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Vins de gala : la fête à plus de 45 € la bouteille !
Vous voulez faire plaisir à votre palais en faisant mal à votre portefeuille ? Nous vous avons mitonné un budget « aux petits oignons », à réserver aux plus généreux ou chanceux d'entre vous...

Les bulles
Pas d'hésitation, un champagne bien sûr, d'une grande marque prestigieuse si possible : Dom Pérignon, Ruinart, Veuve Clicquot, Krug, Bollinger, Salon, Laurent-Perrier, Deutz, Pol Roger, Gosset... De préférence, optez pour une cuvée spéciale ou une cuvée millésimée, voire les deux.
Les moelleux, liqoureux et vins doux naturels
Les liquoreux du Bordelais s'imposent, de préférence des premiers crus classés de Sauternes ou de Barsac. Ici, un nom : Yquem bien sûr, seul premier cru supérieur du classement de 1855. Mais les prix s'envolent et les bouteilles se raréfient, comme l'air en haut des sommets... Toutefois, si vous êtes l'heureux propriétaire de l'un de ces flacons, n'ouvrez pas un millésime trop jeune, car le fameux et si subtil « goût de rôti » apporté par le Botrytis cinerea gagne en complexité avec le temps : miel, cire d'abeille, noisette, orange confite... Les accords ? Foie gras bien sûr, mais aussi grande volaille, viande blanche délicate, poisson fin à la crème, roquefort ou dessert aux fruits.
Autre grand liquoreux racé, moins cher certes que ses homologues girondins (autour de 40 € la bouteille tout de même, souvent de 50 cl) : le quarts-de-chaume. Ce liquoreux d'Anjou décline une large palette d'arômes de fruits frais (agrumes, pêche...), de fruits secs et de pain d'épice, avant d'offrir en bouche une remarquable harmonie entre la douceur de la vendange botrytisée et la fraîcheur naturelle du chenin.
Quelques rares grands crus alsaciens en sélection de grains nobles pourront aussi délester votre portefeuille d'une bonne quarantaine ou cinquantaine d'euros ; en échange, ces vins atteints de pourriture noble offriront une magnifique intensité aromatique et une longueur en bouche exceptionnelle.
Amateurs de vins doux naturels, vous trouverez à ce prix (et parfois en dessous) de délectables rivesaltes ou banyuls grand cru vieillis trente ans, voire davantage, commercialisés par les domaines.
Les vins blancs secs
Honneur aux grands blancs bourguignons, en particulier ceux de la Côte de Beaune. Le grand cru corton-charlemagne naît sur la partie haute de la montagne de Corton, au nord de Beaune. Son nom provient de l'empereur carolingien qui y aurait fait planter des vignes blanches pour ne pas tacher sa barbe... Le chardonnay trouve ici un terrain de jeu d'exception et confère au vin un bouquet d'une grande délicatesse, sur des tonalités beurrées, agrémentées de nuances de pomme au four, d'agrumes, de silex, de tilleul, de cannelle... Les notes de miel sont fréquentes, le cuir et la truffe aussi après plusieurs années de garde. En bouche ? Richesse, puissance, élégance, persistance. Un grand vin donc, à ne déguster qu'après plusieurs années de cave, au moins cinq à dix ans.
Autres très grands vins blancs de la Côte de Beaune : montrachet et ses grands crus voisins, dont la superficie globale dépasse à peine les 30 ha. Non pas les 1ers crus de chassagne ou puligny-montrachet, de très belles appellations par ailleurs, mais les grands crus. En tête, l'appellation montrachet, sublime vin blanc, parmi les plus grands du monde, autant dire difficile à acquérir. Pour vous faire saliver, un extrait du Guide Hachette des Vins 2010 à propos du 2007 du domaine de la Romanée-Conti : « Le miel du grand cru, la mirabelle du chardonnay, la noisette grillée de l'élevage et la pointe végétale du millésime en une synthèse parfaite. Une chair onctueuse portée par une vivacité minérale qui lui assure longueur et longévité. Vif et sensuel, terriblement montrachet. »
À défaut, les amateurs en fonds pourront se « rabattre » sur les bâtard-montrachet, bienvenues-bâtard-montrachet, chevalier-montrachet ou criots-bâtard-montrachet, grands crus contigus, structurés et d'une grande complexité, qui se font attendre longtemps avant d'atteindre leur plénitude : cinq ou dix ans au moins (le chevalier-montrachet semble s'ouvrir plus rapidement).
Pour les amateurs de vins blancs secs bordelais, peu d'autres choix à prix élevés que les crus classés en pessac-léognan, des vins délicats et complexes, au nez de pain grillé, de citron, de fruits exotiques et de noisette, à la bouche onctueuse et fraîche à la fois. Et un bordeaux sec de haut vol vous tenterait-il ? Deux noms : Pavillon blanc de Château Margaux et le Y de Château Yquem. Facture douloureuse... mais plaisir immense.
La vallée du Rhône a elle aussi son blanc de prestige : l'hermitage. Un vin issu de marsanne, complété de roussanne. La robe est claire à reflets verts dans sa jeunesse, plus soutenue et dorée avec l'âge. Au nez, les fleurs blanches et l'aubépine annoncent un vin jeune, les notes grillées et miellées, un âge plus respectable. En bouche, peu de vivacité, mais beaucoup de gras et d'ampleur. Prévoir une garde d'au moins cinq à dix ans, voire plus de trente ans les très grandes années.
