Surface du salon, nombre de stands, d’exposants (2 400) et de visiteurs (48 000), Vinexpo, s’est pratiquement retrouvé en 2011 dans ses habits de 2009. Mais au-delà des statistiques, le premier salon du vin au monde a profondément changé de visage.
Pour ses trente ans, il a un peu oublié le côté « bling-bling » de ses débuts qui poussait à la surenchère dans l’étalage de la fête la plus somptueuse. Il devient de plus en plus professionnel et résolument tourné vers l’international. Signe des temps, les châteaux pratiquant la vente directe en France se font de plus en plus rares ; en revanche les négociants ont pris le relais.
Pour saluer leurs visiteurs, les exposants avaient tout intérêt à savoir dire « Ni-ha, ni-ha », le fait le plus marquant de ce Vinexpo étant la forte présence des Chinois. Plus de 5 000 citoyens de l’Empire du Milieu (de Chine continentale et de Hong Kong) avaient mis le cap sur le port de la Lune. Leur connaissance du vin a surpris leurs interlocuteurs français. Le dynamisme de ce marché naissant n’a pas échappé à une nouvelle génération de négociants, qui se sont spécialisés dans ce débouché et ont connu des taux de croissance exceptionnels.
Vinexpo a montré aussi qu’il existe des marges de progression dans les marchés traditionnels du vin, comme le Royaume-Uni ou les États-Unis d’Amérique. Et le vent d’est n’a pas soufflé que de Chine. Certains acheteurs ne parlaient pas le mandarin, mais le russe. Au total, un salon sérieux et très actif ; même s’il faut attendre évidemment quelques mois pour connaître ses retombées réelles.






Choses vues ou entendues
Vu de Bourgogne : my Chinese is verrrrry rrrichLes Chinois étaient les vrais héros de Vinexpo. Thierry Broin, le régisseur du Clos des Lambrays (Morey-saint-Denis), en a donc profité pour inventer les blagues chinoises, comme celle-ci. Des Chinois arrivent au caveau de dégustation du village de Morey où les producteurs vendent leurs vins en commun. « Que puis-je vous servir ? », demande la vendeuse. Les Chinois goûtent, et concluent. « Vous voulez acheter du Clos de Tart ? » fait répéter la vendeuse, qui n’est pas sûre d’avoir bien compris. « Non, je veux acheter LE Clos de Tart », corrige le Chinois…
Bimbos sur talons hauts
Très remarquées aussi, les armadas de jolies filles perchées sur des hauts talons et distribuant des bouteilles, des sacs ou des prospectus aux passants. Un peu dépassé non ? D’autant qu’une bonne partie de la clientèle de Vinexpo, maintenant féminine, apprécie moyennement ce machisme ringard datant du Salon de l’Auto des années 1950…
Chinoiseries sur étiquettes
Ces vins sont excellents mais ils ne s’écouleraient pas sur le marché chinois. Selon un importateur rencontré dans les allées, les Chinois ne voudraient pas se donner la peine d’apprendre notre alphabet. Ils mémoriseraient des logos, et ceux qui auront un dessin facilement identifiable sur leur étiquette partiront avec une longueur d’avance. De plus, les Chinois nourriraient des attachements affectifs forts envers les couleurs : superstitieux, ils craindraient par exemple le bleu. En revanche, le rouge leur porterait chance. Donc il faudrait faire des étiquettes adaptées, ou fournir la patte de lapin avec la caisse de vin…Vers l’Extrême-Orient compliqué, volons avec des idées simples ?
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