- Marc Jambon, Domaine Marc Jambon et Fils (grappe de bronze du Guide Hachette des Vins 2012 pour son mâcon Pierreclos blanc 2009 Cuvée Fût de chêne)


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sept 08

Au Pavillon Dauphine, ce mercredi 7 septembre, lors de la soirée de lancement du Guide Hachette des vins 2012, Jean-Pierre Marielle et Jean-Sébastien Petitdemange ont remis les Grappes d’or, d’argent et de bronze au cours d’une dégustation des coups de cœur du Guide Hachette des vins 2012.

Le mercredi 31 août 2011, le Guide Hachette des vins 2012 est sorti en librairie. En 27 ans, il est devenu la Bible des amateurs de vins, qui guettent à chaque rentrée la nouvelle sélection des bouteilles effectuée par des jurys d’experts lors de dégustations à l’aveugle organisées dans l’année d’édition. Objectif et indépendant, il s’adresse à tous les consommateurs, sans esprit d’école.
Sur 36 000 vins passés au crible, 9 979 ont été retenus, dont 231 notés trois étoiles, 1 672 deux étoiles et 3 450 une étoile. 500 vins ont été élus coups de cœur : leur étiquette est reproduite dans le livre. Parmi cette sélection, trois vins ont été distingués.

Grappe d’or, coup de cœur trois étoiles (vin exceptionnel) , remise à Philippe Desmeure pour l’hermitage rouge Domaine des Remizières Cuvée Emilie 2009

Cette exploitation familiale depuis plusieurs générations s’étend à l’origine sur 4 ha ; une partie de la récolte est alors livrée à la cave coopérative de Tain-l’Hermitage. En 1973, Alphonse Desmeure décide de vinifier entièrement à la propriété. Son fils Philippe, installé en 1977, la modernise et l’agrandit. Aujourd’hui, le domaine couvre 30 ha, constitué de nombreuses parcelles réparties sur sept communes des deux rives du Rhône. Il propose des vins dans les trois AOC hermitage, crozes-hermitage et saint-joseph (en rouge). En 2005, Emilie, œnologue diplômée, rejoint son père, suivie en 2009 par son frère Christophe. Elle inspire cette cuvée incontournable, plusieurs fois coups de cœur du Guide (1999, 2002, 2003, 2004 et 2001 en blanc). Paré d’une robe intense et profonde, d’un noir d’encre, ce 2009 laisse poindre les épices et les fruits rouges derrière le toasté de l’élevage. C’est en bouche que le vin s’impose : « un monstre de concentration », d’une puissance et d’une densité exceptionnelles, bâti sur des tanins mûrs et solidement arrimés. Un grand hermitage de garde, à ouvrir dans dix ou vingt ans. Le domaine se distingue également en crozes-hermitage avec trois vins sélectionnés : la cuvée Christophe 2009 en rouge, une étoile, la même cuvée en blanc 2009, une citation, et la Cuvée particulière 2009 rouge, une étoile. Une valeur sûre de la vallée du Rhône septentrionale : onze coups de cœur depuis l’édition 2001 !

Grappe d’argent, coup de cœur deux étoiles (vin remarquable) remise à Cédric Gravier pour le bandol blanc Domaine la Suffrène 2010

Cédric Gravier a repris en 1996 l’exploitation familiale, dont la production était jusqu’à lors portée en coopérative. Le domaine porte le nom du lieu-dit La Suffrène qui garde le souvenir du Bailli de Suffren et où s’étend une partie des vignes de la propriété. Cet incontournable de l’appellation, détenteur de plusieurs coups de cœur dans le Guide, signe un magnifique 2010 issu de clairette et d’ugni blanc. Le nez libère des arômes complexes de pêche, d’abricot, d’agrumes et de jasmin. La bouche, à l’unisson, dévoile une superbe matière, ample, persistante et fraîche, et laisse en finale le souvenir d’un vin d’une rare élégance. Le domaine maîtrise aussi parfaitement les deux autres couleurs de l’AOC, pour preuve les deux étoiles obtenues pour la cuvée Les Lauves 2008 rouge et celle reçue pour le rosé 2010. Et ici, on cultive aussi l’olivier : un retour aux sources.

