Le blog de la rédaction
jan 28

Encore un coup de cœur chez les Geneletti. Après celui de 2011 décerné au vin jaune de Château-Chalon, celui de 2012 va au vin de paille de l’Etoile. Une décoration au revers de deux appellations singulières, berceaux de deux vins aussi prestigieux que typiques du Jura. Juste récompense car il faut bien du cœur à l’ouvrage, du travail, du temps et du talent, pour fabriquer ces vins liquoreux d’ambre cristallin.


L’Etoile et la paille

Dans la mosaïque de appellations du Jura, à côté de l’arbois et des côtes-du-jura, les plus vastes de la région, l’étoile et château-chalon sont deux des plus petites appellations françaises, et les toutes premières, crées en 1936 et 1937. C’est dans ces confins lointains que l’on découvre ces vieilles et uniques curiosités : les vins jaunes et les vins de paille. Auprès du village de L’Etoile posé au creux de cinq collines, on ne compte que cinq propriétés, la plus étendue ne dépasse pas une quinzaine d’hectares. Et on n’y fait que des vins blancs, secs à 80%, des vins jaunes et des vins de paille pour le reste. Soit, au domaine Geneletti, 7000 bouteilles en tout et pour tout pour ce millésime 2007. Et encore, David Geneletti est l’un des gros producteurs du village. Et puisqu’il a un pied de chaque côté, il compare en connaisseur : «Les sols argilo-calcaires légers de l’Etoile donnent plus d’élégance et de finesse aux vins qu’à Château-Chalon où affleurent les lourds marnes noirs du lias. L’Etoile fait des vins en dentelles». L’Etoile tient son nom des fossiles dessinés dans les roches des profondeurs, les crinoïdes, lointains cousins des oursins et des coraux, dont les tiges forment de petites étoiles à cinq branches.

Le patronyme des Geneletti sonne transalpin, il a été légué par le grand-père Gabriel, originaire du Piémont et marié à Simone, qui possédait deux fermes au village de l’Etoile. Leur fils Michel a repris les 10 ares de ce qu’on appelle toujours «la vigne de la grand-mère». Petit à petit, il a acheté des parcelles par ci par là, en a loué d’autres, pour rassembler la quinzaine d’hectares que compte aujourd’hui son exploitation. En 1997, il a reçu le renfort de son fils David. Michel demeure à l’Etoile et David habite à Château-Chalon, l’une des anciennes maisons d’Henri Maire, le célèbre vigneron, homme d’affaire avisé et expert en publicité qui fit connaître les vins du Jura.


Petite propriété et vins rares

Enfants du pays, les Geneletti sont passés maîtres dans l’art des vins jaunes et de paille. Le premier, un vin de voile, élaboré avec le cépage du cru, le savagnin, est élevé en barriques de bois durant au moins six ans et trois mois, souvent plus, sous son voile de levures qui le protège de l’oxydation. Il est embouteillé en clavelin, un flacon de 62 centilitres typique du Jura. Le vin de paille provient lui de raisins passerillés, séchés sur claies − autrefois sur un lit de paille.


Le passerillage, un savoir ancien

Le vin de paille du domaine Geneletti se compose de savagnin (à 40 %), cépage qui lègue aux vins du gras, du fruité et une minéralité aux accents de silex ; le chardonnay, vendangé précocement, donne de la structure et une pointe d’acidité ; quelques grappes de poulsard complètent l’assemblage. Ce cépage rouge est à l’origine d’arômes compotés. Le savoir-faire commence dès la vendange, où l’on choisit les belles grappes des vieilles vignes, à grains larges, écartés, peu serrés qui sècheront mieux. On enlève un à un les grains abîmés. Puis, c’est au grenier et à la cave que s’opère la magie du vin de paille. Au grenier, les grappes se dessèchent de longues semaines sur des claies grillagées et concentrent leur sucre. Concession moderne, des ventilateurs aident la nature. Les jours humides, il faut préserver les grappes du risque de pourriture. Mais tout chauffage est interdit. Ici comme ailleurs, le temps change : autrefois les vendanges finissaient souvent à la fin d’octobre, parfois sous la neige. Cette année, au domaine Geneletti elles se sont achevées le 3 septembre et le passerillage à mi-novembre.
Après le passerillage vient la pressée, suivi d’un élevage de trois ans en feuillettes de bois. Encore un vin jurassien qui demande de la patience. Le fruit de ce travail ? «La robe est ambrée et orangée, soutenue. L’intensité se confirme dans un nez de pruneau, de coing et de fruits secs. L’attaque en bouche est moelleuse, avec une acidité discrète mais présente. Les nuances aromatiques sont en harmonie avec le nez, agrumes en plus. Très dense et concentré», concluent les dégustateurs du Guide Hachette, qui se sont régalés.

