Le blog de la rédaction

fév 09

logo-bioDepuis hier, l’Europe a un logo tout nouveau tout bio. Une feuille stylisée, dont le contour est formé par les étoiles de l’Union (on a recompté, il y en a bien 12) sur un fond vert prairie. Il devra figurer à partir du 1er juillet 2010 sur tout produit biologique préemballé élaboré dans l’Union. L’heureux gagnant, désigné à l’issue d’un concours ouvert à tous les citoyens, est un étudiant allemand, Dusan Milenkovic, dont le projet a recueilli près de deux tiers des 129 493 votes. Parfait. Et c’est tout ? Oui, c’est tout.

 

Les citoyens européens (enfin, 80 000 d’entre eux…) ont décidé démocratiquement du nouvel étendard du bio européen. On ne pourrait que se réjouir de cette entreprise, si le revers de la médaille n’était pas aussi… sombre ? Flou ? Car pendant que les citoyens sont appelés à décider de la forme, de « l’emballage » dirait-on sans jeu de mots, les négociations vont bon train dans les couloirs de la Commission quant au fond. De quoi le bio sera-t-il fait demain, et plus précisément pour ce qui nous intéresse, le vin bio ?

 

Car faut-il le rappeler, il n’est de bio aujourd’hui que la partie agricole du vin, à savoir le raisin. La commission s’est donc attelée à la question de la vinification biologique afin d’établir un cahier des charges complet et aboutir à la définition d’un vrai « vin bio ». Des règles européennes sont en discussion depuis fin juin 2009 entre les 27 États membres dans le cadre du Comité permanent de l’Agriculture biologique. La commission n’a pas encore émis de proposition écrite formelle, seulement des textes dits « de travail ». Le calendrier pour l’adoption d’un règlement est ouvert même si, précise-t-on à Bruxelles, « l’objectif d’aboutir à temps pour la vendange 2010 a été évoqué ».

 

Un certain nombre de points fait déjà débat sur l’utilisation de techniques comme la thermovinification, l’osmose inverse ou la flash pasteurisation. Les Vignerons indépendants de France se sont inscrits en faux dès le mois d’octobre dernier contre l’autorisation de ces pratiques œnologiques, estimant qu’elles « dénaturent ou détruisent les matières vivantes naturellement présentes dans le vin ».

 

Ces premiers éléments font craindre une définition réglementaire du vin bio a minima, c’est-à-dire interprétant au pied de la lettre la philosophie du bio, à savoir : pas d’intrants de synthèse. La flash pasteurisation tue des éléments naturels du vin ? Peut-être, mais elle ne rajoute pas de composants artificiels, donc autorisée ! Et tant pis pour « l’esprit » du bio et la confiance des consommateurs (les mêmes que l’on a invités à donner leur avis… sur le logo !).

 

Cela étant, de quoi s’étonne-t-on ? Le loup n’était-il pas dans la bergerie depuis quelque temps déjà ? Car ces pratiques œnologiques aujourd’hui dénoncées pour le vin bio sont autorisées dans les AOC depuis longtemps. Et on peut penser qu’elles dénaturent plus le vin dans son « lien au terroir », en contribuant à standardiser les cuvées, que dans sa « bio-itude »…

 

Thermovinification : vinification avec chauffage de la vendange.

Flash pasteurisation : procédé de conservation des aliments qui consiste en un chauffage à une température élevée (75 °C environ) pendant un laps de temps très court, suivi d’un refroidissement rapide.

Osmose inverse : technique permettant d’enlever de l’eau afin de concentrer les moûts.

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fév 05

Stéphane GODIN / Ambassadeurs des Vins Jaunes

Stéphane GODIN / Ambassadeurs des Vins Jaunes

 
Chaque premier week-end de février, le Jura viticole devient l’objet de toutes les attentions : c’est l’époque de la fameuse « Percée du vin jaune », manifestation bachique dont la 14e édition se tient cette année à Poligny.