Grappe de bronze, coup de cœur à moins de 8 euros, remise à Marc Jambon pour le mâcon blanc Pierreclos Cuvée Fût de chêne 2009

La famille Jambon est présente sur Pierreclos depuis plus de 250 ans. Les vins du domaine sont d’ailleurs cités pour leur qualité dans un ouvrage de 1892, et une médaille de 1907 est précieusement conservée à la propriété. A la tête de l’exploitation depuis 2004, Pierre-Antoine succède à son père Marc, ancien président du syndicat de défense de l’appellation et du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne. Il signe un 2009 d’un bel éclat, animé de reflets or pâle, au nez fin et élégant, peu marqué par le fût. Dans la continuité, la bouche est complexe, bien structurée mais fondue, riche et longue. Cette bouteille témoigne d’un excellent mariage entre le vin et le chêne. Le domaine se distingue aussi régulièrement pour sa production originale de liquoreux ou moelleux, autrefois connus sous le nom de « vins de dame », obtenus à partir de raisins de chardonnay surmaturés, comme le mâcon-pierreclos 2009 blanc Vendanges de la Saint-Martin, qui obtient une citation.


A lire également : PAROLES DE COUPS DE COEUR
- Philippe Desmeures, Domaine des Remizières (grappe d’or du Guide Hachette des Vins 2012 pour son hermitage rouge cuvée Emilie 2009)
- Cédric Gravier, Domaine la Suffrène (grappe d’argent du Guide Hachette des Vins 2012 pour son bandol blanc 2010)
- Marc Jambon, Domaine Marc Jambon et Fils (grappe de bronze du Guide Hachette des Vins 2012 pour son mâcon Pierreclos blanc 2009 Cuvée Fût de chêne)


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oct 06

Grappe d’or du Guide Hachette des Vins 2011, Domaine Gros frère et sœur, Grand cru Richebourg 2008


« Il y a deux sortes de vignerons aujourd’hui en Bourgogne », remarque Bernard Gros. « Il y a ceux qui font du vin avec de l’argent et ceux qui font un peu d’argent avec du vin. » Un résumé de la métamorphose en cours en Bourgogne ? Les terres familiales s’émiettent un peu à la relève des générations. Des banques ou des sociétés les rachètent, car les parcelles coûtent à présent le prix des œuvres d’art. « Le paysage change. Bien ou mal, dit-il, c’est comme ça. Les vignerons bourguignons qui possèdent leurs vignes sont de moins en moins nombreux. »


De ces vieilles familles du terroir, Bernard Gros est l’une des figures les plus représentatives. L’histoire des siens commence quand Alphonse Gros, venant du côté de Nuits-Saint-Georges, s’installe à Vosne en 1830. Le commerce prospère, la propriété s’agrandit avec le temps, au fil des générations. Deux hectares de Richebourg pour commencer en 1882, puis deux parcelles de clos-de-vougeot, quelques ares de grands-échézeaux et trois hectares d’échézeaux. Jusqu’à ce qu’en 1963 la propriété soit partagée entre les quatre héritiers de Louis : Jean et François, qui constituent chacun leur exploitation, Gustave et Colette, qui réunissent leurs parts et fondent le domaine Gros frère et sœur, avant de le confier vingt ans après à leur neveu Bernard. La famille a essaimé. Aujourd’hui, trois branches de Gros sont installées sur la commune de Vosne, et une quatrième à Pommard et à Beaune.


Bernard Gros prend la relève à 22 ans, sitôt libéré de son service militaire. Il replante toutes les parcelles de vieilles vignes fourbues et y ajoute 12 nouveaux hectares en hautes-côtes-de-nuits, au-dessus de Vosne-Romanée. Qui complètent ses quatre précieux grands crus : 69 ares de richebourg, à quelques rangs de pinot noir de la romanée-conti, 37 ares de grands-échézeaux, 93 d’échézeaux, et 75 de clos-de-vougeot Musigni. Soit au total une vingtaine d’hectares.