Voir aussi : le Jura et ses vins

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jan 27

Interview Radio-France Florence Kennel


Vin bio JuraFlorence Kennel, spécialiste des vins du Jura, nous présente la bio, une viticulture de pointe bien ancrée dans cette région.
Florence Kennel, œnojournaliste, vous invite à découvrir les vins du Jura issus de l’agriculture biologique, une attitude méritoire car les conditions climatiques de la région sont rudes pour les viticulteurs, et que le risque financier de perdre tout ou partie d’une récolte n’est pas nul.
Egalement auteur pour le Guide Hachette des Vins et spécialiste de la Bourgogne, Florence Kennel vient d’achever un ouvrage Les Vins de Bourgogne aux éditions Hachette Pratique, à paraître en mars 2012.

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déc 30

Image de prévisualisation YouTubeComment élabore-t-on le champagne ? Des vendanges aux fermentations, du tirage à la prise de mousse, du remuage au dégorgement, Michel Drappier vous invite à découvrir la méthode champenoise.

A la tête d’une maison auboise fondée il y a juste deux siècles, ce négociant et propriétaire de vignes décrypte en images les nombreuses étapes de l’élaboration de ce vin de fête.

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déc 30

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Régulièrement aux honneurs du Guide Hachette des Vins, la vénérable maison Drappier s’est distinguée dans l’édition 2012 avec sa cuvée Carte d’or 1995. Un Coup de coeur qui fait écho à celui obtenu par la Grande  Sendrée 1996 dans le Guide 2005 et que Michel Drappier nous invite à découvrir en images.


Les Cisterciens de la proche abbaye de Clairvaux avaient déjà des vignes dans cette région de la Côte des Bar. Ils ont bâti au XIIe siècle d’impressionnantes caves acquises par les Drappier. En deux siècles, cette famille a constitué un important vignoble de 50 ha réparti sur plusieurs communes de la région de Bar-sur-Aube. Son statut de négociant lui permet en outre d’élargir son approvisionnement à d’autres secteurs du vignoble comme la Montagne de Reims ou la Côte des Blancs.


Les cuvées de prestige séjournent dans les caves creusées par les moines, les autres étant entreposées à Reims. C’est là qu’est née cette Carte d’or 1995 issue en grande majorité de pinot noir, le chardonnay (7 %) et le meunier (3 %) en appoint. Commentaires des dégustateurs du Guide Hachette : « Des arômes grillés, miellés et confits (pâte de fruits) traduisent une harmonieuse maturité. Puissant sans la moindre lourdeur, d’une rare persistance, c’est un superbe champagne de repas. »

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déc 13

L’été 2008 en Bourgogne n’a été qu’averses et froidure. Floraison perturbée, pourriture. Il a plu jusqu’à la mi-septembre. Un « millésime de vigneron » donc, où le savoir-faire fait la différence. L’occasion de rencontrer Bertrand Devillard. Sa vigne du climat Aux Perdrix, en nuits-saint-georges, lui a valu plusieurs coups de cœur – non seulement dans ce millésime « acide », mais aussi dans l’année de la canicule, le 2003… et dans quelques autres.


Les Perdrix, c’est une belle histoire de coups de cœur ! 2003, 2005, 2007, 2008 en nuits-saint-georges, sans compter ceux obtenus en vosne-romanée et en grand cru échézeaux. Pas moins de neuf distinctions en une dizaine d’années. Les millésimes se suivent et ne se ressemblent pas. Bertrand Devillard possède en nuits-saint-georges un atout, un climat bien situé. S’y ajoute la touche du vigneron, celle de son maître de chai et avant tout leur quête exigeante de l’extrême maturité des pinots noirs.