Moins connu et plus confidentiel que l'hermitage, le château-grillet. Un cas rare puisque cette appellation de poche d'à peine 4 ha n'est produite que par un seul domaine, en plein cœur de l'AOC condrieu et issue du seul viognier, planté sur d'étroites terrasses. C'est un vin davantage porté sur la générosité que sur la nervosité, très aromatique (abricot, litchi, pêche, camomille et surtout violette), qui se déguste aussi bien jeune qu'âgé.
Autre appellation prestigieuse en monopole : savennières-coulée-de-serrant, propriété de Nicolas Joly et travaillé en biodynamie. Appelé « goutte d'or » par Louis XI, vin préféré de l'impératrice Joséphine, encore décrit comme « l'un des cinq plus grands vins blancs français » par Curnonsky, le « prince des gastronomes », ce vin de longue garde dévoile des arômes francs de fleurs blanches et de tilleul mariés à des notes minérales et fruitées. Les trois parcelles sur lesquelles est récolté le chenin confèrent au palais une complexité rare.
Les vins rouges
Sortez pièces de bœuf, carré d'agneau et gibiers de tous poils (et plumes), car voici les grands rouges ! Le Bordelais s'impose avec ses crus classés du Médoc : margaux, saint-estèphe, saint-julien, pauillac, haut-médoc et un pessac-léognan. Des 1ers - Haut-Brion (seul cru classé non médocain), Lafite-Rothschild, Latour, Margaux et Mouton-Rothschild - aux 5es, les prix sont globalement décroissants. Margaux ? Une grande délicatesse soulignée par des arômes fruités d'une rare finesse, l'exemple même du vin tannique, généreux et suave. Pauillac ? L'alliance de la finesse et de la puissance, dont le corollaire est une exceptionnelle aptitude au vieillissement. Saint-estèphe ? Des vins très puissants qui portent la marque du terroir, avec en général une vivacité plus élevée, une couleur plus intense et une richesse en tanins plus grande que pour les autres vins du Médoc. Saint-julien ? L'équilibre entre la finesse des margaux et la puissance des pauillac, un bouquet fin et typé, du corps, une grande richesse et de la sève. Haut-médoc ? De la générosité, mais sans excès de puissance, une réelle finesse au nez et un solide côté tannique en bouche. Les crus classés de Pessac-Léognan se distinguent par leur bouquet, leur velouté et leur charpente.
Rive droite, c'est le royaume des saint-émilion grand cru et des pomerol, ainsi que du cépage merlot. Là aussi, les prix s'envolent sur les grands noms : Ausone, Cheval Blanc, Angelus... pour les 1ers grands crus classés de Saint-Émilion ; Petrus, Clos l'Église, Trotanoy, Vieux Château Certan... pour les pomerol. Ces derniers, originaux, très bouquetés, allient la rondeur et la souplesse à une réelle puissance, ce qui leur permet d'être de longue garde tout en pouvant être bus assez jeunes. Les saint-émilion grands crus se distinguent par un bouquet plein de richesse et un palais d'une grande générosité et bien charpenté. Conjuguant une belle présence tannique et un côté charnu, ils sont, eux aussi, assez aimables dès leur jeunesse. Puis, ils s'assouplissent pour atteindre assez vite leur maturité qui se prolonge longtemps.
La Bourgogne ? Là aussi, sans surprise, place aux grands crus. Les neuf de la commune de Gevrey-Chambertin - chambertin, charmes-chambertin, chambertin-clos-de-bèze, chapelle-chambertin, griotte-chambertin, latricières-chambertin, mazis-chambertin, mazoyères-chambertin, ruchottes-chambertin - proposent des vins subtils, complexes et racés, d'une grande capacité de garde. À Morey-Saint-Denis, on découvrira les puissants et corsés clos-des-lambrays, clos-de-tart, clos-saint-denis et clos-de-la-roche. Sur la commune de Chambolle-Musigny, le bonnes-mares se révèle plein et vineux, et le musigny (que l'on trouve également, très rarement, en blanc) évoque au nez un parterre de fleurs sous la rosée du matin (rose, églantine, violette) ; en bouche : de la soie. Le célèbre clos-de-vougeot se distingue par sa formidable capacité de garde et sa persistance infinie. Du côté de Flagey-Échézeaux, deux grands crus remarquables : échézeaux et grands-échézeaux, charpentés et pleins de sève. Enfin, Vosne-Romanée propose six grands crus, tous plus grands les uns que les autres : la mythique romanée-conti bien sûr, mais aussi la romanée, tantôt fruitée, tantôt corsée selon les millésimes, la romanée-saint-vivant, réputée d'une grande féminité, fine et soyeuse, le richebourg, élégant et très concentré, la tâche, un vin riche et flamboyant, tandis que la grande-rue affiche un corps dense et plein de mâche.
Dans la vallée du Rhône, le vignoble escarpé de l'hermitage offre à la syrah son plus beau terrain d'expression, à l'origine de grands vins, à la fois surprenants de puissance tannique et de finesse dans la matière. La syrah (associée au cépage blanc viognier, limité à 20 % maximum dans l'assemblage) bénéficie d'un autre terroir magnifique : les coteaux brûlés par le soleil de la Côte Blonde et de la Côte Brune où naît le célèbre côte-rôtie, le plus fin et élégant des vins rouges du Rhône septentrional.
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- Vins malins : la fête à moins de 8 € la bouteille
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- Le champagne: le secret des bulles
- Comment choisir son champagne? Les styles
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