   

On peut parier qu’en 2010 encore, le succès sera au rendez-vous. Pourtant, pas si bien desservi par les transports selon les canons modernes, le Jura offre de plus à cette période un climat souvent un peu rude. Comment expliquer alors la réussite de cette manifestation et l’attachement de beaucoup à cette région et à ses vins ? La raison est sans doute à chercher dans les spécificités locales qui font que le Jura ne ressemble à aucune autre région. Même si le pinot et le chardonnay ont depuis longtemps droit de cité ici, le vignoble semble voir passer avec indifférence les modes internationales, fidèle à ses cépages autochtones et quasi introuvables ailleurs, au premier rang desquels figurent en blanc le savagnin, et en rouge le trousseau. On n’oubliera évidemment pas le poulsard (ou ploussard), cépage rouge que l’on retrouve également dans le Bugey voisin, où il entre dans l’assemblage du réputé Cerdon.  

   

Au-delà des cépages, les types de vins produits dans le Jura contribuent à l’originalité et à la personnalité de cette région. C’est bien simple, lancez le sujet auprès de n’importe quel œnophile, même très néophyte, et vous obtiendrez la même réponse : « ah ! le vin jaune, ah ! le vin de paille ». Tout est dit. Bien sûr, on trouve des vins de voile ailleurs que dans le Jura (à Gaillac notamment, sans parler de l’Andalousie et du Xérès), mais personne en France ne s’en est fait une telle spécialité, au point d’y consacrer une AOC à part entière (château-châlon). Bien sûr, on produit des liquoreux un peu partout en France, mais combien élaborés ainsi sur claies par passerillage comme le vin de paille ? Non, décidément, le Jura ne fait rien comme tout le monde. Car non content de proposer des vins introuvables ailleurs, il propose aux amateurs… tous les autres types de vins ! Blancs secs, liquoreux, vins de voile, vins rosés, rouges, effervescents et même vin de liqueur avec le macvin.  

   

Pour finir, il est bon de citer quelques caractéristiques du vin jaune qui doivent nous interpeller : un vin élaboré avec un cépage introuvable ailleurs, dont l’élevage dure plus de six ans et qui se révèle capable de tenir jusqu’à 100 ans. Qui a dit que pour réussir il fallait faire vite et comme tout le monde ? 

fév 03

Cocorico, la France est redevenue en 2009 le premier producteur mondial de vin (en volume), repassant devant l’Italie qui lui avait chipé la médaille en 2007. Certes, la nouvelle ne date pas d’hier (fin novembre dernier) et nous avions d’ailleurs accueilli cette information avec une attention tout juste polie, la même dont nous avions fait preuve il y a deux ans lors de l’annonce du repli de notre icône nationale. Jugez plutôt de l’exploit : la France supplante l’Italie pour quelque 200 000 hl, pas même la production annuelle de la seule appellation médoc. Les vignerons savent trop bien qu’un millésime restreint peut en cacher un autre plus abondant : il suffisait donc d’attendre. Pourquoi, alors, en parler aujourd’hui ? Parce que les premières indications sur les performances des nouveaux « vins sans indication géographique » (ex-vins de table) exposées dans un article du site Vitisphère viennent rappeler que la situation n’est pas si simple…

 

 

Rappelons les faits pour ceux qui n’auraient pas suivi la limpide réforme des vins européens (et donc français) : les vins de table, base de la pyramide des vins, se nomment depuis le millésime 2009 « vins de France ». De plus, leur étiquette peut désormais afficher nom de cépage et millésime.

 

Vous avez bien compris : la catégorie de vins a priori la moins qualitative – le plus souvent celle des bibines vendues au litre en bouteille plastique et en brique carton – est la seule qui puisse se prévaloir du doux nom de notre pays. Quel porte-drapeau pour les vins français !

 

Et en plus, patatras ! Cette nouvelle catégorie ne semble pas décoller, et ce pour diverses raisons.

 

Des problèmes juridico-administratifs, d’abord : les États-Unis s’opposent à la mention du millésime pour ces vins. Eux réservent en effet cette mention aux vins produits dans des zones plus restreintes que leur pays. Eh oui ! Voilà le Nouveau Monde plus rigoureux que l’Europe. Quel sens peut en effet avoir la notion de millésime lorsque le produit résulte d’un coupage de vins en provenance de régions assez éloignées pour que les conditions climatiques annuelles soient différentes ?

 

Quant au cépage, c’est au sein même de notre pays que les dents grincent ! Les anciens vins de pays (aujourd’hui « indication géographique protégée » selon la réforme) bénéficiaient auparavant presque exclusivement du privilège de cette mention. Les acteurs de la filière qui tiraient une grande partie de leur chiffre d’affaires de cette catégorie ne voient pas d’un très bon œil l’arrivée de cette concurrence interne…

 

Enfin, pour ce qui est des marchés, les opérateurs semblent encore timides, tel Castel qui ne croit pas « forcément opportun de lancer des vins de cépage de France qui risquent de cannibaliser les ventes de produits déjà établis », à savoir leurs vins de pays.