Un beau parcours
Le domaine des Perdrix fait son entrée dans le Guide Hachette 2000, avec trois appellations millésimées 1997, dont deux s’adjugent la mention remarquable (deux étoiles). Son climat Aux perdrix en nuits-saint-georges était tombé dans l’oubli et longtemps fondu dans les premiers crus d’une maison de négoce de Nuits. Robert Parker s’étonna en le dégustant qu’on puisse encore faire de si belles découvertes en Bourgogne. A l’aveugle, les experts du Guide expriment un même enthousiasme.

Un climat en pente douce
Le climat… l’autre nom du terroir, en Bourgogne, soit un lieu-dit caractérisé par un sol et un microclimat. Celui des Perdrix se situe au sud de Nuits-Saint-Georges, à cheval sur la commune nuitonne et Premeaux, à l’extrémité méridionale de la Côte de Nuits. Il commence à la mi-pente et descend doucement jusqu’au pied du coteau. « Là où l’on fait les meilleurs vins », se réjouit Bertrand Devillard. Le sol, profond, mélange de sables, d’éboulis et d’argiles rosées, repose sur un socle de calcaire dur. « La circulation de l’eau est idéale », ajoute l’heureux propriétaire. Pas trop d’eau qui avachirait la vigne, pas trop peu, ce qui durcirait les vins. « Ici, au sud de Nuits, les vins gagnent plus de charpente et de corps. Au nord, du côté de Vosne-Romanée, ils sont plus précoces et moins charnus ».
Les Perdrix voisinent avec une jolie collection d’autres premiers crus : le Clos des Corvées, le Clos des Forêts Saint-Georges, les Argillières, les Terres Blanches.

Côté échézeaux
Côté grands crus, Bertrand Devillard n’est pas en reste, il a conquis pour le même millésime deux étoiles grâce à ses échézeaux, nés sur le ruban magique qui jouxte le Clos Vougeot. Alors que les Perdrix se montrent plus flatteurs dans leur jeunesse, avec un nez plus expansif, les échézeaux apparaissent fermés. En revanche, ils offrent d’entrée une bouche impressionnante : la signature d’un grand cru.

« Aujourd’hui, on préfère les vins aimables »
« Aller chercher la vraie maturité, ça exige de la moelle », comme le dit Bertrand Devillard. Dit autrement, il faut avoir les nerfs solides, la tête froide, les sens en éveil pour décider du moment exact de la vendange. L’heure juste où les grappes arrivent à leur parfaite maturité. Pas avant, pas après. Avec encore une pointe de fraîcheur et juste avant le crépuscule. « Notre principe est simple », dit Bertrand Devillard. « On fait du bon vin si on met en cuve des raisins mûrs et sains. Il faut savoir attendre. Sinon les tanins sont fermes et durs. Nos grands-parents aimaient cela. Autrefois, il était indécent de parler de fruit pour des grands vins. Aujourd’hui, on préfère des vins aimables ». Aux Perdrix, on déguste les raisins, on croque les pépins, on analyse aussi, évidemment. On ne laisse que cinq grappes par pied. Et on prie le ciel que le temps soit propice pour les vendanges.
Les plus anciennes plantations, au nord, datent de 1922. Les vieux pinots fournissent une cuvée puissante, racée, Les 8 Ouvrées (l’ouvrée étant l’unité de mesure bourguignonne qui équivaut à 4 ares 28, ce qu’un ouvrier travaillait dans sa journée). Les autres ceps ont entre 50 et 60 ans d’âge.

