mai 19

Après une campagne de dégustation enthousiaste, les acheteurs sont dans l’attente des prix des primeurs 2009 qui devraient égaler sans peine ceux des 2000 et 2005.

La qualité du millésime ne laisse planer aucun doute. Les primeurs 2009, tout au moins pour ce qui concerne les grands noms, pourraient atteindre des niveaux de prix très élevés, et cela malgré la crise.


Plusieurs raisons expliqueraient ce phénomène, si toutefois il venait à se confirmer dans les semaines à venir. La baisse de l’euro par rapport au dollar, un certain regain d’intérêt de la part des États-Unis qui ont flairé les effluves d’un millésime d’anthologie, et surtout, la très forte demande des pays d’Asie, la Chine et Hong Kong en tête.


C’est d’ailleurs là que va se dérouler fin mai la prochaine édition du salon Vinexpo. Les crus les plus prestigieux semblent attendre d’y avoir pris la température du marché asiatique avant d’annoncer leurs prix. Les perspectives sont plus que réjouissantes et confortent les grandes étiquettes dans leur position d’objets de spéculation, les déconnectant définitivement de toutes les réalités de marché.


Il en va autrement pour les petits châteaux qui représentent plus de 95 % de la production bordelaise et sont directement touchés par la crise. Là, pas de mystère, les prix sont connus et restent raisonnables, pour ne pas dire réalistes. On note toutefois de légères augmentations, souvent moins de 10 %, qui sont plus que justifiées par le très bon niveau qualitatif des vins.

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mai 03

2009 est annoncé comme exceptionnel, surpassant en qualité 2005, présenté pourtant comme le millésime du siècle.


La campagne de dégustation des primeurs 2009 se termine sur un concert de louanges. Les professionnels du vin sont unanimes : on tient là un millésime d’exception ! Certes le microcosme bordelais est coutumier de ce genre d’annonce, mais il est vrai que cette année, le niveau moyen s’avère très homogène, avec des vins riches et profonds, bâtis sur des tanins onctueux à l’astringence maîtrisée.


C’est avant tout le résultat d’une météo plus que favorable, à l’exception des épisodes de grêle du mois de mai, qui ont fait de gros dégâts sur plusieurs milliers d’hectares, un peu partout dans le vignoble. Après un printemps correctement pluvieux, juillet et août ont été marqués par un ensoleillement presque méridional (rappelant certains jours la canicule de 2003), suivi d’une arrière-saison aux allures d’été indien.


Résultat : de très fortes maturités des sucres qui ont produit des degrés parfois élevés (plus de 14 %). A Bordeaux, les années généreuses donnent en principe de grands vins, à condition d’être vigilant sur la date des vendanges et sur les durées de macération qui ne doivent pas être excessives. Ceux qui ont cédé aux sirènes de la surextraction se retrouvent avec des vins opulents, manquant de nerf et finissant sur des tanins asséchants. Une tendance que l’on note plutôt sur certains merlots de la rive droite. En revanche, cabernet franc et cabernet-sauvignon, à la maturité plus tardive, expriment moins le caractère sudiste du millésime et apportent en général plus de fraîcheur dans les assemblages.


Cette qualité exceptionnelle suffira-t-elle à endiguer la crise ?

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