
Givry, au sud de Beaune, à l’ouest de la Saône et de Chalons, au cœur de la Bourgogne. Dans les parages, les Sarrazin père et fils collectionnent les coups de cœur. Le dernier en date a été attribué au Champs Lalot 2010 dans le Guide Hachette 2013. Les derniers en date plus exactement, car le domaine décroche aussi, dans cette même édition, la plus haute distinction pour ses premiers crus La Grande berge 2010 rouge et Les pièces d’Henry 2010 blanc ! Un exploit unique de mémoire de Guide…
Au hameau de Charnailles
Charnailles, un hameau du village de Jambles, peuplé d’une cinquantaine d’âmes est le berceau de la famille Sarrazin, de père en fils depuis toujours. Aux temps agités de la Révolution, les villageois avaient pris le château, une haute bâtisse sans charme flanquée d’une tour ronde, et en avaient chassé le seigneur du lieu. Jean-Baptiste Sarrazin était à la tête de la jacquerie. Le château a perdu de son lustre d’antan, et les heures ont repris leur cours paisible à Charmailles. Au milieu des années 1960, Michel Sarrazin s’attela à remettre en état la vigne familiale. Il replanta les coteaux de pinot noir et chardonnay, et remplit sa cave de tonneaux et de fûts. Il se mit à son compte et son vin en bouteilles. Deux de ses fils, Guy et Jean-Yves, le suivirent après un passage au lycée viticole de Beaune. « Nous n’avons pas fait de brillantes études, dit Guy. Nous voulions surtout revenir vite sur le domaine. » Ils connaissaient déjà la partie et ne rêvaient ni d’autre chose ni d’ailleurs.
Le terroir des Sarrazin
Le domaine étend son vignoble entre Givry et Mercurey (en Côte Chalonnaise), et aussi sur Maranges (à l’extrême sud de la Côte de Beaune), en parcelles éparpillées. Les Champs Lalot se trouvent sur Dracy-le-fort, à l’extrême nord de l’appellation givry, et constituent, avec 22 ha, l’une des plus grandes superficies de l’AOC, à mi-pente, sur des coteaux exposés à l’est. « Ils nous donnent des vins friands, plaisants, qui explosent au nez et en bouche avec des arômes de bigarreau et des tanins soyeux. C’est notre cuvée de référence », dit Guy Sarrazin. Quant à la Grande Berge, au hameau de Poncey, en givry premier cru, elle est plantée de très vieux pinots noirs de soixante-dix ans d’âge, sur un coteau pentu très calcaire. « Là, les vins sont plus austères sur la jeunesse, mais ont plus de profondeur et de puissance, plus d’opulence au vieillissement. » Son nom évoque les premiers contreforts bordant la vallée de la Saône.
La tradition bourguignonne 
A la vigne, les méthodes restent traditionnelles: labours d’hiver et de printemps, lutte raisonnée, et d’importants travaux en vert. « Nous visitons chaque pied cinq à six fois pour tailler, ébourgeonner, éclaircir, explique Guy Sarrazin. Cela a un coût. Nous employons dix salariés à plein temps. Mais c’est le choix de la qualité. Il nous faut de beaux raisins. » Le pinot noir, cépage délicat, impose ce régime. Sa peau est fine, il est sujet à la pourriture grise et ici on l’effeuille du côté nord, pour sécher les grappes. Sa peau fine émettant peu de couleur, il faut le vendanger très mûr. « C’est l’inconvénient des vins de mono-cépages, dit Guy. Les années difficiles, on n’a pas de parachute. Pas de possibilité d’affiner des assemblages. » A la cave, priorité à l’authenticité. « Nous travaillons la notion de terroir et nous pratiquons une vinification douce qui ne lisse pas les différences et les particularités. » Enfin, les Champs Lalot sont élevés en barriques neuves de François Frères à Saint-Romain, durant douze à dix-huit mois. Et le résultat est souvent remarquable, à l’image du millésime 2010, un vin tout en fruit, plein de concentration, aux tanins ronds et soyeux.











































![Guillemet L 02[2]](http://www.hachette-vins.com/blog/wp-content/uploads/2012/09/Guillemet-L-0221-300x200.jpg)