 

Ces valses-hésitations font écho aux doutes qui s’étaient exprimés après la création des « vins de pays des vignobles de France », dénomination finalement annulée en 2007 par l’Union européenne puis par le Conseil d’État. À l’époque, c’étaient les producteurs de vins de pays d’Oc qui avaient fait barrage, craignant que cette dénomination n’entrainât confusion, concurrence par le bas et chute des prix. On observe le même débat en Espagne, où les producteurs de la DOC rioja, l’une des plus anciennes et prestigieuses appellations ibériques, sont vent debout contre la catégorie « vinos de la tierra de los viñedos de España » (vins de pays des vignobles d’Espagne), catégorie transversale de vins de pays issus de toute la péninsule, créée en 2006 et confirmée en 2009 (pour la majorité du pays) malgré les recours.

 

Récapitulons : voici une nouvelle catégorie de vins, les « vins sans indication géographique », créée pour simplifier et mieux hiérarchiser l’offre et pour développer les marchés à l’export, qui vient entrer en conflit direct avec les catégories existantes et qui se voit contestée par un des principaux marchés étrangers… et tout cela sous la bannière France !

 

Alors, de quel vin français parle-t-on quand on se gargarise de notre suprématie retrouvée ?

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jan 26

drapeau GBIl faut écouter ce que disent en matière de vin nos amis anglais. Leurs engouements et préconisations restent rarement sans suite. Au XVIIe siècle, à l’aube de la révolution industrielle, ce sont des Britanniques qui ont mis au point la bouteille en verre épais ; ils ont ouvert ainsi la voie au champagne, la pression du gaz carbonique imposant de très robustes flacons. Le goût des Anglais pour les mousseux, leur savoir-faire et leur charbon ont contribué, plus que dom Pérignon, au succès de la bulle légère dans la bouteille lourde.

 

Autres temps, autres tendances. Voyez Tim Atkin, l’une des plumes de la rubrique « Vin » de The Observer, un des piliers de la presse sérieuse – et « progressiste » – d’outre-Manche. Quelques semaines avant la conférence de Copenhague, le journaliste a consacré un article sur les « vins éthiques qui ne donneront pas la gueule de bois à la planète ». Un texte que l’on peut considérer sous divers angles, y compris géopolitiques.

 

Atkin démarre bille en tête, fustigeant l’emploi de bouteilles « lourdes comme des haltères », dont la fabrication et le transport pèsent sur le bilan carbone du vin. Un travers de ces « machos » de Latins, selon lui. On respire : la France n’est pas citée aux côtés de l’Espagne, de l’Italie et de l’Argentine. 

 

Les vignerons français auraient pourtant tort de se réjouir trop vite : au nom de ces exigences éthiques et environnementales, Tim Atkin met à bas un certain nombre de critères de qualité ayant cours en Europe, et que les anciens pays viticoles pourraient croire universels et solidement établis :

 

La bonne vieille bouteille ? A oublier !… à moins que celle-ci ne soit en verre léger (matériau que les experts déconseillent pourtant pour les crus à mettre en cave). Atkin privilégie la bouteille plastique, le vin en « brique », le bag-in-box. Au rebut, donc, la bouteille en verre épais dont l’essor a permis celui des grands vins de garde de l’Ancien Monde viticole.

 

La mise en bouteille sur place, à la propriété ? Anti-écolo ! Et pourtant… initiée à Mouton par Philippe de Rothschild en 1924, elle s’est généralisée comme gage d’authenticité et comme moyen de lutter contre la fraude sur la provenance. Mais Atkin fait mine de préférer les vins transportés en vrac et conditionnés sur le lieu de consommation – et donc ceux nés dans les pays du Nouveau Monde, qui écoulent volontiers leur production de la sorte, sous des marques d’acheteur de grandes enseignes.

