Le blog de la rédaction
mai 10

L’AVA de Los Carneros est à cheval sur les comtés de Napa et de Sonoma, célèbres régions viticoles de Californie. Largement ouverte sur la baie de San Pablo, cette zone venteuse, exposée aux influences océaniques, est bien plus fraîche que ses voisines, et la lente maturation des raisins permet de produire des vins qui font partie des plus fins et des plus vifs de Californie. Cela explique la présence ici de très bons producteurs de vins effervescents, élaborés selon la méthode traditionnelle. Carneros brille aussi par la qualité de ses chardonnays secs, vifs et élégants.

CARACTÈRE DES VINS ISSUS DE CHARDONNAY

L’œil

Il est pâle, plus soutenu pour les vins élevés en barrique.

Le nez
Intense, marqué par des notes fraîches d’agrumes et de fruits verts, parfois de minéralité, le bouquet peut aussi, selon les cuvées, décliner les parfums de fruits blancs, de melon, de chèvrefeuille ou de fruits secs. Des notes fumées et vanillées marquent souvent les vins élevés en barrique neuve.

La bouche
Ferme et tonique, elle est construite autour d’une belle acidité qui donne une sensation de pureté et de fraîcheur. Cette finesse situe ces vins à part dans la production californienne et les rapproche des chardonnays bourguignons, avec une capacité de garde supérieure aux autres blancs de Californie.

Couleurs
Rouge, Rosé, Blanc

Cépages
Rouges : pinot noir, merlot, syrah
Blanc : chardonnay

Superficie
3 700 ha

Potentiel de garde (blancs)
1 à 15 ans


Température de service (blancs)

12/13 °C

Mets et vins (blancs)
Crustacés, poisson fin, soufflé, terrine de légumes ou de poissons, fromage (chèvre, pâte pressée peu affinée).



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


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mai 04

Le zinfandel est le cépage le plus singulier de Californie. S’il est apparenté au primitivo des Pouilles italiennes et s’il possède des origines dalmates, aucune autre région au monde n’en cultive autant. Naguère surtout utilisé pour produire des blush wines (rosés), il a gagné une réputation enviable pour ses rouges, puissants et profonds, souples et chaleureux, savoureux dès leur jeunesse car peu tanniques. On en trouve dans toute la Californie, car ce cépage supporte bien les fortes chaleurs, mais c’est à Sonoma que se concentrent la plupart des meilleurs producteurs.

CARACTÈRE DES VINS ROUGES

L’œil
Il est souvent intense, d’un violet sombre.

Le nez
Il décline une large gamme de parfums de fruits noirs et rouges, mais aussi d’épices comme le poivre noir ou le clou de girofle, parfois agrémentés de notes sauvages. Un accent d’anis ou de romarin peut aussi se faire sentir.

La bouche
Affichant parfois des degrés d’alcool impressionnants, les vins apparaissent rarement déséquilibrés. Les tanins se montrent souples, et les saveurs intensément fruitées, associées à une texture suave et chaleureuse, font forte impression.

Couleurs
Rouge, Rosé

Superficie
21 000 ha

Potentiel de garde
1 à 10 ans

Température de service
15-16 °C

Mets et vins (rouges)
Pâtes à la bolognaise et sauces relevées, viandes en sauce, volaille et gibier, gigot.



Pour en savoir plus : 100 Vins du monde à connaître, de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel


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sept 28

La vallée de Sonoma, particulièrement étendue, se prolonge au nord jusqu’après Healdsburg ; mais si l’on veut avoir une chance de découvrir Napa Valley, mieux vaut couper vers l’est juste avant Santa Rosa en direction de Calistoga, qui marque l’entrée nord du plus célèbre des vignobles californiens.


Ici encore, laissons la parole aux spécialistes : « La Napa Valley symbolise la réussite contemporaine des vins des États-Unis. Son image est sans rapport avec son étendue relativement modeste (4 % seulement de la production californienne), car elle concentre bon nombre des noms les plus prestigieux. » (Extrait de l’ouvrage 100 vins du monde à connaître paru chez Hachette.) De fait, les domaines qui ont fait la renommée des vins californiens sont tous là : Mondavi, Stag’s Leap, Château Montelena, Hess, Clos du Val, etc. C’est également ici que de nombreuses grandes maisons champenoises ont décidé de poser leur valises, comme Moët & Chandon, Mumm ou encore Taittinger.


