Interview Radio-France Florence Kennel
Florence Kennel, spécialiste des vins du Jura, nous présente la bio, une viticulture de pointe bien ancrée dans cette région.
Florence Kennel, œnojournaliste, vous invite à découvrir les vins du Jura issus de l’agriculture biologique, une attitude méritoire car les conditions climatiques de la région sont rudes pour les viticulteurs, et que le risque financier de perdre tout ou partie d’une récolte n’est pas nul.
Egalement auteur pour le Guide Hachette des Vins et spécialiste de la Bourgogne, Florence Kennel vient d’achever un ouvrage Les Vins de Bourgogne aux éditions Hachette Pratique, à paraître en mars 2012.
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Comment élabore-t-on le champagne ? Des vendanges aux fermentations, du tirage à la prise de mousse, du remuage au dégorgement, Michel Drappier vous invite à découvrir la méthode champenoise.
A la tête d’une maison auboise fondée il y a juste deux siècles, ce négociant et propriétaire de vignes décrypte en images les nombreuses étapes de l’élaboration de ce vin de fête.
Tandis que les enfants remplissent leur cartables, les oenophiles préparent leurs foires aux vins. Ils diagnostiquent l’état de leurs stocks, repérent les casiers vides de leurs caves, calculent leur budget, feuilletent fébrilement les catalogues des grandes enseignes, puis courent chez leur meilleur libraire pour acquérir les guides d’achat tout juste sortis de l’imprimerie…
En attendant notre dossier spécial Foires aux vins 2012 (tous les vins sélectionnés dans le Guide Hachette des Vins, enseigne par enseigne), voici les principales dates à retenir.
Auchan : du 13 septembre au 1 octobre
Carrefour : du 7 au 18 septembre
Carrefour market : du 23 septembre au 9 octobre
Casino / Géant : du 6 au 17 septembre
Cora : du 24 août au 29 octobre
Ed : du 8 au 21 septembre
E. Leclerc : à partir du 21 septembre au 2 octobre
Franprix : du 15 au 25 septembre
Intermarché : du 14 au 24 septembre
Leader Price : du 7 au 18 septembre
Monoprix : du 7 au 18 septembre
Nicolas : du 7 septembre au 4 octobre
Simply Market : du 5 septembre au 16 octobre
System U : du 27 Septembre au 8 Octobre
Nicolas : 7 Septembre au 4 Octobre
A lire également : 7 règles pour bien préparer ses foires aux vins
Aujourd’hui, on en est sûr : la Chine s’est bel et bien éveillée au vin, au point de faire flamber le prix de certaines bouteilles… ou plutôt, de certaines étiquettes.
En effet, la passion des acheteurs semble plus souvent motivée par le contenant que par le contenu.
Passage en revue de quelques vins qui intéressent le marché chinois, parfois sans l’avoir vraiment voulu !
La stratégie des premiers
Cela fait des années maintenant que le Château Lafite-Rothschild intéresse les Chinois, jusqu’à être devenu là-bas symbole de réussite. L’histoire (la légende ?) veut en effet que la célébrité du cru remonte au jour où un homme d’affaires du pays déclara fêter tous ses succès d’entreprise en ouvrant une bouteille de ce vin ! Depuis, Lafite est l’objet de toutes les convoitises, mais aussi de toutes les contrefaçons.
Ce succès, Lafite sait aussi l’entretenir : on a ainsi appris il y a quelques mois que toutes les bouteilles du millésime 2008 seraient opportunément gravées de l’idéogramme chinois correspondant au chiffre 8. Un chiffre porte-bonheur dans ce pays qui inaugura ses Jeux olympiques le 8/8/8 à 8 h 8 min 8 s précisément…
Pour, semble-t-il, ne pas être en reste, Mouton-Rothschild, autre 1er cru classé de Pauillac, vient d’annoncer il y a quelques jours que l’artiste retenu pour illustrer l’étiquette de son 2008 (l’étiquette de Mouton étant ornée chaque année d’une œuvre originale différente) était le Chinois Xu Lei. Un choix judicieux, non seulement parce que le dessin en question est fort gracieux, mais également parce que le prix de la bouteille a augmenté de 20 % à cette seule annonce ! Une performance que n’avait pas réussi à accomplir pour le marché britannique le Prince Charles, pourtant choisi pour le millésime 2005 (centenaire de l’Entente cordiale oblige).
Les heureuses surprises
Certains autres châteaux bénéficient, mais sans l’avoir vraiment recherché cette fois, de cet intérêt du marché chinois pour les vins du Bordelais. Le magazine anglais Decanter cite à ce sujet quelques cas amusants.