 

Le prix de vente ? Bas, forcément bas ! On sait que le prix est un critère d’achat souvent essentiel pour le consommateur britannique, dans un pays où les droits d’accise sont élevés – comme dans la plupart des pays non producteurs d’Europe du Nord. L’auteur ne manque pas de soulever la question du prix pour prôner le vrac.  Le vin transporté en vrac, c’est moins cher. C’est celui que débitent des enseignes comme Waitrose dans une gamme « feel-good wines ». Dommage, soupire le journaliste, qu’ils ne soient pas meilleurs… (Sans plaider pour des prix prohibitifs ni voir un lien automatique entre le prix et le plaisir gustatif, oserait-on suggérer qu’il y a ici quelque rapport ?)

 

Mais Tim Atkin n’est pas à un paradoxe près. Car après tout, est-ce respecter l’environnement que d’aller chercher, même transportés en vrac, des vins en provenance des antipodes ? Ne serait-on pas plus inspiré de privilégier les circuits courts, chers aux écologistes ? Le journaliste a prévenu l’objection : achetez « local », achetez anglais, « soutenez les 416 wineries britanniques », dit-il à ses lecteurs !

 

Autre cheval de bataille, le commerce équitable a les faveurs d’Atkin, et le label Fairtrade sa bénédiction. Comme le montrent la sélection de vins de Tim Atkin et une visite au site anglophone de Fairtrade, l’offre de « vins équitables » se concentre en Afrique du Sud, au Chili et en Argentine. Tant pis pour les coopératives du Vieux Continent, pourtant pionnières en matière de solidarité.

 

Que penser de tout cela ?

 

Que les considérations éthiques, respectables et même indispensables, sont malheureusement souvent un argument publicitaire, comme pour ces wineries qui affichent leurs « éco-projets », la « neutralité de leur bilan carbone », ou encore cette société portugaise qui étale ses dons à la Royal British Legion (autant d’exemples cités dans l’article anglais). Il faut prendre garde, sous prétexte de dénoncer un « truc » marketing (la bouteille lourde), de ne pas tomber dans un autre…

 

Que de nombreux consommateurs de pays non producteurs semblent obéir, en matière d’achat, à des critères qui n’ont plus grand-chose à voir avec les signes d’origine et de qualité adoptés par la France et l’Union européenne. Une culture inédite du vin se crée. Cette tendance reflète également de nouveaux courants commerciaux qui passent au large de l’ancienne Europe. Le « tiers-monde » viticole soutenu par Tim Atkin s’apparenterait plutôt au groupe de Cairns, ces influents pays exportateurs de produits agricoles, qui s’opposent à l’Europe lors des grandes négociations commerciales.

 

Et le champagne ? Tim Atkin est forcé de le reconnaître : ce n’est pas demain la veille qu’on le vendra en brique de carton ! On lui sert une conclusion sur un plateau ? Demain, grâce au réchauffement climatique, les bulles pourraient bien être anglaises ; ce serait alors au tour des wineries britanniques de donner au consommateur des entorses au poignet avec leurs bouteilles lourdes et fastueuses…

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jan 07

A_0356BANCe post aurait pu s’intituler « Goût de terroir », mais voilà : cette expression était employée autrefois pour caractériser certains vins, disons, un peu rustiques et surtout pour excuser certaines déviances œnologiques (arômes phénolés notamment…). C’était au mieux une sympathique note animale, au pire un parfum d’écurie… Mais ça plaisait (on était habitués aussi, peut-être) et ça participait du folklore du vin. Ces déviations aromatiques ont aujourd’hui heureusement assez largement disparu, ou tout du moins elles ne sont plus tolérées mais chassées.

Cela n’a pas empêché des scientifiques américains de se mettre à chercher l’origine de ce qu’ils appellent eux-mêmes, en français dans le texte, le « goût de terroir ». Il ne s’agit plus ici bien évidemment des défauts du vin, mais du lien entre les saveurs d’un vin donné et le sol qui l’a vu naître.

Que ressort-il de ces études ? Rien. « Je ne dis pas que la chimie et la géologie n’ont aucun effet sur le vin, conclut un des chercheurs. Mais s’ils en ont, on ne les connaît pas. » Ainsi, la fameuse « minéralité » de certains vins ne serait pas due aux minéraux contenus dans le sol. Les chercheurs dont on parle ici, précisons-le, sont des géologues.