Les secrets du millésime 2008
« C’est un millésime de vigneron ! », jubile Bertrand Devillard. Le temps était resté gris et pluvieux toute la fin de l’été, les grappes s’abîmaient. « On a pris des risques. Je me rappelais avec inquiétude la sinistre année 1968, les vapeurs grises de poussière de botrytis flottant au-dessus des cuves ». Mais l’attente n’a pas été vaine. Le temps s’est mis au beau, un vent du nord a séché les grappes. Les vendanges ont enfin commencé, tardivement, début octobre. Sur la table de tri, de nombreuses grappes ont été jetées. « Au moins, on a gardé un taux d’acidité élevé, facteur de mise en valeur du fruit. Ce 2008 ira loin, car l’acidité est là ». Les dégustateurs du Guide Hachette ont rendu le même verdict : « Cette cuvée joue sur la finesse. La robe est rubis brillant. Le nez, délicat, évoque la cerise griotte et la groseille, ourlées d’un fin boisé. La bouche se révèle élégante et fraîche. Le fruit mûr est là, pimpant, rehaussé d’élégants tanins soulignant la persistance rare de la finale ». Bertrand Devillard partage ce coup de cœur avec ses enfants Aurore et Amaury, et son maître de chai, Robert Vernizeau.
Selon le producteur, les millésimes suivants s’annoncent aussi prometteurs : « Sur le 2010, on retrouve le 2008 plus éclatant encore en fruit et en fraîcheur, il sera très séduisant ». On espère donc le retrouver en bonne place dans une prochaine édition.

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nov 25

Le Clos de l’Echo 1981, un rouge, fut le coup de cœur de la 1ère édition du Guide. Si la version 2010 de ce vin a été jugée remarquable, c’est un blanc qui a obtenu un coup de cœur. L’occasion d’évoquer les rares mais délicieux chinon blancs, nés du chenin. Et un vigneron qui perpétue une tradition viticole sur une ancienne possession, dit-on, des parents de Rabelais.

L’écho du clos

Le Clos de l’Écho, parcelle la plus connue de la propriété, domine le château de Chinon dont la tour émerge des vignes. L’endroit est connu dans le voisinage pour un certain phénomène. Quand, du haut de ce coteau, vous criez : « Est-ce que les filles de Chinon sont fidèles ? ». « Non ! », répond l’écho malveillant.
En vérité, la vertu des belles Chinonaises n’est pas en doute. Les érudits du lieu vous expliqueront que, la voix se répercutant sur la muraille du château, il en revient, selon la loi des ondes, la 7e syllabe de la question, soit le Non de Chi-non.
Sur le domaine naît aussi une rareté : un blanc brillant et délicieux, fait de pur chenin. Les blancs de Chinon ne sont qu’une goutte d’or (2 %) dans cette Touraine occidentale sous l’empire des rouges cabernets francs. La cuvée Les Chanteaux, coup de cœur du Guide Hachette 2012 dans le millésime 2010, provient de trois parcelles : les Goupillières au hameau de Saint-Louans, les Bielles à Beaumont-en-Véron et la parcelle à l’arrière du Clos de l’Écho. « Le calcaire apporte une grande minéralité au vin, une longueur, une profondeur, une bouche plus tendue », se réjouit Arnaud Couly. Qui ajoute : « Ce blanc-là reste présent sur le plat, sur les poissons au beurre. »

Le chenin de Chinon
Le chenin est le cépage classique de la Loire, avec le sauvignon. Il se déploie des vouvray les plus secs aux liquoreux d’Anjou et aux crémant-de-loire. Le travail du vigneron est de maîtriser cette variété très fructifère. Au domaine Couly-Dutheil, cela commence dès la taille, choisie courte, puis en cours de saison par plusieurs vendanges vertes jusqu’aux tous derniers jours, où l’on ôte les grappes les moins mûres. Avantage en revanche, avec sa peau très dure, le chenin n’est pas fragile et on le laisser mûrir dans l’arrière-saison, jusqu’à la mi-octobre. Et alors, à la vendange, Arnaud Couly et ses équipiers poussent encore la minutie : tries successives, étalées parfois sur un mois. On récolte les raisins les plus mûrs, puis on attend et on revient une semaine après. Ensuite, viennent trois ou quatre mois d’élevage sur lies selon les millésimes, puis l’embouteillage, précoce, « pour garder le maximum de fruit ». « Le chenin fait des blancs secs tendres », précise Arnaud. « Les asperges sont sa spécialité », ajoute le gourmet ; « on peut aussi le boire en apéritif ».