Trois décennies plus tard, l’œuvre accomplie est remarquable. Trois coups de cœur en quatre ans pour son grand cru richebourg ! Une constance rare. Et la consécration avec la Grappe d’or du Guide Hachette des Vins 2011. « Ce vin s’ouvre sur le fruit noir et des notes empyreumatiques. La marque de l’élevage est présente également en bouche, conférant de la puissance à une matière ronde et grasse qui enrobe le tanin. Un vin profond, bien dans l’esprit des grands crus du domaine », écrivent les dégustateurs. Et ne dit-on pas du richebourg qu’il remplit le verre rien que par son nom ? « C’est le terroir qui parle », réplique Bernard Gros avec modestie. Et comme une excuse, il ajoute : « Le raisin est le maître de tout, 80 % des qualités du vin sont dans la vigne ». Il les connaît par cœur, sa terre et son pinot noir ! Il est tombé dedans quand il était petit !


Le terroir, d’abord. Le vigneron se fait géologue. Le vignoble de la Côte de Nuits, qui repose sur des terrains d’époque jurassique, est implanté sur le rebord d’une faille. Le jeu de multiples fractures explique la diversité de ses sols. « À un mètre près, ici, d’une faille à l’autre, les vins sont différents. Les grands crus sont concentrés à mi-côte, sur la faille. » Et il conclut, avec modestie : « On a la chance d’être bien nés. Toute la différence ne vient pas de ma science, mais du sous-sol. »



Le pinot noir ensuite, l’âme de la Bourgogne. Les pieds replantés il y a 20 ans s’enracinent de plus en plus profondément dans le sol, et ses vins gagnent ainsi en complexité. « Le pinot noir est extrêmement délicat, c’est pourquoi il est inimitable. Il n’aime ni le froid, ni le chaud. Et comme tous nos vins sont des monocépages, on n’a rien pour se rattraper les mauvaises années. » Mais Bernard Gros a trouvé une manière de parade : les rangs plus espacés et le palissage plus haut que chez ses confrères.


« Les générations actuelles demandent des vins plus gourmands, plus en rondeur, qui exigent des raisins très mûrs, constate Bernard Gros. On aime moins les vins un peu acides d’autrefois. » Si la physionomie du vignoble de Bourgogne change, il en va de même de ses vins, sous l’effet des usages et des goûts d’aujourd’hui. Et à Vosne, la dynastie des Gros tient ferme la barre et haut le flambeau dans les bourrasques.


Voir aussi
- La sélection en richebourg du Guide Hachette des Vins (éditions 2008, 2009 et 2010)
- Les Grappes du Guide Hachette des Vins 2011
- Découvrir l’appellation richebourg
- Les accords gourmands avec le richebourg



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sept 22

Grappe de bronze du Guide Hachette des Vins 2011 pour son saumur-champigny Domaine de Nerleux Clos des Châtains 2008


Aux dernières vendanges, Régis Neau a eu les honneurs du 20 heures de Laurence Ferrari sur TF1. Le reportage entendait illustrer les effets du réchauffement climatique par un reportage dans les vignes de Nerleux (ou « Nerloo » en français du XVIe siècle, autrement dit aujourd’hui, « les loups noirs »).

Le Val de Loire n’est pas encore le désert de Gobi, mais avec le temps, Régis Neau a observé quelques petits changements : « On vendange à peu près à la même époque qu’autrefois, note-t-il, mais les raisins sont à présent beaucoup plus mûrs. Et tandis qu’on sortait des vins à 10 degrés, ils atteignent naturellement aujourd’hui les 12 ou 13 degrés. » De ce fait, leur caractère change. Le Val de Loire, auparavant terre de vins légers, fruités, frais et gouleyants, donne, semblerait-il, des vins plus corpulents. Le réchauffement du climat est-il la cause essentielle de ce caractère ?



Il y en a bien d’autres, propres à Nerleux. A commencer le fameux tuffeau local. Ce calcaire crayeux, roche sédimentaire poreuse et friable, formant des strates recouvertes d’une mince couche de terre, constitue le terroir privilégié de la Touraine occidentale et du Saumurois. « C’est là que le cabernet franc s’exprime le mieux, explique Régis Neau. Ses racines s’enfoncent jusqu’à quinze ou vingt mètres à travers la roche pour puiser leur eau. L’alimentation est ainsi régulière et cela préserve la plante de tout stress hydrique. Sur un terrain trop sec, le cabernet franc donne des tanins plus durs. Ici, il acquiert une pointe d’acidité, une belle fraîcheur Une envie de revenez-y ! ».