À Calistoga, on ne ressent pas encore le parfum de la célébrité. La ville, modeste mais agréable, est surtout connue pour ses eaux thermales et ses bains de boue ! Le soir au restaurant, une serveuse nous conseille non seulement pour le repas mais aussi pour les visites du lendemain. Elle connaît le « jugement de Paris » (certes plus publicisé ici qu’en France…) et recommande d’aller au Château Montelena, dont le chardonnay arriva devant les grands bourgognes blancs lors de la fameuse dégustation de 1976. Devant notre peu d’enthousiasme, elle hasarde une autre suggestion : la Summers Winery, qui s’est fait une spécialité du charbono.


Le charbono ? Un cépage oublié, la « douce noire » ou « corbeau », autrefois cultivé en treillages en Savoie associé au persan et à la mondeuse (d’après Pierre Galet, in Dictionnaire encyclopédique des cépages). Une variété que l’on ne trouve plus guère qu’en Italie (sous le nom de dolcetto), en Argentine et, donc, en Californie. Va pour le charbono…


Après un détour pour voir le Old Faithful Geyser (activité thermale oblige), arrivée à la Villa Andriana (autre nom de la winery de la famille Summers). Heureuse surprise : pas un visiteur ; visiblement, les touristes sont trop occupés à se masser dans les célèbres caves. La dégustation coûte 10 $ pour 6 vins (on aura même en prime un coup de cabernet rosé), un prix raisonnable pour la région, mais surtout un forfait déduit du montant total si on achète des bouteilles ! Une formule plutôt intelligente, qui permet de déguster sans « pression ».


Au menu : chardonnay, charbono, zinfandel, merlot, cabernet-sauvignon, assemblage bordelais (une remarque en passant : si les monocépages sont volontiers mis en avant aux États-Unis, les « assemblages » constituent souvent le haut de gamme d’une production…). Globalement, une dégustation plutôt agréable. Les vins évitent la surmaturité qui semble caractériser le gros de la production locale et affichent une belle fraîcheur. Le charbono ? Un joli fruit frais, de l’acidité sans excès, une chair douce quoique légèrement amère en finale. Pour le déguster, le vigneron conseille de croquer dans une tomate cerise, afin de jouer l’alliance des acidités. De même pour le merlot fournira-t-il quelques grains de chocolat noir, et pour le cabernet de chocolat blanc.


On repart plutôt content, avec deux bouteilles de charbono (le nombre est limité !) à faire goûter en France au retour (accompagné de charcuteries de montagne plutôt que d’une salade de tomates !). On file alors vers les grands noms de la vallée, qui ne parviendront pourtant que difficilement à retenir notre attention : trop gros, trop clinquants, trop chers. Chez Mondavi, dont on peut par ailleurs saluer l’élégance du bâtiment, sorte d’hacienda aux pelouses impeccables saupoudrées de sculptures modernes, la dégustation coûte 20 $ pour… 3 vins ! Trop, c’est trop, on rentre à San Francisco…

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sept 07

Une visite chez Benzinger, c’est la vraie expérience du tourisme viticole organisé à l’américaine : la navette tirée par un tracteur conduit le groupe de touristes à divers endroits du vignoble pour leur expliquer le terroir (rapidement), les cépages (longuement), la vinification et l’élevage, matériel pédagogique à la clé.

Premier arrêt au milieu des vignes, sous une pergola (le soleil tape et il ne s’agirait pas de faire attraper une insolation aux visiteurs !), pour un petit topo sur le terroir et les cépages. Notre guide est lui-même un salarié du domaine, autant dire qu’il connaît son affaire. L’explication du terroir (un ancien volcan) se fait avec l’aide d’un modèle réduit animé de la montagne en face de nous, qui s’ouvre pour montrer une coupe du terrain ! Le discours est simple : la roche volcanique contient des minéraux qui contribuent au goût des vins. Un peu expéditif mais sans doute limpide pour un public de néophytes… Intéressant également, le vocabulaire utilisé : notre guide explique qu’en France on appelle cela le « terroir », ce qu’il traduit par a sense of place, « une idée du lieu ». Plus qu’une traduction, un véritable changement de paradigme !