Le style Arnaud

« Le fruité, c’est la personnalité des vins de Loire », affirme Arnaud Couly. Sa règle d’or à lui : « Pleine maturité, plein fruit ». Le domaine Couly-Dutheil fêtera l’an prochain sa 90e récolte. Le Clos de l’Olive, un des fleurons du domaine, porte le nom de son ancien seigneur, Charles Liénard de l’Olive, qui prit possession de la Guadeloupe au XVIIe siècle ; ici les plus vieux ceps sont centenaires. Quant au Clos de l’Écho, en regard du château de Chinon, il aurait appartenu aux parents de François Rabelais. C’est dire l’ancienneté du vignoble sur ces coteaux. Baptiste Couly, arrivé de sa Corrèze natale, s’y était établi en 1921 sur cinq hectares du Clos de l’Écho, et trois générations l’ont suivi : René Couly et son épouse Madeleine Dutheil qui ont acquis le gros des vignes actuelles, puis Jacques dans les années 1970, et enfin son fils Arnaud arrivé en 1997. « Les styles varient suivant les générations », explique Arnaud, « Autrefois les vins étaient plus verts, plus austères. J’ai changé le style de la maison pour faire des vins plus floraux, plus fruités, plus minéraux. J’ai abandonné l’élevage en barriques, une vraie révolution chez nous. Aujourd’hui, les vignerons sont plus proches de la vigne et des parcelles et cherchent une meilleure maturité. Et puis à présent on goûte les raisins », sourit-il. « Sur un arbre, on ne cueille pas le fruit vert, mais celui qui est bien mûr ! » Bien mûr ! Bien mûr ! répondit l’écho…

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nov 21

Lundi 12 décembre 2011 à 14 heures à Drouot-Montaigne, aura lieu une vente de vins aux enchères au profit de la fondation IFRAD et de la lutte contre la maladie d’Alzheimer.

Sous la houlette de Thierry de Maigret, commisseur-priseur, et en présence de Philippe Faure-Brac, meilleur sommelier du monde 1992, seront mis en vente de prestigieux flacons, offerts par les domaines et des donateurs particuliers. Au programme, des champagnes signés Lanson, Laurent Perrier, Moët et Chandon, des crus éminents du Bordelais (Petrus, Latour, Mouton-Rotschild, Lynch-Bages, Olivier, Pesquié, Clarke, Phélan-Ségur, Pontet-Canet) et de Bourgogne (Devillard, Faiveley, Patriarche).

Le Guide Hachette des Vins soutient bien entendu cette manifestation, et invite propriétaires, restaurateurs et particuliers heureux détenteurs de belles caves à soutenir l’évènement en offrant des bouteilles à la vente. Outre la contribution à une noble cause, ceux-ci pourront bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu.

L’occasion ici de rappeler que la maladie d’Alzheimer touche 870 000 français, dont 35 000 personnes de moins de 65 ans. Et les perspectives sont inquiétantes avec 165 000 nouveaux cas chaque année et des prévisions portant le nombre de malades à 1,2 millions en 2020.

Pour toute information complémentaire sur cette maladie et sur la vente aux enchères: Fondation IFRAD au 01 42 17 75 23 et sur Internet (www.fondationifrad.org)

Vente de vins le lundi 12 décembre 2011 à 14 heures, à Drouot-Montaigne, 15 avenue Montaigne, 75008 Paris

nov 21

La 151e Vente de vins des Hospices de Beaune s’est terminée sur une baisse des cours de – 6 % : un résultat modeste, mais pour ce millésime sans éclat, dans un contexte économique difficile, ce n’est pas une catastrophe, loin de là. Et ce sont tout de même 4,9 millions d’euros qui reviennent ainsi à l’hôpital de Beaune.