La qualité de son Clos des Châtains tient aussi à la vigne et aux soins impitoyables qu’il lui applique. Sur les flancs sud-ouest de la butte de Saint-Cyr-en-Bourg, le Clos recèle les plus vieux ceps du domaine (70 ans d’âge), dont la faible vigueur entraîne de faibles rendements. Les grappes sont petites et sucrées. Tant mieux pour la profondeur du goût. En outre, Régis Neau pratique une culture raisonnée : plus aucun engrais chimique ou organique dans les rangs, des parcelles ensemencées de fétuque et de pâturin. L’herbe aspire les excès d’eau et dispute sa nourriture aux pieds de vigne : un régime d’ascète pour les ceps. Il faut souffrir… Notez que pour l’ensemble de l’appellation saumur, un ingénieur agronome a été recruté, chargé de veiller au respect des équilibres naturels.



Au domaine de Nerleux, les vendanges débutent le plus tard possible, pour attendre les raisins les plus mûrs ; et à la cave, durant la macération, on pratique ici des remontées à l’air plutôt qu’un pigeage mécanique. Une façon de faire inventée dans le Val de Loire permettant de renforcer la couleur des vins, qui en manquaient auparavant, et d’assouplir les tanins. Puis arrive la mise en bouteille, quatorze mois plus tard, après deux hivers en cave.



Côté généalogie, la neuvième génération des vignerons de Nerleux s’apprête à faire ses premières armes : Amélie, la fille de Régis. Petite fille, elle se voyait déjà vigneronne, mais ses parents l’avaient dissuadée de se lancer trop tôt. Alors elle s’est constituée un solide bagage commercial et financier, a travaillé dans une banque pendant dix ans puis est revenue au pays, après un détour au lycée viticole de Montreuil-Bellay. Le 1er janvier 2011 s’accomplira son rêve d’enfant… Son père Régis, lui, avait repris le domaine en 1974. Il l’a restructuré, replanté et agrandi, portant sa surface de 18 à 47 hectares. Et Nerleux est devenu un incontournable. Si l’on y produisait auparavant deux tiers de vins blancs pour un tiers de rouges, les proportions sont aujourd’hui inversées. Mais le Saumurois est éclectique et Régis Neau propose, outre des rouges et des blancs (la cuvée Les Loups blancs issue de chenin a frôlé le coup de cœur du Guide Hachette 2011), des crémant-de-loire ou encore, les années fastes, des coteaux-de-saumur liquoreux. Dire que l’aïeul Robert, en retrouvant ses vignes en friches au retour des tranchées de la Grande Guerre, de désespoir, avait voulu vendre son domaine!


On laissera aux experts du Guide Hachette le mot de la fin sur ce Clos des Châtains du domaine de Nerleux : « Un vin chaleureux et délicat à la fois. Une robe grenat intense aux reflets noirs. Un nez puissant évoquant les fruits noirs, la confiture de mûres notamment. Une bouche riche dotée d’une solide charpente et laissant une sensation fruitée remarquable. »


Voir aussi
- La sélection en saumur-champigny du Guide Hachette des Vins (éditions 2008, 2009 et 2010)
- A la découverte de l’appellation saumur-champigny
- Les Grappes du Guide Hachette des Vins 2011

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sept 21

Grappe d’argent du Guide Hachette des Vins 2011 pour son alsace grand cru Zinnkoepflé cuvée Marie, gewurztraminer 2008


La Vallée Noble est son pays et le Zinnkoepflé sa petite patrie. À une vingtaine de kilomètres au sud de Colmar, les vignes du domaine Haag descendent des coteaux escarpés au-dessus du clocher de Soultzmatt. Si cette étroite vallée refermée comme un écrin est dite Noble, c’est par une coquetterie anciens clercs qui signaient leurs missives à l’évêque de Strasbourg d’un « vicarius in vallis prae nobilis ». Sept châteaux forts la gardaient autrefois, dont un seul a subsisté. La douce vallée a gardé sa noblesse, l’abolition des privilèges un 4 août n’y a rien fait. Le Zinnkoepflé, l’un des 51 grands crus d’Alsace se trouve là, haut perché, sur le « toit » du vignoble alsacien (à 420 mètres d’altitude), et Jean-Marie Haag le classe sans fausse modestie dans les cinq meilleurs. Noblesse oblige.