La case « terroir » étant cochée, place ensuite aux cépages. La ligne directrice est claire : les arômes des vins dépendent du cépage utilisé et de l’état de maturité de celui-ci. Par la conduite de la vigne, le viticulteur peut « régler » la maturité et par conséquent « déplacer le curseur » des arômes vers plus ou moins de fruit, des fruits plus ou moins rouges, noirs ou confiturés, etc. Les différentes parcelles sont elles-mêmes désignées comme des flavor blocks, des « blocs d’arômes » !

Et c’est un fait : dans tout notre périple à travers la Californie vineuse, nous n’entendrons quasiment jamais parler de structure des vins, d’équilibre, de fraîcheur, etc. Tout n’est qu’arômes, arômes et encore arômes… A tel point qu’une Américaine de notre groupe de visite finit par demander comment on introduit ces arômes dans le vin !

Après un tour de petit train, deuxième arrêt dans le vignoble sous les arbres (de l’ombre bienvenue, encore) pour expliquer la biodynamie.
C’est en effet le mode de viticulture pratiqué ici. Le guide, toujours très pro, déroule le discours sur l’importance des écosystèmes, du respect de la nature, du travail pour les générations futures etc. Rien à redire, c’est clair et complet, on a même droit à la corne de bœuf remplie de tisane de plantes ; pas un mot en revanche sur la prise en compte des phases lunaires dans les travaux viticoles, mais le guide avouera en aparté que c’est plus compliqué à expliquer et moins marquant que les cornes de bœuf.


Dernière destination avant la dégustation, le chai, pour parler du travail de vinification et d’élevage. La volonté des Benzinger est de ne pas utiliser de chêne américain, trop grossier, pour l’élevage mais presque exclusivement du chêne français. De fait, les barriques entassées proviennent de quelques-uns des très bons tonneliers de notre pays. Seule petit bémol à apporter aux explications fournies, la comparaison faite par le guide entre une barrique et un sachet de thé : au bout de plusieurs utilisations, on doit renouveler les fûts car ceux-ci ne sont plus à même de conférer des arômes (encore eux !) aux vins qu’ils contiennent ! Tant pis pour l’apport de l’élevage à la structure des vins…

Pour bien terminer la visite, dégustation de deux cuvées : un chardonnay 2008 très loyal et correct, et — divine surprise — un rouge 2006 non pas monocépage mais d’assemblage (58 % cabernet-sauvignon, 17 % merlot, 14 % cabernet franc et 11 % petit verdot : une diversité qui n’a rien à envier à certains crus médocains…). Un peu caricatural, assez boisé, mais pas désagréable.

Bilan des courses ? Une visite hyper pro, riche et détaillée, qui permet à de parfaits amateurs de se faire une première idée du vin et de son élaboration. Alors bien sûr, certaines explications peuvent faire grincer des dents les Européens de vieille tradition viticole que nous sommes. Mais au final, combien de visiteurs ressortent d’un domaine en France en en ayant appris autant ?

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sept 02

De retour de Californie, voici quelques impressions sur les vignobles et les vins, sans prétention encyclopédique aucune : plutôt un regard sur la manière dont on considère et dont on parle du vin là-bas. Première destination : Sonoma Valley.


Pour situer la région en quelques mots, laissons la parole aux spécialistes : « La région de Sonoma, au nord de San Francisco, est bien plus étendue que sa voisine Napa, séparée d’elle par les monts Mayacamas. On y produit du vin depuis plus longtemps mais paradoxalement, la Napa reste plus prestigieuse. […] Alors que l’image de la Napa reste associée à ses grands vins de cabernet-sauvignon, Sonoma offre une plus large diversité, tirant notamment parti des zinfandel, pinot noir et chardonnay. » (extrait de l’ouvrage 100 vins du monde à connaître paru en septembre chez Hachette). Si l’on voulait caricaturer, on dirait que Sonoma est plus paysanne et Napa plus huppée.


