L’Observatoire e-performance Yuseo a publié jeudi 30 septembre les résultats de son étude sur les cybermarchands de vin. Une enquête menée auprès de 1100 internautes à propos des sites marchands Wineandco, 1855, Chateauonline, Nicolas, 75cl, Rouge-Blanc, SavourClub et VinMalin. L’impression globale ? La déception. Le chemin est encore long pour convaincre les cybernautes d’acheter du vin sur la Toile.
Le manque de flexibilité des sites et l’organisation de leurs rubriques sont deux des principaux reproches adressés par les consommateurs. Un résultat finalement pas si étonnant quand on connaît la complexité du vin français, avec ses appellations, ses domaines, ses cuvées et ses millésimes. Une complexité qui en fait aussi sa richesse, et que le Guide Hachette des Vins s’efforce de promouvoir et de faire aimer depuis sa création.
Un autre chiffre interpelle : alors que 54 % des sondés se disent prêts à tenter l’expérience d’une navigation, 30 % ont reconnu après avoir surfé qu’ils n’utiliseraient finalement pas la plateforme pour acheter leur vin. Déception. Une donnée qui fait écho à une précédente enquête du magazine LSA (juin 2009) qui indiquait qu’un client passait plus de six minutes dans le rayon vin d’un supermarché, contre une minute au rayon fromage, et que plus d’un quart des personnes ressortait de ce même rayon les mains vides, faute d’avoir su trouver son bonheur ! L’univers virtuel ne serait donc pas parvenu à régler les problèmes rencontrés dans la « vie réelle »…
En guise de conclusion, comme à l’école, les notes de chaque élève. Ces notes globales de satisfaction vont de 3,3 sur 10 pour 1855 (!) à 6,6 pour le meilleur, le site du SavourClub. Les principaux acteurs du vin sur Internet, installés pour certains depuis plusieurs années maintenant, obtiennent donc à peine la moyenne.
Faut-il s’en inquiéter ou s’en réjouir ? S’en inquiéter, sans doute, car on voit mal à l’avenir comment la filière vin pourrait se passer d’un tel canal de vente : s’en réjouir, pourquoi pas, en se disant qu’à la froideur d’un écran, les potentiels acheteurs préfèrent peut-être la chaleur d’une vraie rencontre avec les hommes et les femmes qui, un peu partout en France, produisent avec passion des vins qui leur ressemblent…
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oct 01
Mis à part vin-malin, les sites mentionnés ne sont en effet pas à la hauteur de ce qu’on pourrait attendre d’un site de vente en ligne : pas de découvertes, pas de prix compétitifs, beaucoup de gros domaines et de vins de négoce. Je ne comprends pas pourquoi le savourclub a la meilleure note, cela ne correspond pas du tout à la réalité de mon expérience lorsque je parcours ce site. D’ailleurs je n’y ai jamais rien acheté, malgré les annonces que je reçois par e-mail. Et que vient faire Nicolas dans cette liste ? Nicolas ce sont des magasins de proximité de centre ville, l’offre est très formatée et traditionnelle. Le site ressemble aux magasins, quel est l’intérêt ? Wine& Co et 1855 ont des prix prohibitifs et pour 1855 des pratiques douteuses. A propos de ce dernier site j’y ai vu les Chambolle d’un excellent domaine (coup de coeur du Hachette en 2010, je crois, amusez-vous à le retrouver) au double du tarif propriété… Je visite régulièrelement les sites en ligne, ce ne sont pas ceux-là que je vais voir. Cela dit, que l’acheteur potentiel reparte souvent d’un site sans acheter, quoi de plus normal, il y va aussi pour s’informer, comparer, chercher un produit spécifique qu’il ne trouve pas près de chez lui et qu’il ne trouve peut-être pas non plus sur le site (cf. la remarque sur les vins italiens par exemple ; cela dit, la dernière fois que j’ai acheté du vin italien, je suis allé sur un site italien, à l’ergonomie peu pratique certes mais les prix et les frais de port sont très intéressants, sans parler de la rapidité de livraison, supérieure à certains sites français ! : http://www.divinegolositatoscane.com). Mais les sites représentés dans l’étude font-ils ce travail d’information ? Ce qui est certain c’est qu’un rayon de supermarché est vraiment le pire endroit pour acheter du vin car là il n’y a aucune information (ou alors souvent erronée ou simpliste), le vin reste virtuel tant qu’il est sur le rayon, la plupart des gens n’ont pas les connaissances qui leur permettent d’anticiper ce qu’il peuvent attendre de la bouteille qu’ils en face d’eux. Lalheureusement, la qualité et le plaisir restent souvent virtuels une fois la bouteille débouchée, car on a affaire dans 9 cas /10 à du vin de négoce de mauvaise qualité. Alors, les sites internet, d’accord, mais passez chez votre caviste avant, il ne sera pas forcément plus cher. Et puis sinon, essayez vins-etonnants ou wine-et-vin.com, deux « petits » sites où vous trouverez une offre originale et un traitement personnalisé de vos commandes. Et vous ferez de belles découvertes. Je précise que je n’ai aucune participation dans les sites que j’ai cités… sauf comme client !
bonjour, je viens de créer un site de ventes de vins et je me sens « un peu concerné » par votre article sur le vin en ligne.