L’édition 2010 du Guide Hachette a distingué la cuvée Marie du Domaine Haag et ses dégustateurs ont apprécié « une robe or, où l’on goûte toutes les nuances du gewurztraminer en surmaturation (litchi, fruits jaunes confits, épices) et une bouche puissante et riche », qui valaient bien la Grappe d’argent. Cette cuvée Marie est un vin d’apéritif par excellence. Elle accompagnera aussi avec élégance des saveurs raffinées, comme le foie gras poêlé aux raisins, des mets aux épices et au miel tels que les tajines et les spécialités asiatiques, des fromages hauts en goût comme le munster ou le roquefort, ou encore une tarte feuilletée aux pommes ou une tarte Tatin. Un grand vin de gastronomie.


Son coup de cœur, Jean-Marie Haag l’explique par un précieux terroir et son cépage d’élection. Sa parcelle du Zinnkoepflé (1,35 hectare sur les 6 de son domaine) reflète toutes les vertus des profondeurs et du ciel de ce grand cru. Une pente rude (40 % d’inclinaison), une terre composée de calcaires gréseux coquilliers où s’incrustent de nombreux fossiles, des étoiles et des lys de mer en particulier. Et un microclimat rêvé : Zinnkoepflé signifie « la tête au soleil » (Zinn et Kopf) dans le dialecte alsacien. Le coteau est orienté au sud et sud-sud-est et reçoit d’avril à septembre, durant la pousse des vignes, 1750 heures d’ensoleillement, autant qu’à Bordeaux. Protégé par les plus hauts sommets des Vosges qui constituent une barrière contre les pluies, le vignoble bénéficie de conditions particulièrement chaudes et sèches. Sur la lande des hauts de Soultzmatt, on trouve des orchidées, des anémones rares, et des amandiers… des plantes méditerranéennes ! « Autour de la Saint-Jean, on entend même les cigales chanter ! » affirme Jean-Marie Haag. On est à la pointe méridionale de l’Alsace, dans une zone classée Natura 2000.


Le gewurztraminer s’y sent bien. Il recouvre 60 % de l’encépagement du Zinnkoepflé. La vallée Noble, à l’abri des vents d’ouest dominants, offre un milieu propice à la surmaturation des grains ; c’est d’ici d’ailleurs que provient une bonne partie des « vendanges tardives » et « sélection de grains nobles » alsaciens. « Le plus important est de vendanger à maturité phénolique, explique Jean-Marie Haag. On goûte les raisins, on voit si les pépins sont bien mûrs, et alors on vendange la parcelle ». Ensuite on pratique un pressurage très doux: « il faut y faire comme avec les enfants, dit-il, ne pas les bousculer ». Ensuite vient l’élevage sur lies fines et le bâtonnage. Le vigneron d’ajouter, après une dégustation, « le gewurztraminer est un flacon de parfums ».


Le domaine Haag est une longue histoire de famille, commencée avec le grand-père Eugène, dans les années 1930. Ce dernier travaillait en semaine au fond des mines de potasse – exploitées au nord de Mulhouse jusqu’à une date récente – et, le dimanche, cultivait son lopin de légumes et de vignes. Quand son fils Armand prit sa succession, il ne garda que la vigne, racheta quelques parcelles voisines et mit son vin en bouteille. Jean-Marie a continué. Après des études au lycée agricole de Rouffach, il a effectué sa première vinification en 1982.


Quatre des frères d’Armand avaient choisi une autre voie que lui, celle de Dieu. L’un est moine trappiste, deux autres chez les Oblats de Lyon, et le dernier curé de Kingersheim. C’est ainsi qu’une part des vins du domaine Haag est destinée à une congrégation hollandaise qui fait le commerce des vins. 30 % de la production sont exportés, en Europe et vers des destinations lointaines : Etats Unis, Hong Kong et bientôt le Brésil.



