On peut parier qu’en 2010 encore, le succès sera au rendez-vous. Pourtant, pas si bien desservi par les transports selon les canons modernes, le Jura offre de plus à cette période un climat souvent un peu rude. Comment expliquer alors la réussite de cette manifestation et l’attachement de beaucoup à cette région et à ses vins ? La raison est sans doute à chercher dans les spécificités locales qui font que le Jura ne ressemble à aucune autre région. Même si le pinot et le chardonnay ont depuis longtemps droit de cité ici, le vignoble semble voir passer avec indifférence les modes internationales, fidèle à ses cépages autochtones et quasi introuvables ailleurs, au premier rang desquels figurent en blanc le savagnin, et en rouge le trousseau. On n’oubliera évidemment pas le poulsard (ou ploussard), cépage rouge que l’on retrouve également dans le Bugey voisin, où il entre dans l’assemblage du réputé Cerdon.
Au-delà des cépages, les types de vins produits dans le Jura contribuent à l’originalité et à la personnalité de cette région. C’est bien simple, lancez le sujet auprès de n’importe quel œnophile, même très néophyte, et vous obtiendrez la même réponse : « ah ! le vin jaune, ah ! le vin de paille ». Tout est dit. Bien sûr, on trouve des vins de voile ailleurs que dans le Jura (à Gaillac notamment, sans parler de l’Andalousie et du Xérès), mais personne en France ne s’en est fait une telle spécialité, au point d’y consacrer une AOC à part entière (château-châlon). Bien sûr, on produit des liquoreux un peu partout en France, mais combien élaborés ainsi sur claies par passerillage comme le vin de paille ? Non, décidément, le Jura ne fait rien comme tout le monde. Car non content de proposer des vins introuvables ailleurs, il propose aux amateurs… tous les autres types de vins ! Blancs secs, liquoreux, vins de voile, vins rosés, rouges, effervescents et même vin de liqueur avec le macvin.
Pour finir, il est bon de citer quelques caractéristiques du vin jaune qui doivent nous interpeller : un vin élaboré avec un cépage introuvable ailleurs, dont l’élevage dure plus de six ans et qui se révèle capable de tenir jusqu’à 100 ans. Qui a dit que pour réussir il fallait faire vite et comme tout le monde ?