Basé essentiellement sur les vins du Mâconnais, mes Pouilly-Fuissé, Saint-Véran, Viré Clessé et Mâcon-Blancs sont au tarif départ cave et le port est gratuit à partir de 24 bouteilles. Je suis natif de Mâcon et je connais bien tous les vignerons avec qui je travaille, pour leurs sérieux et la qualité de leur travail. J’ai fais ce site pour que les clients retrouvent des vins déjà achetés chez le propriétaire et pour que d’autres découvrent les vins de la région. La qualité, le prix certes mais les 2 réunis font un critère de choix assez intéressant à mon avis.
J’aimerai avoir votre avis sur le site. Merci par avance.
Je rejoins l’avis de Marcello. En effet beaucoup de petits sites ont été oublié.
Voici le notre http://www.destockvin.fr
Si quelqu’un a des commentaires, je serai heureux d’en tenir compte et de modifier le site en fonction.
A bientôt
La liste des sites testés est largement incomplète..Pourquoi par exemple avoir ignoré un site marchand d’une maison de négoce fondée en 1905 , tenue par la 5ème génération depuis les fondateurs, répondant à tous les critères éducatifs cités dans les commentaires de Kendall par exemple , appréciée par des centaines de « groupeurs de commandes » depuis 15 ans pour certains , et par des milliers amateurs dont je suis , notamment de Vins Français , assemblages excellents , pris pour des AOC en dégustation à l’aveugle..
Je vous donne d’adresse: http://www.vins-descombe.fr.
Soyons réalistes! Pour les bordeaux primeurs, où allez vous trouver autant de choix que chez Dubecq (maison bordelaise trés sérieuse que je pratique depuis plus de 15 ans) ou chez Wine and Co, trés bien diversifié sur les vins étrangers (eh oui, la France n’est plus le centre du monde, il faut se réveiller!). Alors c’est sûr, je préfére prendre ma voiture et descendre en Bourgogne (mes vins préférés…), où le contact avec le vigneron est fabuleux (il est fabuleux d’ailleurs dans toutes les régions de France). Et on ne boit plus un vin X mais LE vin de Monsieur Tartempion. Par contre, ça devient plus dur pour les vins de Toscane (quelques joyaux à découvrir) ou du Priorat, et là les sites de vente en ligne sont presque irremplaçables. En plus, il font la selection à votre place, car le guide Hachette n’est pas présent en Espagne, en Italie ou au Chili! Il y a de la place pour tous les gens sérieux.
- 1855.com fait du tort à tout l’e-commerce français du vin.
- les sites d’e-commerce de vin doivent éduquer beaucoup plus leurs visiteurs: cépages, terroirs, climats, conduite de la vigne, vinifications, accors mets-vins, garde et apogée….
- les sites d’e-commerce du vin n’ont pas suffisamment segmenté leur offre car la segmentation de leur clientèle n’est, à la base, pas assez fine (caractéristiques socio-économiques, attributs psychographiques, …). C’est le rôle du caviste (du moins le bon) qui va poser les bonnes questions à son prospect pour mieux le cerner, et donc mieux comprendre ses besoins. Tant que les sites poseront des questions banales à leurs clients/prospects, leur base de données ne va pas s’enrichir. Quant à mes achats sur sites web, ils n’ont pas inspiré ces mêmes sites à me proposer par la suite des offres personnalisées correspondant à mon style de vin, ma consommation, mes habitudes d’achat. Juste des promos.
- quoi qu’on fasse, il y aura toujours un marché de masse qui achètera un prix avant d’acheter du vin: il ne faut pas essayer de convertir tout le monde.
- tant que le public cible (acheteur de vin et non de prix) n’aura pas été invité à découvrir ses propres goûts, le monde du vin restera un bloc assez hermétique pour lui. Il doit donc être en mesure de goûter le vin avant toute chose. Il faut donc l’amener dans les salons de dégustation: là, les média et les producteurs doivent encore faire beaucoup de travail afin de capter une plus grande part du marché-cible….
- ….encore faut-il que les organisateurs rassemblent et exploitent de l’info sur les visiteurs de ces salons: personnellement, c’est très rarement qu’ on n’a repris contact avec moi par la suite. A moi de me débrouiller tout seul dans mes choix ultérieurs. Pas étonnant dans ces conditions que la clientèle soit volatile et fuyante.
Effectivement le système français complique encore un peu l’approche d’un vin : la couleur, le cépage, la région, l’appellation, la sous appellation, le producteur, le prix, le bio, le nature… mais les autres pays ne copient ils pas notre système d’appellations?
En voulant séduire un maximum de clients, les sites généralistes se mélangent les pinceaux et compliquent encore plus le message.
A mon sens l’analyse est tout de même faussée, car les gens qui achètent du vin sur Internet cherchent généralement un vin qu’ils connaissent. D’où une recherche plus aisée pour celui qui sait ce qu’il cherche.
Là, je vois bien le topo « vous avez 150€ d’achat, vous devez passer une commande » mais les sondés ne connaissent pas le vin et ne savent pas donc quoi acheter.
J’ai eu le même problème au Chili en voulant acheter un avocat. Un rayon de 10 variétés d’avocat,et je n’ai pas su pas quelle variété choisir : j’ai pris en tête de gondole!
L’éducation des français sur le vin est à revoir : un si beau patrimoine, quel dommage!
PS : je suis volontaire pour des cours sur les variétés d’avocats