Un millésime de blancs, souple en rouge

Pas d’arrogance en 2011. On a rangé les qualificatifs de « millésime du siècle », (trop) vite dégainés en 2009. Roland Masse, le régisseur du domaine des Hospices, dont le style débonnaire et chaleureux se prête mal à la langue de bois, reconnaît avoir eu affaire à « un millésime pas facile à gérer ». « Je craignais des maturités excessives. Je ne voulais surtout pas rentrer des raisins à 13 ou 14 degrés d’alcool potentiel, comme l’an dernier. Je pense y être arrivé. On a rentré des blancs à 12,5° potentiel, parfaits. En rouge, on avait le double problème de la maturité et de la pourriture. Soit on vendangeait trop tôt et le raisin n’était pas mûr, soit trop tard pour avoir du raisin bien mûr – mais pourri. Au final, on a eu des pinots noirs pas surchargés en sucres. On a vinifié tout en douceur avec beaucoup de baies non foulées, en prolongeant les fermentations alcooliques au maximum, pour préserver le soyeux des tanins. Les cuvaisons ont donc été plus longues qu’en 2010. Les vins sont gourmands avec des tanins ronds. J’appelle ça un ‘millésime de sommelier’, facile à servir à table. Les blancs sont gracieux et ils ont leurs aficionados cette année. » De fait, ce sont eux qui ont remorqué une vente qui s’enlisait dans les vins rouges. Pour autant, les pinots noirs 2011 sont réussis, avec beaucoup de concentration et d’élégance dans des cuvées comme le corton grand cru Clos du Roi Baronne du Baÿ ou le pommard premier cru Épenots du domaine Goblet.


La pièce de charité presque quatre fois moins chère qu’en 2010

110 000 € : la pièce de charité, un fût de 460 litres du grand cru corton Clos du Roi cuvée Baronne du Baÿ, n’a pas fait rugir la salle, où 500 personnes se pressaient. Les enchères ont grimpé péniblement, lentement, et c’est finalement une maison anglaise, The Antique Wine, et son directeur général, Stephen Williams, qui ont remporté la mise avec 110 000 €. On est loin des flamboyants 400 000 € dépensés en 2010 pour un fût de 500 litres par la maison Patriarche. La somme récoltée ira à deux associations caritatives, Mécénat Chirurgie Cardiaque et France Alzheimer. Ce moment fort de la vente a été l’occasion pour les parrains de la vente, Inès de la Fressange et Christian Clavier, de rivaliser d’encouragements envers les acheteurs. Mais sans grand succès. Le spectacle se déroulait dans les rues où résonnaient bombardes et cornemuses des groupes folkloriques qui envahirent Beaune le temps de ce week-end festif, pas dans la salle.


2012 : un nouveau grand cru pour les Hospices

Finalement, avec cette vente 2011 en demi-teinte, tous les regards se tournent maintenant vers 2012. Car les Hospices viennent d’officialiser la dation d’une belle parcelle de 43 ares dans le grand cru Echézeaux, dans le climat des Rouges du Bas. La vigne donnera donc une nouvelle cuvée d’une belle taille l’an prochain. D’ici trois ans, elle sera rejointe par une parcelle de beaune premier cru blanc et par une autre de corton blanc, tout juste replantées. Le vignoble, qui couvre quelque 60 ha, continue donc de croître. Il est presque totalement cultivé en bio, précise Roland Masse.


Qui veut six bouteilles d’Hospices ?

À surveiller, aussi, la percée des ventes sur Internet par la maison Bichot, dont le site web d’enchères en direct représente maintenant 15 % des achats de la maison pour les Hospices de Beaune. Cette clientèle-là, française, faite de particuliers et de restaurateurs, n’a certes pas le panache des acheteurs d’antan que l’on voyait parfois, en kilt ou en chapeau extravagant, parader dans les allées des Hospices. Le site internet de Bichot, qui permet d’acheter du vin des Hospices à partir de six bouteilles, concerne plus de 250 acheteurs. Pour modestes que soient ces quantités − une dizaine de fûts sur une vente qui en totalise plus de 600 −, elles incarnent la démocratisation et la dématérialisation de l’événement. La vente est désormais rythmée par le jargon franglais des commissaires-priseurs qui demandent si l’acheteur peut montrer son « paddle » ou s’il « ne veut pas faire un jump ». Ce dernier pouvant être au téléphone ou derrière son écran à l’autre bout du monde. La bougie et l’ambiance familiale d’avant 2005 dégageaient certes un charme plus bourguignon.