La cote de Château Beychevelle, 4e cru classé de Saint-Julien, monte-t-elle dans l’Empire du Milieu ? Ce petit succès est à attribuer en partie à l’embarcation reproduite sur l’étiquette, qui ressemble aux bateaux-dragons du pays ! Idem pour Léoville-Poyferré, 2e cru classé de la même appellation, dont l’étiquette a la bonne idée de représenter une tête de dragon…
Le magazine cite également la réussite de Cos d’Estournel (2e cru classé de Saint-Estèphe), l’expliquant par la qualité de ses vins. Sans diminuer en rien ses mérites, on ne peut s’empêcher pourtant de trouver aux bâtiments de Cos un air de pagode chinoise… d’ailleurs revendiqué.
La stratégie des Chinois
Si certains crus bordelais semblent rechercher les moyens de plaire aux acheteurs chinois, tel Smith-Haut-Lafitte s’interrogeant sur la meilleure façon de capitaliser sur une partie de son nom (devinez laquelle), les investisseurs chinois savent aussi prendre les devants.
Le quotidien Sud-Ouest relatait récemment l’histoire de ce château des Côtes de Bourg qui a eu l’heureuse surprise de voir débarquer un milliardaire chinois désireux de lui racheter quelques hectares, ainsi qu’une des marques de son portefeuille. Mais pas n’importe laquelle : celle du Château Chenu… Lafitte !
En 2008 déjà, un groupe chinois avait racheté une propriété familiale de l’Entre-deux-Mers produisant du rouge, un certain Château Latour… Laguens.
Faut-il en rire ou en pleurer ? En rire, sans doute, et s’en réjouir, sûrement. Même si aujourd’hui les critères de choix de certains acheteurs semblent plus relever de la superstition que de la dégustation (encore que les crus cités ici produisent du bon vin), le fait est qu’un nouveau marché est né et grandit de manière exponentielle. Que les quelques arbres géants (et de toute façon depuis longtemps inaccessibles au commun des mortels) ne viennent pas cacher la forêt d’opportunités que ces millions (milliards ?) de nouveaux consommateurs vont représenter ces prochaines années.
L’Observatoire e-performance Yuseo a publié jeudi 30 septembre les résultats de son étude sur les cybermarchands de vin. Une enquête menée auprès de 1100 internautes à propos des sites marchands Wineandco, 1855, Chateauonline, Nicolas, 75cl, Rouge-Blanc, SavourClub et VinMalin. L’impression globale ? La déception. Le chemin est encore long pour convaincre les cybernautes d’acheter du vin sur la Toile.
Le manque de flexibilité des sites et l’organisation de leurs rubriques sont deux des principaux reproches adressés par les consommateurs. Un résultat finalement pas si étonnant quand on connaît la complexité du vin français, avec ses appellations, ses domaines, ses cuvées et ses millésimes. Une complexité qui en fait aussi sa richesse, et que le Guide Hachette des Vins s’efforce de promouvoir et de faire aimer depuis sa création.
Un autre chiffre interpelle : alors que 54 % des sondés se disent prêts à tenter l’expérience d’une navigation, 30 % ont reconnu après avoir surfé qu’ils n’utiliseraient finalement pas la plateforme pour acheter leur vin. Déception. Une donnée qui fait écho à une précédente enquête du magazine LSA (juin 2009) qui indiquait qu’un client passait plus de six minutes dans le rayon vin d’un supermarché, contre une minute au rayon fromage, et que plus d’un quart des personnes ressortait de ce même rayon les mains vides, faute d’avoir su trouver son bonheur ! L’univers virtuel ne serait donc pas parvenu à régler les problèmes rencontrés dans la « vie réelle »…
En guise de conclusion, comme à l’école, les notes de chaque élève. Ces notes globales de satisfaction vont de 3,3 sur 10 pour 1855 (!) à 6,6 pour le meilleur, le site du SavourClub. Les principaux acteurs du vin sur Internet, installés pour certains depuis plusieurs années maintenant, obtiennent donc à peine la moyenne.
Faut-il s’en inquiéter ou s’en réjouir ? S’en inquiéter, sans doute, car on voit mal à l’avenir comment la filière vin pourrait se passer d’un tel canal de vente : s’en réjouir, pourquoi pas, en se disant qu’à la froideur d’un écran, les potentiels acheteurs préfèrent peut-être la chaleur d’une vraie rencontre avec les hommes et les femmes qui, un peu partout en France, produisent avec passion des vins qui leur ressemblent…
Affichant des prix qui atteignent jusqu’à 70 % d’augmentation par rapport à 2008, les plus grands châteaux bordelais annoncent enfin la couleur.