Et c’est peut-être là que le bât blesse, car qu’est-ce exactement qu’un terroir ? Ce n’est pas seulement un sol, une couche géologique, mais tout ce qui contribue, dans l’environnement du pied de vigne, à la maturation du raisin. C’est un substrat, certes, mais aussi un emplacement géographique, une latitude, une exposition, un climat et un microclimat, sans oublier la part humaine : un travail des sols, un mode de taille et de conduite et autres tâches effectuées au vignoble.

En bref, pour reprendre les mots de Denis Dubourdieu, professeur et chercheur renommé mais aussi vigneron accompli  : « La minéralité caractérise certainement le goût d’un vin inspiré par le refus de la facilité, dicté par l’ambition de faire un vin inimitable associé à un lieu et à nul autre. » Tout est dit : ce n’est pas une affaire de géologie, mais de travail humain. Et le même de conclure : « Quand la vigne est facile à cultiver, le vin est ennuyeux à déguster. La quête de la minéralité est finalement celle de l’antidote à l’ennui ou à la lassitude, que les vins complaisants finissent toujours par susciter. »

Alors laissons les géologues américains fouiller la roche et levons plutôt nos verres aux vignerons passionnés qui, par leur travail, rendent le vin passionnant.

Sources : decanter.com et denisdubourdieu.com

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déc 17
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Alors que débutent les dégustations – à l’aveugle bien sûr – du Guide Hachette des Vins, millésime 2011, découvrez les coulisses d’une séance en images : dégustation des  languedoc, faugères et saint-chinian, à la Maison des vins du Languedoc (Montpellier) pour l’édition du Guide 2010.

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déc 11
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Oenophiles de tous les pays (francophones, pour l’heure…), sortez vos iphones et rendez-vous sur l’App Store : l’appli Vins et Millésimes vient de sortir ce vendredi 11 décembre !

Toutes les appellations de France, sans exception: pour chaque style et chaque couleur, les cépages, les arômes et la structure, le potentiel de garde, les températures de service. Et, pour être complet, les cartes des vignobles français, un glossaire de quelque 230 définitions, et les cotations des millésimes par région depuis 1945.

C’est graphique, c’est pratique et c’est… gratuit ! Vous ne serez plus jamais seul désormais devant les rayons du supermarché ou face à la carte des vins du restaurant.

Pour télécharger l’appli, c’est ici : http://itunes.apple.com/fr/app/id338666966?mt=8

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déc 10

Eh oui ! l’encre de l’édition 2010 à peine sèche (parution le 2 septembre dernier tout de même), nous voici déjà plongés dans la préparation du guide suivant… Un peu partout en France, les premiers dépôts d’échantillons (volontaires et entièrement gratuits, ça va mieux en le disant) ont lieu et les dégustateurs du guide (des professionnels des régions concernées, faut-il le rappeler) affutent leur palais.

Le premier clap a retenti  ce matin. Blanquefort, 10h30, le lycée agricole : dans la grande salle les quelque 300 bouteilles de médoc et haut-médoc 2007 sont réparties sur une vingtaine de tables. Des bouteilles sans étiquettes qui ne portent qu’un numéro d’anonymat : la dégustation à l’aveugle peut commencer…

Deux heures plus tard, elle se termine et les jurys rendent leur « copie ». 2007 a confirmé sa réputation de millésime difficile mais comme toujours, les dégustateurs ont travaillé pour retenir les meilleures bouteilles. Les résultats ? Tenus secrets jusqu’à la parution, évidemment !

Le cycle se poursuit dès demain avec les premières dégustations des appellations régionales bordeaux et bordeaux supérieur, en rouge. A suivre…

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déc 09

On vous l’accorde volontiers, le titre de ce post n’est pas criant d’originalité. Mais peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, celle de l’écriture bien sûr ! Ainsi donc s’ouvre aujourd’hui le blog de la rédaction.

Un blog, pas besoin de vous faire un dessin (admirez néanmoins celui de l’en-tête de rubrique). La rédaction ? L’équipe éditoriale du guide et du site, dont les plumes se relaieront au gré des idées et des envies de chacun, pour vous apporter des éclairages et des points de vue, partir à la rencontre de personnalités intéressantes, mais aussi exprimer des coups de cœur et – pourquoi pas ? – pousser quelques coups de gueule.

Le blog vient se substituer à l’ancienne rubrique Actualités, dont sont toutefois conservées en historique les archives les plus pertinentes.