Florence Kennel

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nov 20

Le beaujolais nouveau a changé de pointure. Le folklore y a perdu ce que le vin a pu y gagner.

Retour aux origines. Il ne s’agit que d’un jus encore violacé au fruit enjôleur, tout juste destiné à dégraisser les mâchons lyonnais, ces casse-croûtes à base de rillettes, saucisson et autres pâtés et d’autant de cholestérol. Le beaujolais nouveau, sans autre prétention, faisait office d’antidote. Puis de la capitale des Gaules, il est monté à celle de l’Hexagone avant de conquérir le Japon, devenant un phénomène social pimenté de marketing. Pour son malheur, il fut la proie de ces loups du marché qui lui ont imposé de fleurer la banane, le bonbon anglais ou la fraise Tagada, d’une année à l’autre. Puis tout s’est effondré. Il est encore de bon ton de froncer le sourcil avec une moue méprisante à l’égard de ceux qui veulent en tâter. Les expressions vont de la condescendance à la commisération.

Et pourtant, cette année l’atteste comme les trois dernières, le beaujolais nouveau a retrouvé toute sa dignité, aidé autant par une météo exceptionnelle que par des producteurs amenés à la raison. En témoigne ce demi-millier d’amateurs amoureux de bonheur simple qui se sont pressés dans les caves-cavernes du Chemin des Vignes à Issy-les-Moulineaux. Une trente-sixième édition pour celui qui lança la première célébration en 1975 avec Georges Brassens et René Fallet.

Trois beaujolais, ce soir-là, représentatifs de ce que peut être une production d’exception. Le traditionnel « non-chaptalisé », inventé par le père d’Yves Legrand en 1977. Le grand classique, violacé à souhait, embaumant la cerise et de pivoine, au fruité explosif en bouche – une fraise exubérante. Plus mûr, un Domaine Dupré né de vignes très exactement centenaires, ni soufré ni filtré. Un nez discret de cerise et de framboise suivi d’une bouche tendre et fraîche. Plus adulte, celui de Robert Perroud qui ajoute la mûre à la cerise ; la bouche se fait droite, avec une petite touche de réglisse. Tous trois correspondent au cahier des charges d’un beaujolais nouveau : fruité, friand et frais. Et comme la plupart de leurs congénères des trois dernières années, ils ôtent toute raison de faire la fine bouche.


Alain Bradfer


Le Chemin des Vignes
113 bis Avenue de Verdun
92130 Issy les Moulineaux
Tél 01 46 62 04 27
Fax 01 46 44 05 37
restaurant@chemindesvignes.fr

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nov 20

Son acte de baptême, en 1951 ? Une simple note des contributions indirectes autorisant le déblocage précoce du vin du Beaujolais. Ce n’est qu’en 1985 que la date de sortie a été fixée au troisième jeudi de novembre.

Les débuts furent timides : 15 000 hl au milieu des années 1950 ! Puis vint son heure de gloire, à partir des années 1970. Un négoce dynamique et un réseau encore dense de bistrots appuyait le beaujolais nouveau, main dans la main avec des pouvoirs publics oenophiles, des artistes et journalistes enthousiastes. Un marketing conquérant le faisait déferler dans le monde entier… Une bénédiction pour les vignerons. Aujourd’hui, 260 000 hl, soit 35 millions de bouteilles et quelque 115 000 hl à l’export.

Mais dans les années 1990, les chiffres pouvaient atteindre le double… Entre-temps, des concurrents se sont lancés, et les critiques ont fusé contre ce vin trop facile au goût artificiel nourri de « soleil de cuve »…

Pourtant, la médiocrité n’est pas une fatalité, constate Alain Bradfer (voir article Le beaujolais à nouveau raisonnable), qui a goûté la sélection proposée à la presse par le caviste Yves Legrand, dans sa cave-restaurant d’Issy-les-Moulineaux. Le beaujolais nouveau n’est peut-être pas un grand vin, mais les meilleurs de ses créateurs en font un vin authentique !

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