Jamais campagne de primeurs n’aura duré aussi longtemps. Si, à la sortie du printemps, la plupart des châteaux avaient déjà mis sur le marché une offre 2009 à des tarifs tout à fait réalistes, les crus les plus prestigieux entretenaient le suspens.
Les acheteurs potentiels, dans l’impossibilité d’arrêter définitivement les budgets, sont maintenant fixés. Les « stars » sont annoncées à des tarifs qui feraient presque regretter les prix du millésime 2005, déjà présenté comme le plus cher de l’histoire des primeurs. Petrus, sorti alors à moins de 500 € (hors taxes et hors livraison), frôle cette année les 3 000 € (pratiquement 1 000 € de plus que la cote actuelle du 2005 !). Le prix de Latour a doublé en quelques jours, passant de 650 à 1 200 €, tandis que Mouton Rothschild faisait un bon de 650 à 890 €. Enfin, les châteaux Ausone ou Le Pin sont actuellement et respectivement disponibles à 1 600 et 2 000 €.
S’il s’agit là des exemples les plus spectaculaires, ils donnent malgré tout le ton d’un phénomène inflationniste sans précédent qui touche également les seconds vins. Au-delà de la qualité du millésime, seule la perspective d’une forte demande peut expliquer pareille augmentation. Les propriétaires semblent compter sur l’ouverture du vaste marché chinois et sur le retour des Américains qui n’ont jamais manqué un millésime annoncé comme exceptionnel. Une tendance que confirme l’Union des grands crus : la fréquentation de la campagne de dégustation des primeurs a connu une hausse de plus de 40 %.
Après une campagne de dégustation enthousiaste, les acheteurs sont dans l’attente des prix des primeurs 2009 qui devraient égaler sans peine ceux des 2000 et 2005.
La qualité du millésime ne laisse planer aucun doute. Les primeurs 2009, tout au moins pour ce qui concerne les grands noms, pourraient atteindre des niveaux de prix très élevés, et cela malgré la crise.
Plusieurs raisons expliqueraient ce phénomène, si toutefois il venait à se confirmer dans les semaines à venir. La baisse de l’euro par rapport au dollar, un certain regain d’intérêt de la part des États-Unis qui ont flairé les effluves d’un millésime d’anthologie, et surtout, la très forte demande des pays d’Asie, la Chine et Hong Kong en tête.
C’est d’ailleurs là que va se dérouler fin mai la prochaine édition du salon Vinexpo. Les crus les plus prestigieux semblent attendre d’y avoir pris la température du marché asiatique avant d’annoncer leurs prix. Les perspectives sont plus que réjouissantes et confortent les grandes étiquettes dans leur position d’objets de spéculation, les déconnectant définitivement de toutes les réalités de marché.
Il en va autrement pour les petits châteaux qui représentent plus de 95 % de la production bordelaise et sont directement touchés par la crise. Là, pas de mystère, les prix sont connus et restent raisonnables, pour ne pas dire réalistes. On note toutefois de légères augmentations, souvent moins de 10 %, qui sont plus que justifiées par le très bon niveau qualitatif des vins.
2009 est annoncé comme exceptionnel, surpassant en qualité 2005, présenté pourtant comme le millésime du siècle.
La campagne de dégustation des primeurs 2009 se termine sur un concert de louanges. Les professionnels du vin sont unanimes : on tient là un millésime d’exception ! Certes le microcosme bordelais est coutumier de ce genre d’annonce, mais il est vrai que cette année, le niveau moyen s’avère très homogène, avec des vins riches et profonds, bâtis sur des tanins onctueux à l’astringence maîtrisée.
C’est avant tout le résultat d’une météo plus que favorable, à l’exception des épisodes de grêle du mois de mai, qui ont fait de gros dégâts sur plusieurs milliers d’hectares, un peu partout dans le vignoble. Après un printemps correctement pluvieux, juillet et août ont été marqués par un ensoleillement presque méridional (rappelant certains jours la canicule de 2003), suivi d’une arrière-saison aux allures d’été indien.
Résultat : de très fortes maturités des sucres qui ont produit des degrés parfois élevés (plus de 14 %). A Bordeaux, les années généreuses donnent en principe de grands vins, à condition d’être vigilant sur la date des vendanges et sur les durées de macération qui ne doivent pas être excessives. Ceux qui ont cédé aux sirènes de la surextraction se retrouvent avec des vins opulents, manquant de nerf et finissant sur des tanins asséchants. Une tendance que l’on note plutôt sur certains merlots de la rive droite. En revanche, cabernet franc et cabernet-sauvignon, à la maturité plus tardive, expriment moins le caractère sudiste du millésime et apportent en général plus de fraîcheur dans les assemblages.
Cette qualité exceptionnelle suffira-t-elle à endiguer la crise ?