Bonne lecture et à bientôt !

oct 26

DSC_0018Le Guide a décerné cette année sa Grappe de bronze (coup de cœur à moins de 8 €) à Yves Duport, viticulteur du Bugey, pour sa mondeuse Tradition 2006. L’occasion de partir à la rencontre d’une région et d’un cépage méconnus.

La mondeuse, c’est pourtant une vieille connaissance en Bugey, un cépage natif de la Savoie et de ses confins. Avant le phylloxéra, elle régnait sur le Bugey et son vignoble de 7 000 ha. Après les ravages du parasite et la Grande Guerre, il n’en reste plus que 500 ha émiettés, au carrefour de la Savoie, du Jura, et de la Bourgogne, sur les basses pentes du Revermont et les côtes de la rive droite du Rhône. « La mondeuse, c’est une proche cousine de la syrah », précise Yves Duport, « Vienne et la Côte-Rôtie ne sont qu’à une heure d’ici ». Selon les ampélographes, elle proviendrait d’Italie, du Frioul et de la Vénétie où on la nomme refosco. En Savoie et en Bugey, les vins blancs de roussette (ou altesse) ont pris aujourd’hui le dessus sur les rouges de mondeuse.

Yves Duport exploite 8 ha de ce cépage autour du village de Groslée ainsi qu’une parcelle de roussette à Montagnieu. Une propriété dans sa famille depuis quatre générations, qu’il a reprise après ses études au lycée viticole de Mâconpuis sur le campus d’HEC, suivies de travaux pratiques en Bourgogne et en Savoie. Il s’y est installé en 1990. Son épouse Cécile tient les comptes et gère l’administration. L’un de ses fils, Loïc, fait son apprentissage. « Il y a aussi mon père Jean, qui est retraité, mais qui est toujours là pour donner ses conseils », ajoute Yves Duport.

Yves Duport exploite 8 ha de mondeuse autour du village de Groslée ainsi qu’une parcelle de roussette à Montagnieu. Une propriété dans sa famille depuis quatre générations.
Yves Duport exploite 8 ha de mondeuse autour du village de Groslée ainsi qu’une parcelle de roussette à Montagnieu. Une propriété dans sa famille depuis quatre générations.

La mondeuse, il en parle avec affection. Elle fait partie de la famille. Il connaît tout de son caractère, ses qualités et ses défauts, ses caprices et ses faiblesses. « Elle est plus facile que le pinot, moins capricieuse », dit-il, « elle a toujours de la couleur et des tanins, parfois trop d’ailleurs. Comme elle est prolifique, on fait une énorme vendange verte, on fait tomber les raisins en trois fois, la dernière au 15 août. On abandonne parfois jusqu’à 100 hectolitres à l’hectare ». Et il ajoute : « Si on n’est pas méticuleux, on ne peut pas faire une bonne mondeuse. » Sa favorite se plaît bien sur les terres lourdes et profondes de Groslée. « C’est un terroir arlequin ici, où se mélangent les dépôts d’argile blanc, la silice des moraines glaciaires et les éboulis des montagnes. » Mais pourquoi donc faire des rouges de mondeuse au pays de l’altesse et des blancs ? Un défi ? Le goût du risque et de la différence ? Là, la passion du vigneron s’exprime : « Parce que j’aime faire les rouges. Le rouge, c’est charnel », dit Yves Duport, « d’abord, il faut écouter sa vigne et trier les meilleurs raisins. Puis je passe dix à quinze jours le nez sur la cuve, le temps des macérations. Il faut être délicat et ne pas enlever trop de tanins. Enfin, l’élevage en fût dure entre dix et douze mois. Je veux faire des vins complexes, capables de se garder dix ans. C’est beaucoup de sueur et d’attention. »

Mission accomplie si l’on en croit les dégustateurs du Guide qui accorde à la mondeuse Tradition 2006 « une forte personnalité, avec un nez délicat aux senteurs torréfiées mêlées de fruits rouges, une chair ronde et ample, soutenue par les tanins veloutés du bois ». Que dire de plus élogieux ? La reconnaissance du vignoble du Bugey en AOC est arrivée en mai dernier ( » l’AOC, ça rassure »), puis la Grappe de bronze en septembre. « Ça me fait plaisir. J’aime mon métier, je suis à fond dedans. Et le Bugey mérite d’être mieux connu. » Yves Duport est comblé. Brillat-Savarin, le fils du pays, se réjouit sans doute là-haut sur son nuage où il régale les anges.

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