La cuvée Zinnkoepflé gewurtraminer a été baptisée Marie, comme Jean-Marie et Myriam son épouse (Marie en hébreu). « Notre vin est un duo », dit-il. Les deux enfants, Marion et Théo, eux, sont les parrains des cuvées grand cru issues de riesling et de pinot noir. Seront-ils vignerons ? « Pour l’instant, ils font leurs études, après on verra… » dit leur père.


Voir aussi

- Les sélections en alsace grand cru Zinnkoepflé du Guide Hachette des Vins (éditions 2008, 2009 et 2010)
- Les Grappes du Guide Hachette des Vins 2011
- L’Alsace viticole


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sept 03

Lors du lancement du Guide Hachette des Vins 2011 au Pavillon Dauphine, ce mercredi 1er septembre, François Cluzet et Jean-Sébastien Petitdemange ont remis les Grappes d’or, d’argent et de bronze au cours d’une dégustation des coups de cœur.


Sur 36 000 vins passés au crible pour cette 26e édition, 10 069 ont été retenus dans le Guide, dont 219 notés trois étoiles, 1 562 deux étoiles et 3 356 une étoile. 471 vins ont été élus coups de cœur : leur étiquette est reproduite dans le livre. Parmi ces derniers, les trois vins distingués sont :




Grappe d’or, coup de cœur trois étoiles (vin exceptionnel) : remise à Bernard Gros pour le grand cru richebourg Domaine Gros Frère et Sœur 2008

Descendant d’une lignée de vignerons de Vosne-Romanée qui remonte à 1830, Bernard Gros conduit depuis 1984 le domaine créé par son oncle et sa tante à la suite d’un partage familial. Un aïeul, Louis-Gustave, fut un des premiers producteurs de la Côte à embouteiller son vin pour la vente directe aux particuliers. C’est également lui qui fit l’acquisition, en 1882, de deux hectares de Richebourg, grand cru mitoyen de La Romanée-Conti. Bernard Gros en exploite aujourd’hui 69 ares, dont il a tiré en 2008 un vin profond et puissant qui lui vaut un troisième coup de cœur en quatre ans pour cette appellation. Son richebourg rubis foncé s’ouvre sur le fruit noir et des notes empyreumatiques, avant de dévoiler une matière ample et ronde qui enrobe le tanin. Un vin bien dans l’esprit des grands crus du domaine, dont deux autres représentants reçoivent une étoile cette année (grands-échézeaux 2008 et clos-de-vougeot Musigni 2008).




Grappe d’argent, coup de cœur deux étoiles (vin remarquable) : remise à Jean-Marie Haag pour l’alsace grand cru Zinnkoepflé Domaine Haag Cuvée Marie Gewurztraminer 2008

A la tête de 6 ha de vignes, Jean-Marie et Myriam Haag sont installés dans une maison du XVIIIe siècle au centre de Soultzmatt, à une vingtaine de kilomètres au sud de Colmar. S’étirant le long de la Vallée Noble, ce village est dominé par les pentes escarpées et ensoleillées du grand cru Zinnkoepflé, le « toit » du vignoble alsacien. Jean-Marie Haag a su en tirer le meilleur parti, proposant un 2008 dont la couleur or soutenu annonce la concentration. Proche d’une vendange tardive, le vin déploie toutes les nuances d’un gewurztraminer en surmaturation (litchi, fruits jaunes confits, épices) et s’impose en bouche par sa puissance, sa richesse et sa longueur. Un grand vin de gastronomie pour un foie gras poêlé au pain d’épice, un munster fermier ou une tarte prune-cannelle. Preuve de la maîtrise de ce cépage, Jean-Marie Haag décroche également un coup de cœur pour son alsace gewurztraminer vendanges tardives 2007.




Grappe de bronze, coup de cœur à moins de 8 euros : remise à Régis Neau pour le saumur-champigny Domaine de Nerleux Clos des Châtains Vieilles Vignes 2008

Régis Neau représente la huitième génération de vignerons sur le Domaine de Nerleux, ancienne seigneurie du XVIe siècle dont le nom signifie en vieux français les « loups noirs ». Le Clos des Châtains, situé sur les pentes sud-ouest de la butte de Saint-Cyr, renferme les plus vieux ceps (70 ans) de la propriété qui s’étend sur 45 ha. Ces vieilles vignes sont à l’origine du troisième coup de cœur décroché par ce domaine incontournable du Saumurois : un 2008 grenat foncé évoquant la confiture de mûres, aussi solide par sa structure qu’élégant par son fruité intense et délicat. A l’aise avec le chenin comme avec le cabernet franc, Régis Neau frôle par ailleurs le coup de cœur pour son saumur blanc Les Loups blancs 2008, qui obtient deux étoiles.