Venant de San Francisco par le Marin County (d’où, soit dit en passant, on peut observer la migration des baleines), on prend la route de Petaluna pour attaquer la Sonoma Valley par la face sud. Dès Petaluna, les premières vignes apparaissent : grandes, conduites très hautes ; de loin, on hésiterait presque. Des arbres fruitiers ? De plus près, les grappes pendantes, encore vertes (nous sommes début août, les premiers signes de véraison n’apparaîtront que dans la Napa Valley) dissipent rapidement le doute.


Arrivée dans la ville de Sonoma en fin d’après-midi. Tout au long du pourtant court trajet en voiture effectué dans la vallée (Sonoma se situe tout au sud), les sollicitations pour venir visiter les domaines et déguster sont déjà innombrables. C’est simple : ici, tout respire le vin. Cette impression se confirmera le soir même : tous les établissements de la ville, du simple diner à l’endroit le plus chic en passant par le restaurant mexicain, affichent une carte des vins d’une longueur impressionnante, avec un nombre substantiel de références servies au verre. La (bonne) surprise ne s’arrête pas là : le personnel de service, très pro comme partout aux États-Unis (pourboire oblige…), est à même de vous conseiller. La serveuse n’hésite pas à afficher ses préférences pour vous orienter vers un vin qu’elle se propose en plus de vous faire goûter ! Les conseils valent ce qu’ils valent, mais au moins personne n’est pris en défaut de compétence ou d’intérêt.


Car c’est peut-être le plus surprenant : tout le monde a l’air de vraiment s’intéresser au vin. Il y a évidemment une dynamique d’intérêt bien comprise ; à peine arrivé à l’hôtel, on nous propose ainsi une carte (géographique) du vignoble. Le lendemain matin, cap sur le domaine Benzinger. Pourquoi celui-ci précisément ? Recommandé ici et là, il propose des visites complètes du vignoble avec dégustation, et a de surcroît l’avantage d’être situé sur la route menant au parc d’État Jack London (passionnant mais quasi désert lors de notre visite, à l’inverse des domaines qui sont remplis de touristes…).


Le domaine lui-même est comme masqué de la route par une impressionnante croupe plantée de vignes. On y accède facilement en voiture : parking, aire de pique-nique, billetterie (!), tout est fait pour accueillir le touriste. La visite, payante naturellement (15 $, incluant la dégustation), peut commencer…

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juin 02

La célèbre trilogie chardonnay-cabernet-merlot serait-elle en train de passer de mode en Californie ? C’est l’impression des acteurs du secteur. Le goût de la découverte et de l’imprévu est dans l’air du temps. Et en conséquence, de nouveaux cépages augmentent leur superficie dans les vignobles.

Certes, les trois grands trustent encore la moitié des surfaces, et le zinfandel « local » un autre dizième, mais les riesling, gewurztraminer, viognier, sangiovese, tempranillo, les pinots gris et noir, la syrah voire le malbec se répandent. Selon le Wine Institute, les œnologues se montrent plus curieux et élaborent des assemblages associant les cépages usuels à des variétés moins répandues. Les restaurateurs encouragent cette démarche, proposant sur leurs cartes des vins moins conventionnels pour étonner les clients et éviter la lassitude.

Pour Karen Ross, présidente de l’Association californienne des producteurs de raisin de cuve, cette nouvelle tendance s’explique par une raison essentielle : « L’expertise des vignerons sur l’adéquation entre cépages et terroirs a progressé, entraînant un choix de variétés plus étendu. » Ainsi dans la Napa Valley, des vignerons ont abandonné le sangiovese qui ne s’y plaît pas, et le malbec originaire de Cahors se fait une place grandissante, suivant le succès des malbec argentins. Près de 600 hectares en ont été plantés ces dernières années à San Joaquin, Sacramento, Sonoma et Napa. Le pionnier du cru, Dave Guffy, élabore des cuvées 100 % malbec dans ses vignes du Mount Veeder. « Il y a quelque chose dans cette montagne que le malbec apprécie », dit-il.


En savoir plus :

http://www.wineinstitute.org/resources/pressroom/03312009

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