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sept 02

Ce mercredi 1er septembre, le Guide Hachette des Vins a fêté son édition 2011 au Pavillon Dauphine, sous le parrainage de l’acteur François Cluzet.


Découvrez les images de la soirée :


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avr 27

Passionné par les vieilles voitures, adepte du ski de vitesse mais aussi chanteur autodidacte, Xavier Anglès est également un talentueux vigneron. Il élabore de superbes cuvées de côtes-du-rhône et de vacqueyras. Rencontre avec un passionné qui vit à cent à l’heure.


Si vous trouverez la plupart du temps Xavier Anglès sur son domaine du Bois de Saint-Jean à Jonquerettes (Vaucluse), vous pourrez aussi le croiser dans un salon professionnel comme Vinisud ou Vinexpo. Jusque là, rien de plus normal pour ce vigneron qui exploite avec son frère Vincent une cinquantaine d’hectares de côtes-du-rhône, côtes-du-rhône-villages et vacqueyras.


Mais durant l’hiver, il est fort probable que vous l’aperceviez sur les pistes de ski de vitesse, en particulier lors du championnat du monde de KL (kilomètre lancé) où, moulé dans sa combinaison rouge aux couleurs des Côtes du Rhône, il dévale la pente à plus de 200 km/h ! « Je pratique le KL depuis 1996. Je n’arrivais plus à assouvir ma passion pour la vitesse sur les pistes balisées. » Autres détails, il a fait quatre fois l’ascension du Mont Blanc, et l’armée dans les parachutistes.


Mais il peut aussi arriver que vous le surpreniez les mains dans le cambouis. Pas le cambouis du moteur de son tracteur… non, plutôt celui d’une vieille moto ou mieux, d’une Bugatti 1921, sa passion. « Les Bugatti me rendent fou, elles me mettent en transe », confesse-t-il.


Enfin, plus surprenant encore, Xavier pousse la chansonnette depuis l’âge de 15 ans et a contribué à la création de nombreux spectacles musicaux régionaux. « Il chante tout le temps, confirme sa compagne, Lorine. De la variété française mais aussi des opérettes, du Luis Mariano, des grands classiques. » Il a même participé en tant que choriste à une tournée de Jacques Higelin en 1992. Il aimerait désormais prendre des cours de chant lyrique mais regrette toutefois de « manquer de temps pour cela ».

Ces multiples passions n’empêchent pas Xavier Anglès d’élaborer d’excellents vins.


Régulièrement sélectionné, le domaine a ainsi obtenu un coup de cœur dans le Guide Hachette des Vins 2010 pour un côtes-du-rhône blanc 2008 à base de viognier. Son vacqueyras fait désormais référence. Adepte d’un mûrissement optimal du raisin, il élabore des cuvées pleines de rondeur, de chaleur et de fruit. Il a récemment entièrement renouvelé l’habillage de ses bouteilles, non sans malice : Aura Rosa, Mme d’Ust, L’Intrépide (forcément), mais aussi Les Ventsss, en souvenir d’un vin refusé à l’agrément « pour cause d’évent ».


L’année 2010 verra la naissance d’une Cuvée du Centaine, élaborée à partir des vignes plantées par son arrière grand-père en 1910. Propriété de la famille depuis 1650, l’exploitation comptait alors bien quelques ceps mais elle était surtout spécialisée dans la culture des oliviers, de la garance et des platanes mûriers pour l’élevage des vers à soie. « Mon grand-père est mort pendant la Première Guerre mondiale, à seulement 26 ans. C’est ma façon de lui rendre hommage. »


En 2010, Xavier sera aussi papa d’un petit garçon. La relève est assurée : alpiniste ? pilote de course ? musicien ? Allez savoir ce que nous fera le petit Anglès…

Domaine du Bois de Saint-Jean

126 avenue de la République

84450 Jonquerettes

Tél. 04 90 22 53 22

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